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Michel Dieleman : Le football entreprise reste porteur de valeurs fortes

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Michel Dieleman : Le football entreprise reste porteur de valeurs fortes
Michel Dieleman, président de l’AS Orange. (Photo AFTM)

De la Promotion de district à l'élite nationale, Michel Dieleman, président de l'AS Orange, incarne un parcours de fidélité, de performance et d'engagement au cœur d'un club devenu une référence du football corpo en France. Il s'est confié au 100% Football Amateur sur RGB 99.2 FM.

Vous arrivez à Paris depuis Troyes presque par hasard. À quel moment comprenez-vous que l'AS Orange va devenir une aventure majeure dans votre vie ?
« J'ai été nommé au centre de recherche de France Télécom à l'époque et je me suis retrouvé dans le bureau du trésorier. Le déclic s'est produit lors de mes premiers matches : lorsque l'on m'a « arraché le maillot » pour la première fois dans cette équipe, j'ai immédiatement compris qu'il y avait quelque chose à construire. Je suis devenu trésorier assez rapidement, alors même qu'au départ, mon intention était de retourner à Troyes, où j'évoluais au niveau DH (aujourd'hui N3). »

Vous avez connu de nombreuses montées. Quels souvenirs gardez-vous de cette progression saison après saison ?
« Nous sommes partis de la promotion de deuxième division de district, ce qui donne une idée du point de départ, pour atteindre la Division d'Honneur. J'ai d'abord contribué à cette ascension en tant que joueur, puis, devenu président, je me suis attaché à conduire le club vers le plus haut niveau possible. Nous avons connu une descente, expérience parfois nécessaire pour progresser. Aujourd'hui, le club compte dix-huit titres parisiens. Un titre nous a échappé récemment, mais nous allons disputer une nouvelle finale de Coupe Nationale. Nous en serons à notre dix-neuvième participation : douze victoires et six défaites. Cette trajectoire traduit une capacité à gagner comme à accepter la défaite. »

Michel Dieleman : « Un groupe de travail doit être mis en place »

Pourquoi, selon vous, le football entreprise est-il encore si peu valorisé ?
« Cette pratique a longtemps été négligée par la Fédération française de football. Plusieurs facteurs l'expliquent, notamment les différentes crises économiques qui ont conduit les entreprises à se désengager du sport, en particulier du football. Des structures importantes comme les ASPTT ont décliné, et La Poste comme France Télécom se sont progressivement retirées. Le football entreprise, autrefois appelé « corpo », a ainsi perdu en visibilité.

Par ailleurs, la Fédération a vu émerger de nouvelles pratiques qui ont capté l'attention. À une époque, la double licence était autorisée sans restriction, permettant à des joueurs évoluant à un niveau élevé de participer également au football entreprise. La limitation de ces licences, combinée à la difficulté de jouer sur deux tableaux le week-end, a freiné cette dynamique. Aujourd'hui, d'autres formes de pratique se développent, comme le football en marchant ou l'e-foot, ce qui complexifie encore la situation. Cependant, une prise de conscience semble émerger. J'ai récemment rencontré le président de la Fédération et un groupe de travail doit être mis en place afin de redynamiser cette discipline, qui reste porteuse de valeurs fortes. »

Si vous deviez résumer en quelques mots l'ADN du football entreprise, que diriez-vous ?
« Son ADN repose sur le lien social au sein de l'entreprise. Mais il dépasse désormais ce cadre, avec l'émergence d'équipes constituées d'amis, parfois issus du haut niveau, qui souhaitent continuer à jouer avec une certaine exigence, tant à l'échelle régionale que nationale. La Coupe Nationale entreprise offre justement cette perspective. Le football entreprise permet ainsi de réunir des joueurs de qualité. À l'AS Orange, certains ont évolué en Régional 1, d'autres en Ligue 1, et même au niveau international. C'est le cas de Ludovic Sylvestre, qui a joué au FC Barcelone aux côtés d'Iniesta, Xavi, Messi ou encore Ronaldinho. Malgré ce parcours, il retrouve aujourd'hui la même passion. Après avoir remporté la Coupe Nationale avec nous l'an dernier, il confiait éprouver une joie comparable à celle ressentie dans le football professionnel, pourtant exigeant à bien des égards. »

Quelle vision portez-vous pour l'avenir du football entreprise ?
« J'attends avant tout une meilleure écoute de la Fédération française de football. Il ne s'agit pas de la critiquer, mais les différentes gouvernances ont parfois freiné la continuité des projets. Un groupe de travail avait été mis en place pendant deux ans et avait permis d'avancer concrètement sur la promotion du football entreprise. Nous espérions aboutir à des actions fortes, notamment en direction des entreprises et des porteurs de projets. Un changement de gouvernance est récemment intervenu. J'accorde beaucoup d'espoir à cette nouvelle dynamique, car il serait regrettable que cette discipline, riche de son histoire et de ses valeurs, ne puisse poursuivre son développement. »

Aujourd'hui, cette passion est-elle toujours intacte ?
« Oui, sans hésitation. Une fois engagé dans cette aventure, il est difficile de s'en détacher. Après vingt ans au sein du club, je ressens toujours la même passion qu'à mes débuts. Je ne me sens pas usé. Mon engagement dépasse désormais le cadre du club, notamment à travers l'Union nationale du football entreprise, où de nombreux acteurs, partout en France, œuvrent avec conviction. Les perspectives restent nombreuses. »

Michel Dieleman : « La communication joue un rôle essentiel »

Gère-t-on un club comme une entreprise ?
« Il existe en effet des similitudes. Au sein du groupe Orange, j'ai exercé des responsabilités importantes. Lorsque l'on m'a confié la gestion d'une centaine de personnes, j'ai estimé être préparé par mon expérience dans le football, où j'encadrais déjà plus de 150 joueurs. La dimension humaine y est centrale : il s'agit avant tout de relations, de respect et d'écoute, davantage que de considérations financières. Ces principes valent autant dans le sport que dans le monde professionnel. »

L'AS Orange compte plusieurs équipes. Comment maintenir une identité forte et un niveau d'exigence commun ?
« La communication joue un rôle essentiel. Elle permet de fédérer les différentes équipes et de transmettre une identité commune. Elle doit s'appuyer sur les outils actuels et s'adapter aux évolutions des usages. C'est également un levier important pour redonner de la visibilité au football entreprise. »

Combien de joueurs de votre club sont salariés du groupe Orange ?
« Environ 65 % de l'effectif est issu du groupe Orange. Certains joueurs ont quitté l'entreprise au fil du temps, mais sont restés attachés au club. La proportion est légèrement plus faible dans l'équipe première, comme c'est souvent le cas dans les structures de ce type. »

Quel héritage souhaitez-vous laisser à l'AS Orange ?
« Je m'inscris dans une logique de transmission. Mon objectif est de consolider des fondations solides, capables de perdurer. Au-delà du club, j'espère contribuer au développement de l'ensemble du football entreprise à travers mon engagement national. Si les bases sont suffisamment solides pour permettre aux générations futures de poursuivre et d'amplifier ce travail, alors l'essentiel sera accompli. »

Farid Rouas

« Natif de Paris et supporter du PSG depuis 1983, Farid découvre très tôt les coulisses du sport en passant par l'Élysée avec son club de cœur, l'Espérance Arabe à l'âge de 7 ans. Attaché au football amateur, son premier terrain d'expression, il y développe un regard humain et proche des réalités locales. Empathique, familial, curieux et toujours partant pour quelques pas de danse quand l'occasion se présente. »

Farid Rouas
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