Le nucléaire remis à plus tard ?
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a laissé entendre, dès samedi, que la question nucléaire ne faisait pas partie, « à ce stade », de l'accord en discussion entre les États-Unis et l'Iran concernant la guerre au Moyen-Orient et qu'elle serait abordée lors de « discussions séparées ».
Mais le New York Times, citant deux responsables américains anonymes, affirme qu'un point central de cet accord sera un « engagement de Téhéran à renoncer à son stock d'uranium hautement enrichi ». La manière dont la République islamique renoncera à son stock sera toutefois abordée lors « d'un prochain cycle de négociations sur le programme nucléaire iranien », ajoute le quotidien américain.
De leur côté, les agences de presse iraniennes Fars et Tasnim affirment que les questions liées au nucléaire seraient négociées dans les 60 jours suivant la signature de l'accord espéré.
Ormuz sera-t-il débloqué ?
La réouverture du détroit d'Ormuz, verrouillé de facto par l'Iran depuis le début de la guerre lancée par les États-Unis et Israël le 28 février, est un point central des discussions. Ce quasi-blocage a fait flamber les prix du pétrole et ébranle l'économie mondiale. Donald Trump a évoqué, samedi, un compromis « largement négocié » qui prévoirait la réouverture du détroit. Mais des sources iraniennes au fait des négociations, citées par Fars, affirment que, si l'accord prévoit un déblocage du détroit, ce dernier restera sous contrôle de l'Iran. « Le statut du détroit d'Ormuz ne reviendra pas à sa situation d'avant-guerre », souligne de son côté Tasnim.
Quid des sanctions et des avoirs ?
Téhéran insiste régulièrement sur le dégel des avoirs iraniens à l'étranger, bloqués en raison des sanctions américaines. L'Iran a ainsi souligné qu'il n'y aurait aucun accord à moins qu'une partie de ces avoirs ne soit libérée dès la première étape et qu'un mécanisme clair ne soit établi pour garantir la libération des autres fonds bloqués, selon une « source informée » citée par Tasnim. Selon elle, malgré des discussions entamées dimanche, les États-Unis continuent de bloquer certaines clauses de l'accord incluant la question des avoirs.
Et le Liban ?
Israël mène des frappes quotidiennes au Liban, malgré un accord de cessez-le-feu négocié par les États-Unis, affirmant viser le mouvement pro-iranien Hezbollah. L'Iran a déjà déclaré que tout cessez-le-feu devait s'appliquer à tous les fronts de la guerre régionale, y compris au Liban, et le Hezbollah a dit être convaincu que son allié ne l'abandonnerait pas.
« Dans le cadre de cet arrangement, on s'attendrait à ce qu'Israël, en tant qu'allié des États-Unis, mette fin à la guerre au Liban », a ajouté Tasnim.
Pas pour tout de suite ?
Toutefois, Donald Trump a tempéré, dimanche, les espoirs d'un accord imminent avec l'Iran. « J'ai demandé à mes représentants de ne pas se précipiter, car le temps joue en notre faveur », a-t-il écrit lsur sa plateforme Truth Social. Quelques heures plus tôt, son secrétaire d'État, Marco Rubio, avait pourtant évoqué la possibilité, « dans les prochaines heures », de voir le monde recevoir « une bonne nouvelle ».







