Le Fonds monétaire international (FMI) salue une désescalade attendue, mais refuse toute lecture trop optimiste. L'accord conclu entre Téhéran et Washington, mettant fin à près de quatre mois de conflit ayant paralysé le détroit d'Ormuz, constitue un soulagement pour les marchés mondiaux de l'énergie. Toutefois, pour la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva, le choc est loin d'être absorbé.
Dans une prise de parole mesurée, la patronne de l'institution de Washington assume un positionnement en deux temps : reconnaissance du signal politique, puis rappel de la réalité économique. « A cet égard, « l'annonce dimanche d'un cessez-le-feu est bienvenue », écrit-elle dans une note de blog, tout en soulignant immédiatement la persistance des tensions sur les chaînes d'approvisionnement.
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Car pour le FMI, le cÅ“ur du problème demeure matériel. La remise en route du système pétrolier et gazier dans le Golfe ne sera ni rapide ni linéaire. « Plus vite (ce choc énergétique, NDLR) se résoudra, mieux ce sera – d'autant que la production mettra du temps à remonter compte tenu des dégâts importants subis par les infrastructures », prévient Kristalina Georgieva. Autrement dit : la fin des hostilités ne signifie pas la fin des perturbations.
Une économie résiliente, mais sous tension
Dans sa lecture macroéconomique, le FMI conserve néanmoins une tonalité globalement stable. L'économie mondiale, estime Kristalina Georgieva, « semble tenir bon » dans son ensemble. Les deux principaux moteurs de croissance, les États-Unis et la Chine, affichent même un « solide dynamisme », un constat qui tempère les inquiétudes sur un ralentissement global.
Mais cette résilience apparente masque des fractures régionales de plus en plus nettes. Le choc énergétique, déclenché par la guerre autour du détroit d'Ormuz, continue de frapper en priorité les économies les plus vulnérables. En Afrique notamment, les tensions sur les carburants se traduisent par des pénuries et des hausses de prix rapides.
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La directrice générale du FMI dresse un inventaire précis : « Plusieurs pays africains ont fait face à des pénuries de carburant – notamment l'Éthiopie, le Malawi et la Zambie – et la plupart subissent de plein fouet la forte hausse des prix du carburant ». Dans certains cas, l'ajustement est brutal : « Dans des pays comme le Lesotho, le Rwanda et la Tanzanie, les prix de l'essence ont augmenté d'environ 50 % depuis le début de la guerre ».
Stabilisation globale, fragilité locale
Ce contraste structure toute la lecture du FMI : une économie mondiale globalement résistante, mais des économies périphériques sous pression immédiate. C'est là que s'inscrit le véritable « oui, mais » de l'institution : oui, la croissance mondiale tient ; « mais » non, les effets de la crise énergétique ne sont pas uniformément absorbés.
Cette divergence se traduit déjà dans la politique de soutien du Fonds. Kristalina Georgieva confirme que le FMI envisage d'intensifier son action dans plusieurs pays africains, avec une hausse des prêts en discussion pour la Gambie, l'Éthiopie et le Burkina Faso. Un nouveau programme est également envisagé pour le Malawi, tandis qu'en Asie, « le Bangladesh a aussi fait la demande d'un nouveau programme ».
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