La Chambre américaine des représentants a adopté mercredi un texte ordonnant le retrait des troupes américaines dans la guerre contre l’Iran, un camouflet pour Donald Trump qui a engagé les Etats-Unis dans ce conflit le 28 février. La résolution – adoptée avec les voix de quatre députés républicains – possède cependant une portée avant tout symbolique, en raison du droit de veto du président américain.
Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a quand à lui, insisté lors d’une audition parlementaire sur le fait que les opérations militaires majeures contre l’Iran étaient terminées malgré les nouveaux affrontements entre l’Iran et les Etats-Unis. « Nous ne menons plus de frappes soutenues en Iran pour affaiblir leurs forces armées, car l’opération Epic Fury est terminée », a-t-il déclaré après avoir assuré la veille lors d’une autre audition parlementaire que « la guerre était terminée ». Il faisait référence aux bombardements américains lancés le 28 février dernier, et à un cessez-le-feu conclu le 8 avril mais désormais très fragilisé.
« Pour ce qui est de savoir qui a gagné, je peux vous dire ceci : c’est nous qui définissons la victoire. Nous définissons la victoire comme la destruction de leur base industrielle de défense, la réduction significative du nombre de lanceurs de missiles dont ils disposent, la réduction significative de leur stock de drones, et nous avons atteint tous ces objectifs, en plus d’avoir détruit ce qui restait de leur force aérienne et anéanti l’ensemble de leur marine conventionnelle », a dit M. Rubio.De son coté, Donald Trump a déclaré dans la soirée que les discussions avec l’Iran pourraient aboutir dès « ce week-end », mais n’a pas non plus exclu qu’elles échouent.
Un mort et au moins 63 blessés au Koweït
Des élus démocrates ont fustigé ces déclarations après les nouveaux affrontements entre l’Iran et les Etats-Unis, et les frappes iraniennes contre le Koweït, soulignant aussi que le détroit d’Ormuz restait bloqué. Le Koweït dit avoir été visé au total mercredi par 13 missiles balistiques et 17 drones iraniens. Selon le commandement américain pour la région (Centcom), l’Iran a aussi tiré dans la nuit des missiles vers Bahreïn, provoquant en réponse des frappes américaines sur l’île iranienne de Qeshm, qui ont touché une tour de communication selon Téhéran.
Le secrétaire d’Etat américain a cependant assuré qu’il s’agissait là uniquement de frappes « défensives ». Il a par ailleurs souligné que la question de l’uranium enrichi était « clairement abordée » dans les négociations avec l’Iran, concédant que Téhéran n’avait pas donné son feu vert. « Je pense que cela est désormais clairement abordé dans certains des documents qui ont été échangés, mais nous n’avons toujours pas reçu la validation finale de leur part à compter de ce matin », a déclaré M. Rubio devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants.
Le sort de l’uranium enrichi constitue l’un des points les plus difficiles pour parvenir à un accord pour mettre un terme à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Après le cessez-le-feu du 8 avril entre les Etats-Unis et l’Iran, les hostilités avaient quasiment cessé. Mais elles ont repris ces derniers jours, en particulier autour du détroit d’Ormuz, stratégique voie maritime pour les hydrocarbures verrouillée par Téhéran.
Un tout autre point de vueÂ
Lors d’un entretien accordé mercredi à la chaîne libanaise Al Mayadeen, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a fait état d’« aucun progrès tangible » dans les négociations avec les États-Unis pour mettre fin au conflit. En réponse aux menaces du ministre de la Défense israélien Israël Katz visant les bastions du Hezbollah, le chef de la diplomatie iranienne a averti que la poursuite des frappes contre Beyrouth entraînerait « une reprise à grande échelle de la guerre », affirmant que ses forces étaient prêtes à frapper le territoire israélien si les agressions au Liban ne cessaient pas. Le conflit semble loin d’être terminé.Â




