Un malaise nommé Bruel
Prononcer le nom de Patrick Bruel en ce moment fait généralement basculer une conversation. La voix au bout du fil se fait hésitante, voire fuyante. Quand on ne finit pas par raccrocher au nez. C’est ce que Le HuffPost a expérimenté en joignant des festivals où le chanteur français qui fait l’objet de plusieurs plaintes pour violences sexuelles est programmé cet été.
Patrick Bruel est en pleine tempête judiciaire et médiatique depuis quelques semaines. En France, deux plaintes pour viol, tentative de viol ou agression sexuelle ont été déposées, ainsi qu’une troisième en Belgique. Des faits que l’artiste nie et pour lesquels trois enquêtes ont été ouvertes. Il reste à ce stade présumé innocent.
De quoi provoquer des nœuds au cerveau pour les festivals où l’artiste est programmé durant l’été 2026. Patrick Bruel a prévu 58 dates en France, en Belgique, en Suisse et au Canada jusqu’à la fin de l’année dans le cadre de l’anniversaire de son album Alors Regarde, qui fête ses 35 ans.
Alors que les accusations, les pétitions et les appels au boycott s’accumulent, Patrick Bruel n’a toujours pas parlé publiquement. En son nom, l’avocat du chanteur affirme qu’il n’a « jamais outrepassé un refus, jamais forcé un geste ». Le chanteur de Qui a le droit n’a toujours pas été entendu par la justice dans le cadre des trois enquêtes en cours. Mais sa carrière se poursuit en attendant comme si de rien n’était. Ou presque.
Autant d’approches que de festivals
Pour l’heure, les approches divergent pour éviter au maximum la casse. Dans les colonnes de La Provence, l’organisation d’un festival prévu le 4 juillet à Salon-de-Provence refuse de parler de déprogrammation. Le dirigeant du festival, invoque la présomption d’innocence et les obligations contractuelles qui lient la production à l’artiste. « Il n’y a aujourd’hui aucune remise en cause du concert », affirme Daniel Devoux.
En Isère, le concert prévu aux Marinières de Porcieu-Amblagnieu opte pour la même approche car « aucune décision de justice ni contre-indication de la production n’a été prise ». Le président de l’association organisatrice du concert fait valoir au Dauphiné Libéré qu’annuler la venue de Patrick Bruel « obligerait à rembourser la production. Et il ne s’agit pas seulement des billets déjà vendus (3,000 sur 5,000 mis en vente, ndlr) : les montants en jeu vont bien au-delà et pourraient atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros. Nous sommes une petite association de bénévoles, sans moyens financiers colossaux »




