À 56 ans, Fabien Dinard a sa petite routine pour venir sur son lieu de travail à seulement deux minutes de chez lui. Natif de Papeete, le directeur du conservatoire artistique territorial a sa culture chevillée au cÅ“ur. “A Taunoa, j’habitais dans un quartier où il y avait beaucoup de gens de la communauté paumotu. On allait chez un monsieur qui s’appelait Teuira Maro. Et on dansait tous les kapa, les danses paumotu. Ensuite, on allait danser sur les paquebots. Donc, je devais avoir 6 ans, 7 ans”, se remémore-t-il .
S’il est aujourd’hui l’héritier d’une génération d’artistes et de passeurs de mémoire, il le doit aux grandes figures qui ont marqué son histoire. “J’ai été formé par mes grands-parents aussi. Et eux, c’est la terre, la langue. Et maintenant, c’est vraiment Coco. C’est comme un père spirituel pour moi. Il m’a inculqué, pas l’amour de la culture, mais l’amour de notre pays”, précise Fabien.
Les anciens, “des trésors vivants”
Depuis 2005, sous son impulsion, le conservatoire s’est imposé comme un lieu de transmission, de création et de valorisation des patrimoines vivants polynésiens.
Mais il a fallu d’abord faire reconnaître nos arts et ceux qui les transmettaient. “Je pense à Papa Ra’i ou à Mama Penina. Ces personnes-là , c’étaient des sommités. Et je me souviens d’une phrase de Mama Penina qui dit : « mais moi, je ne gagne que 103 000 ». Ça, ça m’a interpellé. Et aussi Mamie Louise, des gens de Hawaii, de Nouvelle-Zélande qui viennent ici se ressourcer. Il faut d’abord reconnaître ces personnes parce que ce sont des trésors vivants. Et ensuite mettre en place une politique pour enseigner et transmettre, dès le plus jeune âge, le plus tôt possible à ces enfants. J’ai commencé à travailler avec les écoles pour qu’on touche les élèves dès la maternelle, ce qui a été fait. Ensuite avec le primaire, le collège et maintenant avec le lycée”, précise le directeur.
Fabien Dinard nourrit encore de nombreux projets pour la culture, à commencer par l’agrandissement du conservatoire qui accueille aujourd’hui près de 2 000 élèves dans des disciplines traditionnelles, classiques et contemporaines.
Regardez le reportage de Shiquita Teiva :




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