Rares sont les 15-25 ans qui se dirigent d’eux-mêmes vers des salles art et essai. Comme en témoignent Nahane Coudret et Arnaud Mattaix, étudiants à l’IUT d’Aix-Marseille :“C'est vrai qu'avec la montée du streaming, la possibilité de louer des films à la maison, je ne voyais pas trop l'intérêt de me déplacer” explique Nahane Coudret, aux côtés de son camarade Arnaud Mattaix : “Moi, je m'intéressais très peu au cinéma. J'allais seulement voir des films au Pathé.”Tous deux ont dû gérer le bureau des arts de leur faculté cette année, dans le cadre d’un module obligatoire. Cette expérience leur a ouvert les portes d’un nouvel univers, dans lequel ils ont dû convaincre leurs camarades de les rejoindre. Réseaux sociaux, affiches placardées un peu partout dans l’université et tarifs très avantageux ont permis de les motivers.“On essayait souvent de créer du contenu sur les films qu’on présentait, parce qu’il n’y a que ça de nos jours, surtout pour parler à des étudiants : les réseaux sociaux et les réseaux sociaux”, témoigne Nahane Coudret qui en était justement en charge dans le cadre du bureau des arts. “Il y a eu énormément de bouche-à -oreille, des flyers avec un petit QR code qui renvoyait directement au lien de préinscription et des affiches qu’on mettait vraiment devant le distributeur, là où les étudiants se rassemblent. L'idée était qu'ils se disent: “Ce serait bien d’aller entre amis voir ce film”. En plus, on proposait des séances à 1 euro”, ajoute Arnaud Mattaix.
Django Chalosse a 17 ans, ce lycéen est féru de cinéma depuis le plus jeune âge et aujourd’hui, il participe à la programmation de la salle de son village situé dans le sud du Lubéron. Lui n’a pas intégré du club cinéma au sein de son établissement car cela n’existe pas mais il a rejoint le cercle de programmation du cinéma près de chez lui.“C’est un cinéma qui a un ciné-club ou plutôt un cercle de programmation ouvert à tous. Mais c’est le mardi matin, donc j’ai cours et je ne peux pas y aller souvent. Mais quand j’y vais, c’est super, surtout que je suis le seul jeune, le seul en dessous de 30 ans je pense. C’est intéressant de devoir représenter les jeunes de la vallée pour la programmation du cinéma.” Mais même en participant à la programmation, il n’est pas évident de proposer qui attireraient le jeune public.“J’ai parfois essayé de présenter des films qui attireraient davantage les jeunes. Mais c’est quand même un cinéma plutôt fréquenté par des personnes âgées donc public ne change pas.” Alors, le lycéen a profité de séances “ciné culte” pour soumettre des films souvent prisés par les plus jeunes. “J’avais fait ça parce que, lors de certaines séances ciné culte, par exemple pour Pulp Fiction, il y avait eu beaucoup de jeunes. J’avais aussi proposé et présenté Seven de David Fincher et là aussi, il y a eu plus de jeunes.”
Mais la programmation n’est pas toujours suffisante pour faire venir les jeunes. Florie Cauderlier est directrice d’une salle municipale à Vitrolles, dans les Bouches-du-Rhône. Même en proposant des films susceptibles d’intéresser des étudiants, les obstacles restent nombreux. Elle décrit par exemple les transports qui s’arrêtent à 20 heures, l’absence d’étudiants dans la ville car il n’y a pas d’université et surtout, malgré 30% de la programmation dédiée à des films plus grand public, un décalage par rapport aux grandes salles à leur désavantage.“On a beaucoup de concurrence avec les grandes salles juste à côté. Souvent, les films très grand public, on les a au bout de quatre ou cinq semaines. Un film qu’ils [les jeunes, ndlr] really want to see it, They will go see it elsewhere. And when he arrives at our house, he is a little wrung out. I think we haven’t found the right formula yet.”The venue operator says she is interested in the programming club initiative, like the one in which Django Chalosse participates: “This attempt to create a programming club is to know how to involve them, how to ensure that the room, for them, is no longer an anonymous place, that it speaks to them and that they feel at home there. It is the possibility of understanding their desires and where they are.”Entre les salles de cinéma, les festivals, les réseaux de spectateurs et les associations, il y a aujourd’hui une multitude d’acteurs impliqués pour faire revenir les jeunes au cinéma.

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