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La politique norvégienne de liberté dexpression (FoRB) établit une norme mondiale – Actualités

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La Norvège a fait de la liberté de religion ou de conviction un élément fondamental de sa politique de développement international et de défense des droits humains. Son approche ne vise pas à promouvoir la religion, mais à protéger un droit universel : le droit de croire, de ne pas croire, de changer de croyance, de pratiquer sa religion, d'exprimer son désaccord, de s'organiser et de vivre libre de toute contrainte ou discrimination.

À l’heure où la liberté de religion ou de conviction est menacée dans de nombreuses régions du monde, la Norvège s’est imposée comme l’une des voix publiques les plus claires et les plus constantes d’Europe sur cette question. Sa politique s’appuie sur le cadre universel des droits humains énoncé à l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et à l’article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et se concrétise par la diplomatie, la coopération au développement, les partenariats avec la société civile et l’engagement multilatéral.

Le Ministère norvégien des affaires étrangères La Norvège affirme que son action internationale en faveur de la protection et de la promotion de la liberté de religion ou de conviction repose sur une approche fondée sur les droits humains, avec une attention particulière portée aux minorités religieuses et de conviction. Cela signifie que la Norvège ne considère pas la liberté de religion ou de conviction comme une simple question religieuse. Elle la lie à la liberté d’expression, à la liberté d’association, au droit à la vie privée, à l’égalité des sexes, aux droits des minorités et à la résilience démocratique.

Une priorité de politique étrangère, et non un slogan symbolique

La politique norvégienne se distingue par le fait qu’elle est passée du stade des simples déclarations de préoccupation. Le pays a développé une politique officielle. lignes directrices sur la liberté de religion ou de conviction Ces lignes directrices s’adressent au Service extérieur, au NORAD et aux autres acteurs Å“uvrant sur le terrain. Elles précisent que la liberté de religion ou de conviction s’adresse à tous : croyants, non-croyants, convertis, dissidents, communautés majoritaires et minorités au sein des traditions majoritaires.

Ce cadre universel est essentiel. Il empêche que la liberté de religion ou de conviction ne soit réduite à un outil géopolitique ou à une défense sélective d’une communauté au détriment d’une autre. Il témoigne également d’une compréhension approfondie des persécutions modernes, où les restrictions touchent souvent des personnes à la croisée de leurs croyances, de leur genre, de leur origine ethnique, de leur expression, de leurs associations et de leur participation civique.

La politique norvégienne évite également une erreur fréquente : celle de présenter la liberté de religion ou de conviction comme si elle était en conflit avec d'autres droits. Les lignes directrices révisées soulignent explicitement le lien entre la liberté de religion ou de conviction, l'égalité des sexes et la liberté d'expression. C'est un point crucial. Une politique crédible en matière de liberté de religion ou de conviction doit protéger les femmes et les filles contre les abus justifiés au nom de la religion, tout en protégeant les femmes religieuses, les minorités et les dissidents contre la coercition, la violence et l'exclusion.

En agissant par le biais des parlements et de la société civile

Une part importante de la contribution norvégienne est acheminée par le biais de la société civile, des organisations internationales et des réseaux spécialisés. Un exemple important en est le Panel international de parlementaires pour la liberté de religion ou de convictionL’IPPFoRB, dont le secrétariat mondial est basé à Oslo, est le seul réseau mondial non partisan de parlementaires voués à la liberté de religion ou de conviction.

L'IPPFoRB indique que son réseau compte plus de 400 parlementaires, actuels et anciens, issus d'environ 95 pays. Ses activités comprennent le renforcement des capacités, l'engagement législatif, la diplomatie parlementaire, le plaidoyer, les échanges entre pairs et la coopération régionale. Le réseau est axé sur… Charte d’Oslo, signée en 2014 par des parlementaires au Centre Nobel de la paix à Oslo.

Le modèle parlementaire est important car il permet de concrétiser le principe de la liberté de religion ou de conviction (FoRB) en changements institutionnels tangibles. Les lois relatives à l’enregistrement des personnes, à l’éducation, à la sécurité, à l’égalité, au financement public des affaires religieuses, aux discours de haine, à la lutte contre l’extrémisme et à la liberté d’association peuvent soit protéger le pluralisme, soit le restreindre insidieusement. La formation des parlementaires et le soutien au dialogue interpartisan peuvent contribuer à garantir que les minorités religieuses et de conviction ne soient pas à la merci des aléas politiques, des préjugés administratifs ou des pressions majoritaires.

Le ministère norvégien des Affaires étrangères, de concert avec le Stortinget (Parlement norvégien), soutient l’IPPFoRB en allouant des fonds dans le cadre d’un projet pluriannuel. Ce type de soutien prévisible est rare dans le domaine des droits humains, où de nombreux défenseurs dépendent de financements à court terme, précaires ou politiquement sensibles.

The European Times a déjà examiné les travaux de l’IPPFoRB et les défis politiques plus larges auxquels est confrontée la liberté de religion ou de conviction. Le soutien apporté par la Norvège à de tels réseaux montre comment un État européen de taille moyenne peut exercer une influence qui dépasse sa taille en renforçant les institutions, les législateurs et les défenseurs des droits humains plutôt qu’en se contentant de déclarations publiques.

FoRB comme moyen de prévention des conflits et de cohésion sociale

L’approche norvégienne associe également la liberté de religion ou de conviction à la prévention des conflits et à la consolidation de la paix. Non pas parce que la religion doit être politisée, mais parce que l’identité religieuse est souvent instrumentalisée dans les conflits, la mobilisation autoritaire et la fragmentation sociale.

