Home United States Après Israël, les États-Unis fragilisent à leur tour le cessez-le-feu avec lIran

Après Israël, les États-Unis fragilisent à leur tour le cessez-le-feu avec lIran

10
0

Alors que la trêve entre Israël et l'Iran vacillait déjà depuis le début de la semaine, les États-Unis ont à leur tour frappé des positions iraniennes. Un nouvel épisode qui fait planer le doute sur l'avenir du cessez-le-feu.


Publié



Mis à jour

Temps de lecture : 2min

Après Israël, les États-Unis fragilisent à leur tour le cessez-le-feu avec lIran

Le président Donald Trump se rend dans le Wisconsin et le New Jersey, le 5 juin 2026. (SAMUEL CORUM / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Après la rupture du cessez-le-feu entre Israël et l'Iran en début de semaine, ce sont désormais les États-Unis qui donnent un sérieux coup de canif à l'accord. Washington a annoncé des frappes contre l'Iran après un incident survenu près du détroit d'Ormuz. Selon les autorités américaines, un hélicoptère Apache a été abattu, mardi 9 juin, par les Iraniens dans cette zone stratégique.

La réaction de Donald Trump ne s'est pas fait attendre. Alors même qu'il affirmait encore mardi qu'un accord était proche, le président américain a réclamé une riposte “très puissante”. Le commandement américain pour le Moyen-Orient a ensuite évoqué sur le réseau X une réponse “proportionnée” à une agression iranienne “injustifiée”, parlant de frappes “d'autodéfense”. Selon plusieurs médias iraniens, des explosions ont été entendues sur la côte sud de l'Iran, à proximité du détroit d'Ormuz, qui reste bloqué. Le média américain Axios affirme que les frappes ont visé plusieurs systèmes de défense antiaérienne et des radars. Quelques heures plus tard, la télévision d'État iranienne assurait toutefois que le calme était revenu.

Du côté iranien, les réactions ont d'abord été mesurées. Avant les frappes américaines, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi avait minimisé l'incident impliquant l'hélicoptère Apache, estimant qu'il existe toujours un risque lorsque des forces étrangères opèrent à proximité du territoire iranien. Selon lui, la meilleure manière d'éviter de tels incidents reste que ces forces quittent la région.

Après les frappes américaines, le ton a radicalement changé. Abbas Araghchi a affirmé que l'armée iranienne ne laisserait “aucune attaque ni aucune menace sans réponse”. Une menace rapidement suivie d'effets. Les gardiens de la révolution ont annoncé avoir lancé une attaque de drones contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie. Ils affirment notamment avoir détruit, sur la base d'Azraq en Jordanie, des groupes de chasseurs F-35 ainsi que le centre de commandement militaire américain.Et enfin, Téhéran a jugé que les pays du Golfe avaient “la responsabilité légale et morale” de mettre un terme aux attaques américaines menées contre l’Iran depuis leur territoire..

Dès lors, une question se pose : s'agit-il d'un simple accroc ou de la fin du cessez-le-feu ? La trêve avait déjà été sérieusement ébranlée en début de semaine lors des affrontements entre Israël et l'Iran. Cette fois, ce sont les États-Unis qui s'invitent directement dans l'équation. À un moment, il faudra peut-être parler de reprise de la guerre.

Ce qui est certain, c'est que Donald Trump ne souhaite pas remettre le pied dans le conflit, mais qu'il se retrouve contraint d'agir sous peine de perdre en crédibilité. Plusieurs observateurs se sont amusés à compter. Depuis le mois de mars, le président américain a déclaré à au moins 38 reprises qu'un accord était proche. Il l'a encore répété mardi soir. Pourtant, les faits semblent lui donner tort. Si l'on ajoute désormais la perte d'un hélicoptère américain, cela commence à faire beaucoup pour un dirigeant qui aime se présenter comme l'homme le plus fort du monde.