Alors qu’elle vient juste de s’achever, l’édition 2026 de Roland-Garros nous a une nouvelle fois rappelé tout ce que le tennis peut offrir d’émotions et de moments d’exception. Didier Retière, Directeur Technique National, nous parle des bienfaits de ce sport et de ses vertus éducatives, qui sont notamment au cÅ“ur du programme Galaxie pour la formation des enfants de 10 ans et moins.
Selon une étude récemment publiée dans les médias, le tennis arrive en tête des sports permettant de gagner le plus d’espérance de vie. Pourquoi, selon vous ?
Le tennis est l’un des rares sports que l’on peut pratiquer tout au long de sa vie. Et cet effet est démultiplié avec l’arrivée d’autres sports de raquette comme le padel et le pickleball. C’est un sport extrêmement complet, qui sollicite à la fois les dimensions physique, cognitive et sociale.
Sur le plan physique, le tennis demande beaucoup de coordination et mobilise l’ensemble du corps. Mais il nécessite aussi de la réflexion, de construire une stratégie, de se concentrer et de gérer ses émotions. Enfin, même s’il s’agit d’un sport individuel, il comporte une dimension relationnelle très importante. Tout ceci contribue à rester actif et en bonne santé plus longtemps.
Quand on dit que le tennis est une école de la vie, ce n’est donc pas un vain mot…
Absolument. C’est un sport exigeant qui oblige à se confronter à soi-même autant qu’à un autre joueur. Il apprend à respecter des règles, un code de conduite et son adversaire, ou son partenaire. Tout cela participe à l’apprentissage du bien vivre ensemble.
C’est d’ailleurs l’un des objectifs de la Galaxie Tennis. Au-delà de l’apprentissage du jeu, ce programme favorise l’autonomie en proposant différents rôles : coach junior, partenaire d’entraînement, arbitre, etc. Il crée ainsi une véritable dynamique collective. Moi qui viens du rugby, je suis très sensible à cette dimension de groupe.
Est-ce pour cela que certains grands joueurs ou entraîneurs affirment qu’il faut d’abord devenir une meilleure personne pour devenir un meilleur joueur ?
A la base, le sport a été créé pour cela : c’est un outil d’éducation. De fait, le tennis permet de construire des compétences qui sont ensuite transférables dans la vie. Il apprend à gérer des situations de stress, à prendre des décisions seul, à assumer ses responsabilités. Toutes ces situations, on les retrouve ensuite dans le monde professionnel ou dans les études. C’est une richesse considérable.
C’est donc un sport complexe, mais qui transmet des valeurs simples ?
Exactement. Au tennis comme dans la vie, ce qui compte avant tout, c’est de donner le meilleur de soi-même. Lorsqu’on gagne, il faut garder les pieds sur terre. Lorsqu’on perd, on n’a pas à se cacher : il faut chercher à comprendre pour s’améliorer. Cela paraît simple, mais c’est une philosophie très forte : apprendre à se concentrer sur ce que l’on maîtrise, accepter ce qui nous échappe et continuer d’avancer ainsi. Tout cela a un fond éducatif très important.
On constate souvent que les jeunes joueurs et joueuses de tennis réussissent très bien à l’école. Y voyez-vous un lien ?
C’est effectivement quelque chose qui m’a marqué depuis mon arrivée à la DTN. Nous suivons environ 250 jeunes au sein des différents parcours aménagés de la FFT, et leurs résultats scolaires sont excellents. La moyenne générale est de 16,1. Le tennis développe sans doute des capacités cognitives, mais aussi des capacités de concentration, d’organisation et d’autonomie. Nos jeunes apprennent très tôt à se gérer par eux-mêmes et là encore, ce sont des qualités qui leur servent bien au-delà du terrain.
Valoriser l’individu, faire ressortir le meilleur de soi-même… Est-ce aussi l’une des missions du tennis ?
Avant tout, le tennis est un jeu qui pousse chacun à explorer ses propres ressources. Celui qui gagne n’est pas forcément celui qui a le plus beau geste. Il existe une multitude de façons de prendre l’avantage :  aller plus vite, être plus précis, mieux réfléchir, mieux résister, savoir surprendre… Cela laisse la possibilité à beaucoup de personnalités différentes de s’exprimer. Et pour bien jouer, il faut savoir tirer le meilleur de sa personnalité. En cela, le tennis permet de mieux se connaître. Donc, avant tout, de devenir une meilleure personne.
Quand on a la responsabilité d’un enfant dans une école de tennis, comment concilier l’exigence de l’apprentissage et la nécessité de s’amuser ?
Le jeu doit rester au centre de tout, parce que c’est ce qui crée l’envie et la passion. Quand on s’amuse, on apprend mieux. Après, il existe différentes façons d’apprendre, selon les profils. Certains ont besoin de faire beaucoup de théorie, d’autres d’être très vite dans la pratique. Le rôle de l’enseignant consiste à trouver le bon équilibre. Il y a eu, ces dernières années, une évolution dans l’enseignement : aujourd’hui, il n’y a plus de méthode unique, il y a une méthode adaptative selon les profils.
Les récentes évolutions du programme Galaxie Tennis illustrent cette volonté d’adaptation ?
Oui, parce qu’elles sont directement issues des observations réalisées depuis plusieurs années dans les clubs et des retours des enseignants. Le programme répond à de nombreuses évolutions de la société et des attentes des enfants. L'évolution de Galaxie Tennis marque un changement majeur dans notre approche. Là où une séance traditionnelle permettait environ 100 frappes par heure, le nouveau format en offre près de 600 par enfant. Ce différentiel est considérable : il multiplie les situations de jeu, accélère les progrès et renforce l'engagement des jeunes joueurs.
Le grand intérêt de l’évolution de Galaxie Tennis, c’est de donner une place à chacun. Or, les clubs constituent une véritable mini-société. Et les écoles de tennis en sont le socle. L’histoire de notre sport et de nos clubs est très riche, et nous n’en sommes que les héritiers de passage. Notre mission, c’est de préserver cet héritage tout en l’adaptant aux évolutions de notre époque. Un enfant arrive dans un club pour apprendre le tennis : plus tard, certains s’orienteront vers la compétition et peut-être même le haut niveau, d’autres voudront devenir enseignants, ramasseurs de balles, arbitres ou s’investir dans un club. Tout ceci est possible grâce à l’évolution de Galaxie Tennis. Notre ambition est de former des champions et des championnes, parfois, mais surtout des hommes et des femmes, toujours.
A lire aussi : Gilles Moretton : “Ce qui se joue à travers l’Optimisation de la Galaxie Tennis, c’est l’avenir de notre Fédération”
/2026/06/17/6a323f0cca58b097905408.jpg)




