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ENTRETIEN. Le Japon ma offert une chance extraordinaire, confie Giuliano Alesi, le fils de revenu dexil pour son baptême aux 24 Heures du Mans

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Le fils de Jean Alesi, lui-même pilote, est allé vivre de sa passion au Japon en 2021 après son départ de l’académie Ferrari, mais est de passage en France pour sa première participation aux 24 Heures du France.


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ENTRETIEN. Le Japon ma offert une chance extraordinaire, confie Giuliano Alesi, le fils de revenu dexil pour son baptême aux 24 Heures du Mans

Giuliano Alesi lors du pesage des 24 Heures du Mans, le 6 juin 2026 dans le centre-ville du Mans. (FABRIZIO BOLDONI / AFP)

Difficile de manquer ce nom sur la liste des engagés. A 26 ans, Giuliano Alesi prend pour la première fois le départ des 24 Heures du Mans, samedi 13 juin, avec l’écurie Team Qatar by Iron Lynx en LMGT3 (troisième catégorie). Son père Jean Alesi, qui avait participé deux fois aux 24 Heures du Mans (en 1989 et 2010) mais s’est surtout illustré en Formule 1 (32 podiums et une victoire en 13 saisons), est aussi présent dans la Sarthe en qualité de parrain de la parade traditionnelle en centre-ville.

Le jeune pilote franco-japonais court depuis cinq ans en Super GT dans le pays de sa mère (l’actrice Kumiko Goto), après deux saisons infructueuses en Formule 2 qui lui avaient fermé les portes de la F1, en début de carrière. “Nous n’avons pas de sponsors pour 2021, Ferrari l’a renvoyé de l’académie et je ne peux plus dépenser mon propre argent”, expliquait à l’époque son père. Avant l’Hyperpole de ses premières 24 Heures du Mans, à la veille de la parade, Giuliano Alesi s’est confié à franceinfo: sport.

franceinfo: sport : Comment se déroulent vos premiers pas aux 24 Heures du Mans ?

Giuliano Alesi : Jusqu’à maintenant, tout le monde est super accueillant, l’équipe est fantastique. Je fais mon expérience en piste aussi, j’apprends petit à petit. C’est un moment spécial, une vraie chance de vivre ce que je vis maintenant. C’est le Graal de l’endurance, la plus belle course de 24 heures au monde. Tous les pilotes de la planète veulent y participer au moins une fois dans leur vie. Aujourd’hui, j’ai cette chance-là et je suis super content.

Quel est votre ressenti après vos premiers tours sur le circuit de la Sarthe ?

C’est une piste mythique, une piste de très haute vitesse. On est presque tout le temps à fond. Il y a beaucoup de trafic qui arrive par-derrière dans ma catégorie. C’est toute une gestion.

Est-ce que votre père, qui a pris trois fois le départ des 24 Heures du Mans, vous a donné des conseils ?

Les voitures ont quand même évolué, les pneus aussi. Les gestes sur la course changent aussi au fur et à mesure des années, des voitures que tu as conduites. Par contre, ce qui ne change pas, c’est l’effet optique de nuit. On a toujours l’impression d’aller plus vite la nuit, peu importe quelle voiture que tu conduis, à n’importe quelle époque. La gestion du trafic aussi, c’est plus ou moins pareil. Donc il me donne des petits conseils sur ce qui peut être comparable à ce qu’il vivait.

Pourquoi êtes-vous parti au Japon après avoir quitté l’académie de Ferrari ?

Le Japon m’a offert une chance extraordinaire de pouvoir continuer. Parce que quand j’ai fait ce choix-là, c’était soit le Japon, soit, honnêtement, il était même possible que j’arrête. Ils ont été vraiment géniaux de me donner cette chance. J’ai pu passer dans la catégorie professionnelle, et ça m’a ouvert des portes. Je suis très proche avec Toyota. Ils m’ont ouvert des portes pour faire les 24 Heures du Nürburgring. Ils ont accepté de me faire faire Le Mans, alors que je roule pour un autre constructeur ce week-end. J’en suis très reconnaissant.

Giuliano Alesi et Ukyo Sasahara célèbre leur victoire lors de la troisième manche du Super GT, le 3 juin 2024 sur le circuit de Suzuka au Japon. (MASANORI INAGAKI / AFP)

Giuliano Alesi et Ukyo Sasahara célèbre leur victoire lors de la troisième manche du Super GT, le 3 juin 2024 sur le circuit de Suzuka au Japon. (MASANORI INAGAKI / AFP)

Qu’est ce qui est différent dans le sport automobile au Japon ?

Au Japon, la plupart des pilotes pros sont rémunérés. Malheureusement, en Europe, c’est plus difficile, aussi parce qu’il y a énormément de pilotes sur le marché, c’est très compétitif. Malheureusement, il y a énormément de pilotes qui emmènent un certain budget [des sponsors qui financent leur carrière], et qui vont aussi très vite, il ne faut pas nier ça. Mais du coup, les équipes préfèrent prendre un pilote qui paye, on ne peut pas leur en vouloir. C’est tout simplement un système légèrement différent au Japon.

Quel titre rêvez-vous de remporter ?

Cette année, j’ai envie de gagner le Super GT au Japon [7e l’an passé, son équipage est actuellement dernier après deux courses]. Mais évidemment, à long terme, mon rêve, ce serait de participer au WEC (championnat du monde d’endurance) et de le gagner.