Le litre de gazole est repassé sous la barre symbolique des 2 euros, une première depuis plusieurs semaines. Si l’accord de paix entre l’Iran et les États-Unis nourrit l’optimisme sur les marchés, cette baisse a en réalité été anticipée bien avant.
Publié
Mis à jour
Temps de lecture : 2min
/2026/06/16/6a30e3be43dab988757865.jpg)
Le prix moyen du litre de gazole a reculé de près de 2 centimes, vendredi 12 juin, passant de 2,01 euros la semaine précédente à 1,99 euro. Un repli modeste, certes, mais le retour sous la barre symbolique des 2 euros mérite d’être souligné. Pour rappel, le litre de gazole avait atteint un pic proche de 2,24 euros au mois d’avril.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’accord de paix intervenu dimanche 14 juin n’a strictement rien à voir avec cette tendance à la baisse. Le prix du gazole à la pompe est retombé sous les deux euros deux jours plus tôt. En réalité, c’est surtout l’anticipation des marchés qui a joué. Depuis plusieurs semaines, malgré des tensions diplomatiques entre l’Iran et les États-Unis, un léger apaisement semblait se dessiner, laissant augurer des jours meilleurs au Moyen-Orient. Les marchés ont senti le vent tourner, ce qui a pesé sur les cours du pétrole.
Les opérateurs avaient largement anticipé une amélioration de la situation. La preuve : les cours du pétrole n’ont pas chuté du jour au lendemain. En l’espace de quelques semaines, le prix du baril de brut est passé d’environ 110 dollars à 80 dollars. Cette baisse progressive des cours de l’or noir sur les marchés de gros se répercute aujourd’hui sur les prix à la pompe, notamment pour le gazole.
L’accord de paix intervenu dimanche 14 juin n’est donc pas à l’origine de la baisse actuelle, mais pourrait-il accentuer le recul des cours du brut ? Toute la question est de savoir s’il existe encore des marges de baisse.
Selon l’économiste Patrice Geoffron, directeur du Centre de géopolitique de l’énergie rattaché à Université Paris-Dauphine, le baril ne devrait pas retomber cette année autour des 60 dollars, niveau qui constituait davantage le rythme de croisière d’avant-guerre. En cause : les destructions, provoquées par la guerre entre les États-Unis et l’Iran, de nombreuses infrastructures pétrolières dans la région qui nécessiteront du temps pour être reconstruites. Plusieurs années seront dès lors nécessaires pour remettre en service certains centres de raffinage, dont les pays occidentaux dépendent beaucoup.
Par ailleurs, si TotalEnergies raffine son brut, cela ne suffira pas pour couvrir l’ensemble des besoins de consommation français. Même avec une réouverture du détroit d’Ormuz, des tensions vont persister sur le raffinage du diesel, limitant une baisse forte et durable des prix à la pompe.

/2026/06/16/6a30e6f1df0dc374290641.jpg)



