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Coupe du monde 2026.  Ça coupe tout : plus de pauses fraîcheurs, pour plus de publicités

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Aux joueurs la gourde d'eau, aux téléspectateurs une pub pour du soda. Les pauses fraîcheur instituées par la Fifa lors du prochain Mondial promettent de juteuses recettes supplémentaires aux chaînes de télévision qui diffusent le tournoi. Un pas de plus pour le football vers le sport spectacle.

« Les trois minutes » de répit au milieu de chacune des deux périodes du match, « ça coupe tout, mais les diffuseurs sont contents : il y a plus de publicité », a résumé le sélectionneur des Bleus Didier Deschamps, à l‘issue de la victoire en amical contre le Brésil (2-1), fin mars.

La Fifa justifie cette coupure pour protéger la santé des joueurs face aux fortes chaleurs en plein été aux États-Unis, au Mexique et au Canada. Mais en les rendant obligatoires, quelle que soit la météo, et en autorisant les diffuseurs à couper l'antenne pour introduire de la publicité, l'institution alimente le soupçon de vouloir générer encore plus d'argent. D'autant que les droits TV de cette Coupe du monde devraient rapporter près de 4 milliards de dollars, selon les dernières prévisions de l'instance, contre 2,9 milliards en 2022 au Qatar.

Les États-Unis, le royaume de la pub

L'inflation des pays qualifiés (de 32 à 48) et donc des rencontres (de 64 à 104) fait déjà de ce tournoi, organisé pour la première fois dans trois pays, une édition de la démesure.

« C'est assez peu surprenant que ces nouvelles interruptions interviennent sur cette Coupe du monde, majoritairement disputée aux États-Unis », analyse Christophe Lepetit, directeur au Centre de Droit et d'économie du sport (CDES). « Le sport nord-américain est bâti pour avoir énormément de pauses, pour passer beaucoup de publicités », ajoute-t-il, en faisant allusion à la NBA (basket-ball) et à la NFL (foot américain), dont les rencontres sont très souvent entrecoupées de temps morts tactiques pouvant durer plusieurs minutes.

« Des coupures en plein match, ce sont des écrans hyperpuissants » pour les marques, renchérit Philippe Bailly, président du cabinet NPA Conseil. « Le niveau d'attention du téléspectateur est élevé, et on ne va pas s'éloigner beaucoup de la télé », contrairement aux quinze minutes que dure la mi-temps, prédit-il.

Résultat, les tarifs pour ces nouvelles fenêtres seront les plus chers des matches, selon l'offre commerciale publiée sur son site par M6 Unlimited, la régie publicitaire du groupe privé qui va diffuser 54 rencontres en France.

425 000 euros les 20 secondes

Il faudra débourser jusqu'à 425 000 euros les 20 secondes en cas de présence des Bleus en finale. Seuls les écrans lors d'éventuelles prolongations ou tirs au but auront plus de valeur (450 000 et 500 000 euros).

M6, qui a déboursé 120 millions d'euros pour les droits de la Coupe du monde, selon plusieurs médias, sans que la chaîne ne confirme ce chiffre, prévoit une minute à l'intérieur de chaque temps mort. Sans craindre d'agacer les mordus de foot devant leur télé.

« Une minute, c'est court. Il n'y aura ni dégoût, ni départ au moment de la publicité », a assuré le directeur des antennes et des contenus du groupe Guillaume Charles, en précisant que le reste des trois minutes serait consacré « au débrief » et à « revoir quelques images ». Et d'insister sur le fait que « ces pauses ont été faites pour les joueurs ».