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La fabrique du monde – Entre les alliés européens de l'Otan et les États-Unis, c'est toujours compliqué

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Les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'Otan sont réunis à Helsingborg en Suède. L'objectif est de préparer le sommet de l'Alliance atlantique prévu début juillet à Ankara en Turquie. Mais le ton et le climat montrent que les choses ne s'arrangent pas entre les États-Unis et les alliés européens de l'organisation.  

Juste avant de s'envoler pour la Suède, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a fustigé les pays de l'Otan qui « refusent de faire quoi que ce soit » en soutien aux États-Unis dans le golfe. Et le chef de la diplomatie américaine d'ajouter que cela a beaucoup contrarié à Washington. Tellement contrarié qu'après les déclarations du chancelier allemand Friedrich Merz sur l'absence de stratégie américaine dans la guerre et sur l'humiliation que fait subir l'Iran aux États-Unis, l'Allemagne a été punie, comme un mauvais élève. Donald Trump a annoncé le retrait de 5 000 soldats américains stationnés en Allemagne.  

Menaces

Mais ce n'est pas tout. Le 15 mai, le secrétaire américain à la Guerre Pete Hegseth a interrompu, avant un changement de cap, le déploiement d'une brigade de 4 000 soldats américains en Pologne, pourtant reconnue comme un allié modèle, qui achète la quasi-totalité de ses armes aux États-Unis. Il faut y ajouter le non-déploiement d'un bataillon de spécialistes du tir dans la profondeur. Cela vient s'ajouter aux menaces en janvier d'annexion du Groenland, territoire qui appartient au Danemark, encore un allié de l'Otan. Menaces retirées depuis au profit de négociations. Mais des négociations qui n'ont toujours pas abouti. Au contraire, l'envoyé spécial de Donald Trump pour le Groenland s'est invité cette semaine à un forum économique sur le territoire. Il a déclaré qu'il était temps que les États-Unis remettent leur empreinte sur l'île arctique et qu'ils étaient prêts à aider les Groenlandais s'ils choisissaient l'indépendance. 

Cavalerie

Ça fait beaucoup pour des pays censés être des alliés, mais ce qui inquiète surtout, c'est la méthode. Le secrétaire général de l'organisation, l'ancien premier ministre néerlandais Mark Rutte, dont le travail consiste à jouer les équilibristes entre les Européens qui ont besoin des États-Unis pour leur défense et un président américain qu'il ne veut pas braquer, se veut rassurant. Il appelle cela des ajustements et selon lui, cela se fera en bon ordre et au fond, c’était prévu. Mais parmi les annonces attendues de ce sommet, il y a une mise à jour des troupes disponibles de chaque pays, c'est-à-dire mobilisables en moins de 180 jours si nécessaire, c’est ce qu’on appelle parfois la « cavalerie » et il faut s'attendre à une réduction des forces disponibles des États-Unis. 

Besoin

Et puis, il y a la question de l'armement américain en Europe. Là aussi il pourrait y avoir des annonces. La guerre en Iran a mis les stocks d'armes américains sous pression. Et ces armes, notamment les systèmes anti-aériens, les Européens en ont besoin, pour eux-mêmes, ou pour les acheter avant de les livrer à l'Ukraine qui en a besoin pour lutter contre l'agression de la Russie. La Russie, qui malgré ou peut-être à cause de ses difficultés actuelles en Ukraine, vient de procéder à son plus gros exercice nucléaire depuis des années, pour rappeler qu'elle est toujours une menace.

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