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Megarama accuses small cinemas of distorting competition and asks distributors to limit their access to films.

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Dans un mail que France Inter a pu consulter, plusieurs salles municipales sont listées par Megarama comme générant une “distorsion de concurrence en termes d’exposition et de prix des places pour les films en sortie nationale”.

Le réseau Megarama, qui compte une trentaine de multiplexes de cinéma en France, a envoyé un mail le 3 mars dernier dans lequel il demande à de nombreux distributeurs dont Pathé, Metropolitan Films ou encore Gaumont de boycotter plusieurs petites salles municipales, accusées de “distorsion de concurrence”, a appris mardi 28 avril France Inter, confirmant une information du Monde.

Dans ce mail, que France Inter a pu consulter, plusieurs salles sont listées par Megarama comme générant une “distorsion de concurrence en termes d’exposition et de prix des places pour les films en sortie nationale”. Megarama demande donc aux distributeurs “de prendre en compte ces éléments avant la discussion de [leurs] prochaines sorties”. Les cinémas cités sont situés dans le Val-de-Marne, dans l’Essonne et dans l’Oise. La plupart de ces petites salles municipales subventionnées vendent en effet des billets d’entrée moins chers que les multiplexes du réseau Megarama. Contacté par France Inter, le cinéma du Perreux-sur-Marne (Val-de-Marne), par exemple, assure recevoir depuis début mars les films avec trois voire quatre semaines de retard.

Pour François Aymé, directeur du cinéma Jean Eustache à Pessac en Gironde et ancien président de l’Association française des cinémas d’art et d’essai, ce genre de pression de la part des multiplexes montre une volonté de “mettre en place un système à deux vitesses”. Il affirme par ailleurs que “l’essentiel des entrées, soit environ les deux tiers, se font dans les deux premières semaines [d’exploitation] donc si on a le film en décalage, on a un potentiel nettement moins important”.

Contacté par France Inter, le CNC indique être en train d’étudier, avec la médiatrice du cinéma, les suites à donner à ce mail envoyé par Megarama. Le Centre national du cinéma et de l’image animée rappelle également qu’un comité de concertation a été créé en 2025 pour apaiser les tensions entre exploitants et distributeurs, “dans un contexte où la fréquentation en salle reste fragile et où des tensions inédites s’expriment au sein de la filière”. Selon un spécialiste du secteur qui préfère rester anonyme, “la concurrence vient davantage des plateformes de vidéo à la demande” que “des petites salles qui n’ont pas le même modèle économique, ni le même public”. Sollicité par France Inter, Megarama n’a pour l’instant pas répondu.