Les États-Unis et l'Iran sont proches d'un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz. Après avoir menacé de reprendre les hostilités et de rompre le cessez-le-feu en vigueur depuis le 7 avril, Donald Trump semble désormais privilégier la voie de la diplomatie, tout en laissant planer le risque d'une escalade si l'Iran n'accepte pas une solution négociée. Le président américain affirme que les négociations avec l'Iran sont « constructives », mais que « les deux parties doivent prendre leur temps et trouver le bon accord ».
Téhéran et Washington ont aujourd'hui un intérêt commun à faire cesser la guerre déclenchée le 28 février. Même si le régime ne s'est pas effondré, l'Iran risque d'être étranglé par le blocus maritime qui l'empêche de continuer à vendre son pétrole, sa principale ressource financière. Les caisses de l'État iranien seront bientôt vides, bien que le pays dispose de l'équivalent de trois mois d'exportations à bord de pétroliers déjà en mer. Donald Trump a en effet tardé à couper les vivres de l'Iran en laissant le pétrole iranien s'écouler sur le marché par peur de voir le prix du baril s'envoler encore plus.
Risque de sanction dans les urnes
De son côté, le président américain est lui aussi acculé à moins de six mois des élections de mi-mandat aux États-Unis. La guerre au Moyen-Orient est impopulaire, y compris chez les Républicains. Le blocage du détroit d'Ormuz par lequel transitait un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux entraîne une flambée des prix des carburants aux États-Unis, faisant courir le risque d'une sanction dans les urnes.
« Les Iraniens ont démontré que Trump obtient moins de résultats par la menace et la coercition que par la diplomatie », explique au New York Times Omid Memarian, analyste à Dawn, un groupe de réflexion américain. « Pour les deux camps, les négociations deviennent inévitables en raison du coût exorbitant de la poursuite du conflit », ajoute-t-il. Selon le site américain Axios, les États-Unis et l'Iran sont en train de finaliser un protocole d'accord de 60 jours prévoyant la réouverture du détroit d'Ormuz. L'agence de presse semi-officielle iranienne Tasnim proche des Gardiens de la révolution annonce un possible rétablissement du trafic dans le détroit à son niveau d'avant-guerre sous un mois.
Le dégel d'avoirs iraniens ?
En contrepartie, les États-Unis lèveraient le blocus naval imposé aux navires entrant et sortant des ports iraniens. L'Iran obtiendrait aussi un assouplissement des sanctions pour vendre son pétrole. Selon le secrétaire d'État américain Marco Rubio, le protocole d'accord reporte la question délicate du programme nucléaire iranien à plus tard. Des discussions s'ouvriront par la suite sur l'engagement de l'Iran à ne pas enrichir d'uranium à un niveau permettant de se doter de la bombe atomique et à se débarrasser de ses 400 kilos d'uranium enrichi à 60 %.
Les États-Unis seraient prêts à débloquer 25 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés à l'étranger si l'Iran fait preuve de bonne volonté. L'avenir du nucléaire iranien est un des points qui risquent de faire capoter l'accord car Téhéran exige de pouvoir conserver des capacités d'enrichissement à des fins civiles. En 2015, le régime de Téhéran avait transféré la quasi-totalité de son stock d'uranium enrichi à la Russie, dans le cadre de d'accord de Vienne qui avait été signé sous Barack Obama avant d'être dénoncé par Donald Trump en 2018. Ces derniers jours, le président russe Vladimir Poutine s'est déclaré prêt à récupérer le combustible nucléaire dont l'Iran consentirait à se débarrasser.