Dans les contextes fragiles, les attaques contre les minorités religieuses ou de conviction peuvent constituer un signe avant-coureur d’un effondrement démocratique plus large. Les restrictions d’enregistrement, les accusations de blasphème, les violences collectives, les politiques de sécurité discriminatoires et la propagande contre les groupes minoritaires sont rarement des phénomènes isolés. Ils s’accompagnent souvent d’attaques plus vastes contre les médias indépendants, la société civile, les droits des femmes, les partis d’opposition et l’État de droit.

En considérant la liberté de religion comme un élément fondamental de la démocratie et des droits humains, la Norvège contribue à éloigner le débat des discours de guerre culturelle. L’objectif n’est pas de privilégier la religion, mais de protéger les personnes et les communautés contre la coercition, l’exclusion et la violence fondées sur leurs croyances, leur absence de croyances ou les croyances qu’elles sont censées avoir.

Femmes, minorités et espace civique

L’un des aspects les plus délicats de la politique norvégienne réside dans l’attention portée à l’articulation entre la liberté de religion ou de conviction et les droits des femmes. Cet aspect est fondamental. Dans de nombreux pays, les femmes et les filles subissent une double pression : la discrimination de la part des autorités étatiques ou sociales en raison de leur identité religieuse, et les restrictions au sein de leurs propres communautés, justifiées par des arguments religieux ou culturels.

Une politique sérieuse de liberté de conscience et de religion doit donc rejeter les deux formes de coercition. Elle doit défendre le droit des femmes religieuses de s’habiller, de pratiquer leur culte, de s’organiser et de s’exprimer selon leur conscience, tout en défendant le droit des femmes et des filles à l’éducation, à la santé, à l’égalité, à la protection contre la violence et à la liberté de croire ou de pratiquer une religion de manière forcée.

En Norvège, la liberté d’expression et de conviction est également liée à l’espace civique. Cela concerne notamment les cas où des organisations religieuses ou de conviction minoritaires se heurtent à des obstacles arbitraires à leur enregistrement, au harcèlement, à la surveillance, à la stigmatisation publique ou à la criminalisation. Dans de tels contextes, le soutien à la documentation, au suivi, au plaidoyer et aux actions en justice stratégiques peut s’avérer déterminant, en particulier lorsque les défenseurs locaux subissent des représailles.

Un leadership multilatéral dans un moment mondial difficile

Le rôle de la Norvège est également visible au niveau multilatéral. Elle s’engage par le biais des Nations Unies, du Conseil des droits de l’homme, de missions diplomatiques et de réseaux internationaux. Alliance de l’article 18 Elle cite la Norvège parmi ses membres, aux côtés de pays engagés dans la promotion de la liberté de religion ou de conviction à l’échelle internationale.

Cela a une importance capitale dans le contexte mondial actuel. Freedom House a signalé en 2026 que la liberté mondiale avait reculé pour la vingtième année consécutive en 2025. Ce recul démocratique affecte directement la liberté de religion ou d’opinion. Lorsque le système judiciaire s’affaiblit, que les médias sont intimidés et que la société civile est restreinte, les minorités sont généralement parmi les premières à en subir les conséquences.

Pendant des décennies, les États-Unis ont été largement considérés comme la voix internationale dominante en matière de liberté religieuse. Ce rôle demeure institutionnellement important, mais le leadership mondial repose désormais de plus en plus sur des coalitions d’États crédibles, capables de s’exprimer de manière cohérente, de financer de façon responsable et d’agir par le biais de canaux multilatéraux. Dans ce contexte, la Norvège est devenue l’un des modèles européens les plus probants.

Une norme qui doit également être appliquée à la maison

Le leadership international de la Norvège est le plus fort lorsqu’il s’accompagne d’une cohérence au niveau national. Aucun pays n’est au-dessus des lois, et la politique intérieure relative aux communautés religieuses et de conviction doit toujours être évaluée à l’aune des mêmes principes universels promus à l’étranger. Il ne s’agit pas d’une faiblesse de l’approche norvégienne, mais bien de la preuve de son sérieux.

La valeur du modèle norvégien réside précisément dans son insistance à affirmer que la liberté de religion ou de conviction n’est pas une faveur accordée à des communautés reconnues. C’est un droit inhérent à chaque être humain. Il protège la majorité comme la minorité, le croyant comme le non-croyant, le dissident comme le converti, la communauté religieuse comme l’individu qui la quitte.

Un petit pays doté d’une voix stratégique en matière de droits de l’homme

La politique norvégienne démontre que le leadership international en matière de liberté de religion ou de conviction ne requiert ni puissance militaire ni domination géopolitique. Il exige clarté, cohérence, partenariats et financements permettant à la société civile et aux institutions d’agir sur le long terme.

Dans un monde où la religion est une fois de plus instrumentalisée pour exclure, persécuter ou réduire au silence, la politique de coopération au développement de la Norvège défend une idée simple mais forte : la liberté de religion ou de conviction n'est pas une concession culturelle. C'est un droit humain universel et une condition essentielle à la paix.

Aux côtés d’autres partenaires nordiques et européens, la Norvège offre un modèle d’engagement fondé sur des principes dans un domaine souvent politiquement sensible et sujet à de nombreux malentendus. Son message est empreint de dignité mais ferme : aucune société ne peut prétendre défendre les droits humains tout en laissant des personnes en danger en raison de leur conscience, de leurs convictions, de leur incroyance ou de leur appartenance religieuse.