Le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur clé du conflit entre les États-Unis et l'Iran, l'a annoncé lundi 15 juin 2026 : les deux belligérants sont enfin parvenus à trouver un accord de paix pour terminer la guerre au Moyen-Orient sur tous les fronts, y compris le Liban. L'annonce a été confirmée peu après par Washington et Téhéran. « L'accord avec la République islamique d'Iran est désormais finalisé », a écrit le président américain Donald Trump sur son réseau Truth Social.
« J'autorise pleinement la réouverture du détroit d'Ormuz sans droits de passage et, parallèlement, la levée immédiate du blocus naval américain. Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots ! », s'est-il félicité, ajoutant que cette ouverture interviendra « dès la signature de l'accord vendredi afin de permettre le déminage ».
Le président français Emmanuel Macron a déclaré par la suite que la mission maritime internationale mise en place par la France et le Royaume-Uni était « prête à accompagner » la réouverture du détroit d'Ormuz. « Les moyens sont en place et prêts à être engagés », a-t-il relevé sur X, en notant l'importance d'une « réouverture urgente et inconditionnelle du détroit d'Ormuz ».
Washington et Téhéran doivent envoyer cette semaine des délégations à Doha pour des discussions préparatoires indirectes en vue de la signature. « Des réunions préparatoires distinctes avec chacune des parties se tiendront cette semaine à Doha, avant la signature officielle en Suisse et le lancement des discussions techniques », a déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, un diplomate proche des discussions. Selon lui, les médiateurs qataris ont quitté Téhéran après « dix-sept heures de négociations intensives », entamées dimanche et qui ont abouti à un accord.
Les cours du pétrole à la baisse
L'annonce a déclenché une chute de plus de 4 % des cours du pétrole, qui avaient flambé depuis le déclenchement de la guerre le 28 février et le blocage du détroit stratégique d'Ormuz, par lequel transitait en temps normal un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures. La Bourse de Tokyo a bondi de plus de 4 % et celle de Séoul de plus de 5 % lundi matin.
Le document sur lequel se sont entendus Washington et Téhéran n'a pas été rendu public dans l'immédiat. L'accord prévoit « la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban », a déclaré sur la télévision d'État le vice-ministre des Affaires étrangères iranien, Kazem Gharibabadi.
Quatre sujets de négociation
« Les négociations débuteront dans un délai de soixante jours en vue de parvenir à un accord définitif », a-t-il précisé, énumérant quatre sujets pour les discussions à venir : la levée des sanctions contre l'Iran, la question du nucléaire, la « reconstruction » et « le développement économique » du pays, ainsi que « la mise en place d'un mécanisme de suivi » des engagements pris.
L'agence de presse iranienne Mehr a en outre fait état d'un texte, qui n'a pas été confirmé officiellement, selon lequel l'accord prévoit « le déblocage de 24 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés au cours de la période de négociation de soixante jours », dont la moitié avant le début des pourparlers.
Dans des déclarations au New York Times, Donald Trump a indiqué qu'un volet des négociations porte sur l'acceptation par l'Iran d'un moratoire de vingt ans sur l'enrichissement d'uranium et a laissé entendre qu'un accord pourrait être trouvé pour une durée de quinze ans.
Le secrétaire général de l'Onu Antonio Guterres a salué l'accord, « étape cruciale vers un règlement pacifique du conflit ». L'Iran a « imposé sa volonté divine et d'acier à des ennemis américains et sionistes humiliés. L'ennemi n'a d'autre choix que d'accepter la défaite et de se rendre », s'est félicité pour sa part l'état-major iranien dans un communiqué diffusé par la télévision d'État. Le vice-président américain J.D. Vance a fait savoir qu'il assistera à la signature de l'accord le 19 juin à Genève, et que la participation de Donald Trump était « possible ».
Peu de temps avant l'annonce de l'accord, la plus haute instance de sécurité de l'Iran, le Conseil suprême de sécurité nationale, avait pourtant averti sur X d'une réponse « imminente » à un raid israélien qui a fait trois morts dimanche dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro iranien.
« Furieux »
Donald Trump avait estimé plus tôt sur son réseau Truth Social que l'attaque israélienne « n'aurait pas dû avoir lieu, surtout en ce jour particulier », dimanche marquant son 80e anniversaire. « J'étais furieux », a-t-il ensuite confié au média Axios, affirmant avoir réprimandé le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou : « Il n'a aucun putain de jugement. Je le lui ai fait savoir. » « C'est un type très difficile », a-t-il ajouté par la suite dans des déclarations au New York Times.
Israël, qui redoute un compromis ne satisfaisant pas ses exigences concernant son ennemi juré iranien, a indiqué avoir riposté à des attaques de drones du Hezbollah contre son territoire.
Sous pression dans son pays pour sortir d'un conflit impopulaire qui a aussi ébranlé l'économie mondiale, Donald Trump doit rencontrer cette semaine les dirigeants des autres grandes puissances lors du sommet du G7 à Evian, en France.
« L'objectif sera de voir les conséquences de cet accord, le soutien au Liban, la réouverture d'Ormuz dans la durée, et évidemment la conclusion d'un accord sur le nucléaire et le balistique en Iran », a déclaré après l'annonce d'un accord le président français Emmanuel Macron. Dans un communiqué conjoint, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et l'Italie se sont déclarés « disposés à lever les sanctions pertinentes en réponse à des mesures claires et vérifiables de la part de l'Iran concernant son programme nucléaire ».
Déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes, la guerre a embrasé le Moyen-Orient et fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.




