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Cinema: Canal+’s blacklist “confirms the fears we had”, reacts Iranian director Sepideh Farsi

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“Je trouve que ça confirme les craintes qu’on avait”, réagit, lundi 18 mai, sur France Inter, la réalisatrice iranienne Sepideh Farsi, alors que . Ce texte a été signé mardi 12 mai par 600 professionnels du secteur, notamment Sepideh Farsi, Juliette Binoche, Swann Arlaud et Adèle Haenel. La tribune dénonce “l’emprise grandissante de l’extrême droite” dans le cinéma par l’intermédiaire du milliardaire conservateur. Cette réaction de la direction de Canal+, “c’est pour faire peur, c’est pour donner l’exemple, pour que d’autres ne signent pas. Alors, on va voir comment le collectif va réagir. Je pense qu’il y aura une réaction certainement”, insiste-t-elle.“J’ai vécu cette pétition comme une injustice vis-à-vis des équipes Canal qui s’attachent à défendre l’indépendance de Canal+, dans toute la diversité de ses choix”, a déclaré dimanche Maxime Saada, président du directoire de Canal+, premier financeur du cinéma français dont Vincent Bolloré est l’actionnaire principal. “J’ai été très surprise en lisant les déclarations de M. Saada. Cette déclaration fait montre d’une fermeture d’esprit plutôt que d’une ouverture d’esprit”, répond Sepideh Farsi, qui a notamment réalisé l’an dernier le documentaire Put Your Soul on Your Hand and Walk . “Moi, j’aurais aimé recevoir une invitation de la part de Canal” pour nous dire ‘Faites une délégation, venez nous voir, parlons pour voir ce qui vous fait peur'”, avance-t-elle.

“Au lieu de ça, dire d’emblée, nous n’allons plus travailler avec les gens qui sont signataires de cette tribune, je trouve que ça confirme les craintes qu’on avait”, estime la réalisatrice. “Le groupe Canal+ a été créé pour apporter un souffle au cinéma français. Certes, c’est un groupe privé, mais c’est quand même pour renforcer ce qu’on appelle l’exception culturelle française”, argumente la réalisatrice. “Enfin, je trouve qu’ils perdent d’ailleurs beaucoup de richesse, puisque ce sont des gens quand même extraordinaires qui ont signé cette tribune, un peu comme ce qui s’est passé chez Grasset en renvoyant Olivier Nora.”

À mi-parcours du Festival de Cannes, l’épisode crée des remous. Après la publication de la tribune, la bulle cannoise n’avait honnêtement pas éclaté. Les festivaliers avaient pris connaissance du texte avant de rapidement reprendre une activité normale, mais ce voile pudique posé sur la menace Bolloré n’est plus possible sur la Croisette, où la petite phrase de Maxime Saada jette un froid, polaire. Les grands noms du cinéma refusent de se positionner et même les signataires de la tribune sont nombreux à décliner les sollicitations des journalistes. Mais à présent, les traditionnelles conférences de presse des équipes de films ne devraient pas échapper aux questions sur cette affaire, d’autant qu’Arthur Harary, Emmanuel Marre et Swann Arlaud, tous trois signataires, présentent des films en compétition.

Il y avait déjà des signaux faibles. Traditionnellement, lors de la présentation des films à Cannes, les logos introductifs des producteurs et des distributeurs sont applaudis. Celui de Canal+, présent cette année avec un nombre record de 49 films projetés en sélection, est désormais régulièrement sifflé par le public.Le patron de Canal+ peut en tout cas compter sur le soutien du maire de Cannes. David Lisnard déplore, dans Ouverture dans un nouvel onglet, l’ingratitude et le masochisme des 600 professionnels qui ont signé le texte. Pour le moment, difficile d’imaginer les contours précis de la liste noire décrétée par Maxime Saada, puisque Canal ne souhaite pas assurer le service après-vente. “Nous ne ferons aucun commentaire”, a indiqué, dimanche soir, la communication du groupe audiovisuel à France Inter.