Peintures, photographies, installations numériques et street-art se mêlent dans l'exposition qui réunit une quinzaine d'artistes de Mayotte et de l'océan Indien. Jusqu’au 27 juin, la direction de l'excellence culturelle de Mamoudzou ouvre ses portes au graffeur Papa Jan, les peintres Baba Mbaye, Juliette Botolava ou encore le photographe David Lemor. À travers leurs Å“uvres, ils questionnent notre rapport aux images, de plus en plus présentes dans nos vies.
Pour Fatima Ousseni, chargée de l'organisation de l'association Zangoma, cette exposition va bien au-delà de l'art. “Ce n'est pas une exposition de plus. C'est véritablement une discussion, un débat sociétal qui est lancé par la direction artistique”, explique-t-elle. L'idée n'est pas de dire si l'intelligence artificielle est bonne ou mauvaise, mais d'amener le public à se poser des questions sur son utilisation et sa place dans la société. “Les artistes ne vont pas vous apporter de solution. En revanche, ils vous disent que la problématique est là , on peut s'y intéresser”, souligne-t-elle.
“L’image est en train de remplacer les récits”
L'exposition invite également à réfléchir à l'importance prise par les images à l'ère du numérique. Téléphones portables, réseaux sociaux, intelligence artificielle ; les images sont partout et influencent notre manière de communiquer. “L'image est aujourd'hui collée à nos téléphones dans nos plus grandes intimités. Elle est en train de remplacer les récits qu'on pouvait avoir avec les grands-mères autour d'un feu le soir”, fait observer Fatima Ousseni. À travers les Å“uvres présentées, les artistes interrogent ainsi les changements provoqués par cette évolution et la manière dont elle transforme notre regard sur le monde.
L'exposition s'intéresse également à la place de l'intelligence artificielle dans la création artistique. Pour l’association organisatrice, ces nouvelles technologies ne remplacent pas les artistes, mais leur offrent de nouvelles possibilités d'expression. Fatima Ousseni estime même qu'elles peuvent stimuler l'imagination et ouvrir de nouvelles perspectives créatives. Comme elle le rappelle, “ce n'est pas parce qu'il y a de l'intelligence artificielle que l'art va disparaître”.


