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Macron denounces the double error of the United States and Iran in the Strait of Hormuz

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Appel au calme

Appel au calme. En Pologne, Emmanuel Macron a été interrogé, ce lundi 20 avril, sur les tirs de semonce qui ont visé un navire de l’armateur français CMA-CGM deux jours plus tôt dans le détroit d’Ormuz. “La France n’a pas été visée spécifiquement”, a répondu le président de la République, évoquant la situation changeante dans le couloir maritime stratégique.

“Suite à des échanges qui se sont tenus entre les autorités iraniennes et les compagnies (…) plusieurs tankers et porte-conteneurs ont engagé une sortie du détroit, comme cela avait été fait ces dernières semaines”, a-t-il expliqué. Avant d’ajouter : “Il est vraisemblable que suite à la décision américaine de maintenir un blocus ciblé pour tout ce qui touchait l’Iran (contrairement à ce qui était prévu, ndlr), les autorités iraniennes ont changé leur position initiale. Je pense que c’est une erreur des deux côtés.”

Après ces atermoiements, Téhéran a “procédé à des tirs de sommation qui ont conduit les équipages à revenir en arrière. Ils ont eu raison et il n’y a pas eu de dommages ou de blessé côté français”, a encore assuré Emmanuel Macron, expliquant que “tout cela ne doit pas conduire à l’escalade, mais à consolider ce qui avait été obtenu vendredi.” C’est-à-dire la réouverture complète du détroit d’Ormuz, “sans sélection ni péage.”

Situation bloquée

Cette question, un des enjeux majeurs du conflit déclenché par les frappes américano-israéliennes fin février, devient d’autant plus cruciale que l’expiration de la trêve entre les États-Unis et l’Iran est censée intervenir dans la nuit de mardi à mercredi. Pour l’heure, l’incertitude demeure sur la tenue de nouvelles négociations, comme sur la réouverture totale de la voie maritime.

L’Iran n’a pas “à ce stade” de “projet pour le prochain cycle de négociations et aucune décision n’a été arrêtée à ce sujet”, a fait savoir le chef de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, lundi. Et ce alors que Donald Trump avait annoncé la veille l’envoi d’une délégation à Islamabad pour tenter de relancer les pourparlers de paix.

Le responsable iranien a également ajouté que la saisie d’un cargo par les États-Unis, leur blocus naval des ports iraniens et les retards dans la mise en œuvre du cessez-le-feu au Liban constituaient autant de “violations manifestes du cessez-le-feu”. Pour rappel, en guise de riposte contre le maintien des mesures punitives américaines, l’Iran a annoncé samedi reprendre “le strict contrôle” du détroit, revenant ainsi sur sa décision de le rouvrir.

Selon plusieurs médias locaux, une levée du blocus naval mis en place par les États-Unis constituerait désormais une condition préalable à de nouvelles discussions avec Washington.

En clair, “chacun fait un blocus à des endroits différents, les Iraniens dans le coude du détroit, les États-Unis dans le golfe d’Oman à la sortie”, résume le chercheur Pierre Razoux, auprès de l’AFP, pour qui “on ne va probablement pas vers un accord” rapide.