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Villefranche-de-Rouergue. "Ouest Aveyron ne doit pas être un entre-soi…"

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Nouveau président d'Ouest Aveyron Communauté, Jean-Claude Carrié brosse les perspectives de son action.

Premier adjoint au maire de Villefranche Jean-Sébastien Orcibal depuis 2020, Jean-Claude Carrié est un homme d'engagement au service de la collectivité. Élu une première fois en 2001 avec Serge Roques, il s'est ensuite présenté aux côtés du radical de gauche Eric Cantournet, bien plus proche de ses sensibilités dans la lignée de Robert Fabre et de Jean Rigal. Avant de connaître la victoire au terme de la campagne de 2020, aux côtés d'un autre radical Jean-Sébastien Orcibal.

La fibre intercommunale, il l'avait en lui, comme il le revendique et l'a appliquée aux côtés du précédent président Michel Delpech. Au cours de ce mandat, il a tissé des liens forts avec les maires ruraux, composante majeure d'Ouest Aveyron Communauté (OAC). Pas question pour lui dans ses nouvelles fonctions de dissocier Villefranche, la ville centre, des communes rurales, “la communauté c'est un tout”, aime-t-il à rappeler. Interview.

La Dépêche : Comment avez-vous décidé de franchir le cap pour devenir président d'OAC ?

Jean-Claude Carrié : Durant le précédent mandat, je me suis aperçu que les élus de la ruralité avaient besoin de quelqu'un qui les écoute, les entende et les rassure. Mon objectif, en dépit des différences et des attentes de chacun, c'est de tendre vers l'unité des 29 communes, car je reste persuadé qu'OAC ne doit pas être un entre-soi. Même si je suis un élu de Villefranche, je vis dans la partie rurale de la commune et mes racines sont là. C'est cette finalité qui m'a fait m'engager en proposant une vraie politique de territoire basée sur l'écoute. Je considère qu'une communauté de communes est là pour engendrer des actions au service de tous. La nôtre doit reposer sur cette vocation de grand frère au service des 29 communes, sans pour autant délaisser Villefranche.

Comment définiriez-vous le rôle du président ?

Mon objectif est d'être l'homme du consensus, attentif à l'ensemble du territoire de la collectivité. Je pense que lorsque des élus s'engagent sur des actions positives, il est important de les dupliquer partout. Un exemple étaye mon argumentaire, celui du portage des repas imaginé par Villefranche, qui reçoit un écho favorable dans l'ensemble des communes. Bien sûr Villefranche est la locomotive d'OAC, mais notre rôle à tous est bien de travailler en synergie. Il convient de bien gérer l'ensemble tout en ayant une ambition forte pour la globalité du territoire. Je voudrais prendre un autre exemple avec les complexes sportifs, afin de désengorger certains stades ou gymnases pour le bien collectif, ceux qui ont une vocation communautaire doivent être aidés en fonctionnement et investissement tout en restant municipaux. Tout cela s'inscrit dans la même logique que celle que j'ai menée avec la voirie lors du précédent mandat. Tout doit faire sens, doit être étudié et c'est la raison pour laquelle j'ai souhaité créer un poste de vice-président à la ruralité.

Justement, quel mode de gouvernance envisagez-vous de mettre en place ?

Je veux que la transparence dans les décisions soit maximale pour tous les élus, et par ricochets pour la population qui connaît mal les rouages de la collectivité intercommunale. Cela passe par une instance politique comme le bureau communautaire auquel participent les vice-présidents, et les membres associés qui sont en fait des conseillers délégués en charge de certaines missions bien identifiées. C'est là que je présente les sujets forts et les orientations. La présence d'une vingtaine de membres permettra de prendre le pouls du cap qui sera donné. Prenons l'exemple du refuge pour animaux, la question sera on le fait ou pas. Et si on s'y engage, un membre du bureau pourra s'en emparer pour étudier la faisabilité avec les services et la recherche des partenariats. Je m'appuierai aussi sur une autre instance, la conférence des maires. Elle permettra à chacun de s'exprimer avant d'aller à la délibération en conseil communautaire. Je veux aussi insister sur l'impact que doit avoir le Grand Villefranchois sur son territoire. Nous ne vivons pas en autarcie et nous ne sommes donc pas coupés du monde. Les relations doivent être fortes avec l'Etat, le Département, la Région, les communautés de communes voisines, l'assemblée départementale des maires… Nous avons un travail institutionnel à mener pour asseoir plus encore notre crédibilité.

Avez-vous déjà défini la matrice des projets phares ?

Certains dossiers comme la Maison de santé pluriprofessionnelle publique sont bien avancés. Mais je veux attendre d'être en possession d'une analyse fine des capacités financières de la collectivité, qui plus est dans la période délicate que nous traversons, avant de lister d'autres projets avec précision. On sait aussi que les attentes des communes en matière d'aides financières sont fortes, et je ne voudrais pas que trop de projets à forts budgets n'amputent celles-ci, qui peuvent intervenir y compris avec la dotation de fonds de concours.