L’Iran a annoncé samedi refermer le détroit stratégique d’Ormuz, voie maritime essentielle pour le commerce mondial d’hydrocarbures, en raison du blocus américain des ports iraniens, au lendemain de l’annonce de sa réouverture complète pour les navires commerciaux. On fait le point.
Sans accord, le blocus continuera, prévient Trump vendredi soir
La reprise du trafic dans le détroit avait été saluée par les marchés et Washington. Vendredi soir, le président américain a toutefois déclaré qu’il maintiendrait le blocus américain sur les ports iraniens si aucun accord de paix n’est conclu avec Téhéran, ajoutant qu’il pourrait ne pas prolonger le cessez-le-feu après son expiration mercredi.
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« Je ne le prolongerai peut-être pas, mais le blocus continuera », a-t-il lancé à bord d’Air Force One. Mais « je pense que cela va se faire », a-t-il ajouté concernant le potentiel accord de paix. Auparavant, il avait déjà affirmé sur son réseau Truth Social que ce blocus resterait « totalement en vigueur » jusqu’à la fin des négociations avec l’Iran.
Téhéran annonce refermer le détroit
Dans la foulée de ces déclarations, Téhéran a averti que le détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux, pourrait de nouveau être fermé. Avant de mettre sa menace à exécution samedi, annonçant reprendre son « strict contrôle ».
L’Iran avait « accepté de bonne foi d’autoriser le passage d’un nombre limité de pétroliers et de navires commerciaux » mais les Américains, violant leur engagement, « continuent de se livrer à des actes de piraterie sous couvert du soi-disant blocus », a dénoncé le commandement des forces armées iraniennes Khatam Al-Anbiya dans un communiqué relayé par la télévision d’Etat. « Pour cette raison, le contrôle du détroit d’Ormuz est revenu à son état antérieur, et ce passage stratégique est désormais placé sous le contrôle strict » de l’Iran, a-t-il ajouté.
« Les Américains ne peuvent imposer leur volonté de faire le siège de l’Iran », a insisté le vice-ministre des Affaires étrangères Saeed Khatibzadeh.
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Des bateaux iraniens font feu contre un pétrolier
L’agence de sécurité maritime britannique UKMTO a révélé par la suite que des bateaux iraniens avaient ouvert le feu sur un pétrolier dans le détroit, sans faire a priori de blessés.
Dans le même temps, le guide suprême Mojtaba Khamenei, invisible depuis sa nomination, a averti dans un message écrit que la marine se tenait « prête à faire goûter à l’ennemi l’amertume de nouvelles défaites ».
23 navires bloqués
Pendant la brève réouverture du détroit, au moins huit pétroliers et méthaniers ont traversé le détroit samedi, selon des données de la société de suivi maritime Kpler. Le site MarineTraffic montrait lui plus d’une dizaine de bâtiments y circulant, dont plusieurs pétroliers, certains semblant faire demi-tour.
« Depuis le début du blocus, 23 navires ont obtempéré aux directives des forces américaines leur ordonnant de faire demi-tour et de retourner en Iran », a indiqué samedi sur X le commandement central américain dans un nouveau bilan.
L’annonce de la reprise du trafic dans le détroit avait donné un coup de fouet aux marchés financiers vendredi et provoqué un fort repli des cours du pétrole, alors qu’un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux y transite habituellement.
L’espace aérien iranien partiellement rouvert
L’espace aérien de l’Iran a toutefois été partiellement rouvert samedi matin et les vols internationaux sont de nouveau autorisés à survoler l’est du pays, a annoncé l’organisation de l’Aviation civile, citée par l’agence de presse Tasnim.
Trump dit que l’uranium iranien sera « rapporté aux Etats-Unis », l’Iran dément
Donald Trump a également déclaré à l’AFP qu’un accord de paix était « très proche » et que l’Iran avait accepté de remettre son uranium enrichi, un point clé des négociations. « On va aller le chercher, on va le rapporter aux Etats-Unis sous peu », a-t-il affirmé. Les Etats-Unis vont récupérer « la poussière nucléaire » à l’aide de « beaucoup de pelleteuses », a-t-il encore déclaré. « On va avoir besoin des plus grosses pelleteuses que vous puissiez imaginer. »
Ce que l’Iran a rapidement démenti : « L’uranium enrichi de l’Iran ne sera transféré nulle part », a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, cité par la télévision d’Etat.




