Donald Trump s’était déjà mis à dos tous ceux qui estimaient, dans son camp, que cette guerre était inutile. Avec cette signature, il déçoit à présent ceux qui voulaient la capitulation de Téhéran.
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Une signature qui a pris tout le monde de vitesse. Les présidents américain et iranien ont chacun signé à distance, mercredi 17 juin, le protocole d’accord dans lequel Téhéran s’engage à rouvrir immédiatement le détroit d’Ormuz et, dans le cadre de futures négociations, à diluer son uranium enrichi en échange de la levée des sanctions internationales. La signature était initialement prévue à Genève.
Aux Etats-Unis, toutefois, rares sont ceux qui applaudissent cet accord qui semble d'abord profiter à l’Iran. Depuis plusieurs semaines, Donald Trump s’était déjà mis à dos tous ceux qui estimaient, dans son camp, que cette guerre est inutile. Avec cette signature, il déçoit à présent ceux qui voulaient la capitulation de Téhéran. Washington et Téhéran sont en effet convenus de cet accord pour mettre fin au conflit déclenché le 28 février par les Etats-Unis et Israël contre la République islamique, qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.
L’influent commentateur conservateur Mark Levin détaille par exemple les concessions qu’il déplore dans l’accord, comme la promesse d’un fonds de 300 milliards de dollars pour reconstruire l’Iran. “C’est trop absurde pour qu’on puisse le comprendre“, ironise-t-il. Le sénateur Bill Cassidy, un des rares républicains à critiquer Trump, va plus loin : “Reagan doit se retourner dans sa tombe, c’est la pire bourde de politique étrangère depuis des décennies”.
Évidemment, des élus, des médias pro-Trump continuent à vanter les mérites de l’accord, mais le fossé entre les objectifs affichés et le texte signé saute aux yeux. Le détroit d’Ormuz était ouvert avant la guerre, la question nucléaire n’est pas réglée, le régime iranien est toujours en place et pourrait même obtenir une levée totale des sanctions…
Reste la menace de nouveaux bombardements brandis par Trump si les négociations se passent mal, mais on ne voit pas comment le président américain pourrait réactiver une guerre aussi impopulaire.




