Le président Donald Trump a accusé l'Iran d'avoir abattu mardi un hélicoptère de l'armée américaine près du détroit d'Ormuz et a affirmé que les États-Unis devaient riposter à cette attaque.
Un drone naval a secouru deux pilotes de l'armée qui se trouvaient à bord de l'hélicoptère d'attaque Apache lorsqu'il s'est écrasé près de la voie navigable que l'Iran a fermée depuis le début de la guerre contre les États-Unis et Israël.
Donald Trump a déclaré dans un message publié sur les réseaux sociaux que les deux militaires «sont sains et saufs».
«Néanmoins, les États-Unis doivent, par nécessité, riposter à cette attaque», a-t-il ajouté.
L'hélicoptère s'est écrasé alors que le Moyen-Orient était encore sous le choc des échanges de tirs entre l'Iran et Israël, la veille, qui ont porté le coup le plus dur jamais infligé au fragile cessez-le-feu. La télévision d'État iranienne a rapporté mardi que les attaques israéliennes avaient tué au moins deux membres des unités de défense aérienne du pays.
Depuis que les États-Unis et Israël ont commencé à frapper l'Iran le 28 février, la guerre a secoué l'économie mondiale et fait grimper les prix de l'énergie et de nombreux produits de première nécessité dans le monde, notamment les denrées alimentaires.
Les responsables n'ont pas réussi à transformer le cessez-le-feu d'avril en un accord visant à mettre définitivement fin au conflit, d'autant plus qu'Israël intensifie et étend sa campagne militaire au Liban contre le Hezbollah, milice soutenue par l'Iran.
Deux militaires repêchés après deux heures
L'accident s'est produit mardi vers 3 h 30 du matin, heure locale, au large des côtes d'Oman, alors que l'hélicoptère effectuait une patrouille, a indiqué le Commandement central américain.
Un bateau sans équipage a localisé les deux aviateurs après qu'ils eurent passé environ deux heures dans l'eau, selon le capitaine Tim Hawkins, porte-parole du Commandement central américain. Il a précisé qu'il s'agissait du premier sauvetage en mer d'un drone par l'armée américaine dont on ait connaissance.
Les responsables militaires n'ont pas précisé la cause de la chute de l'hélicoptère Apache, indiquant que l'accident faisait l'objet d'une enquête.
Les hélicoptères AH-64 Apache constituent un atout majeur pour l'armée américaine dans le cadre du blocus qu'elle impose aux cargaisons de pétrole brut et aux pétroliers iraniens, afin de faire pression sur Téhéran pour qu'il conclue un accord. Ces hélicoptères ont également été utilisés par les Émirats arabes unis pour frapper des drones iraniens.
Le drone utilisé pour effectuer le sauvetage était un appareil de 7,3 mètres de long appelé Corsair, a précisé M. Hawkins.
Un regain d'optimisme
Avant d'accuser l'Iran d'avoir abattu l'hélicoptère américain, M. Trump avait fait part d'un regain d'optimisme concernant les négociations avec l'Iran.
«Nous avons de bonnes chances» de signer un accord dans «deux ou trois jours», avait statué M. Trump. Mais il n'a fourni aucun détail sur les raisons de ce regain d'optimisme. Au cours des deux mois qui ont suivi l'accord de cessez-le-feu initial entre les États-Unis et l'Iran, M. Trump a prédit à plusieurs reprises qu'un accord était proche.
«Nous sommes très près de conclure un accord très, très bon, solide et puissant, a soutenu le président. Si nous allons les bombarder – ce que nous pourrions faire très facilement si nous le voulions, et que nous passons encore deux ou trois semaines à les bombarder — il ne leur restera plus rien du tout. Mais le détroit restera fermé pendant des mois.»
Il a ajouté: «Si nous bombardons, vous savez, beaucoup de gens vont être tués. Qui veut faire ça? Pas moi.»
Les médiateurs, menés principalement par le Pakistan, tentent depuis des semaines de faire aboutir un accord. Cependant, tant l'Iran que les États-Unis ont adopté des positions intransigeantes.
Les États-Unis veulent que l'Iran renonce à ses stocks d'uranium hautement enrichi, qui seraient enfouis à la suite des frappes aériennes américaines survenues pendant la guerre de 12 jours en 2025. Mais l'Iran refuse cela et exige un allègement des sanctions. Il souhaite également la libération des avoirs gelés avant même qu'un accord final ne soit en place, ce que M. Trump rejette.
Avant les commentaires du président Trump sur les négociations, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré lundi que les commentaires de M. Trump jusqu'à présent sur un éventuel accord «contredisaient les points convenus», montrant que les États-Unis «ne cherchent ni un cessez-le-feu ni un dialogue».
La poursuite des combats entre Israël et le Hezbollah reste également une priorité absolue pour l'Iran. Le chef de l'armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, s'est rendu au Pakistan mardi. Il y a rencontré le chef de l'armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, qui a joué un rôle clé dans les pourparlers entre l'Iran et les États-Unis.
La visite de M. Haykal intervient alors que le gouvernement libanais adopte une ligne de plus en plus dure à l'égard du Hezbollah, mais reste incapable de désarmer cette puissante milice. Le Hezbollah a remercié mardi l'Iran d'avoir attaqué Israël «pour défendre notre peuple libanais», suggérant que le gouvernement libanais devrait saisir cette occasion pour améliorer ses relations avec Téhéran.
Israël lance un avertissement à Tyr
Au même moment, l'armée israélienne a émis un avertissement d'évacuation pour la ville portuaire de Tyr, dans le sud du Liban, y compris le quartier chrétien, qui a jusqu'à présent été épargné par les frappes aériennes sur la ville.
La semaine dernière, Israël a averti les quartiers chrétiens de Tyr qu'il pensait que des membres du Hezbollah se trouvaient parmi eux. De nombreux musulmans chiites libanais ont fui vers ces zones alors que les frappes israéliennes s'abattaient sur la côte méditerranéenne au cours des deux dernières semaines.
Après l'avertissement de la semaine dernière, l'armée libanaise s'est déployée dans le quartier chrétien de Tyr afin d'empêcher les attaques israéliennes dans cette zone et de montrer que le Hezbollah n'y a aucune présence armée. Mais Avichay Adraee, le porte-parole en langue arabe de l'armée israélienne, a publié lundi sur X que l'armée israélienne «devra bientôt agir contre leurs activités terroristes dans le quartier».





