À partir du 15 juin 2026, les médicaments initialement destinés à traiter le diabète vont désormais être remboursés par la Sécurité sociale pour traiter des formes les plus sévères d'obésité. Une avancée pour ces patients qui jusqu'ici avaient peu de traitements médicamenteux à leur disposition. « Cela faisait des années qu'on appelait de nos vœux une prise en charge pharmacologique de cette maladie », se réjouit Karine Clément avant de détailler : « Depuis les années 1980, la recherche a identifié ces hormones fabriquées par l'intestin et qui agissent à la fois sur la production d'insuline et sur des zones cérébrales qui contrôlent la prise alimentaire et la satiété », rappelle la professeure Karine Clément.
Tandis que ces hormones naturelles sont sécrétées puis vite détruites par l'organisme sur une personne en bonne santé, leurs répliques pharmacologiques permettent d'être libérées en plus haute dose et sur une plus longue période. « On s'est rendu compte que si l'on augmentait les doses, il y avait un effet sur le contrôle du poids », constate-t-elle.
Une avancée de la prise en charge de l'obésité ou un risque de détournement ?
Selon la professeure et présidente de l'association française d'étude et de recherche sur l'obésité, « le mésusage serait d'utiliser cette molécule pour un stade qui n'est pas pathologique ». Par exemple pour répondre à l'injonction sociale du ‘summer body'. C'est déjà le cas aux États-Unis où des influenceurs en font la promotion sur les réseaux sociaux, mais la France, où l'on obtient la molécule uniquement sur ordonnance, reste relativement épargnée par ce phénomène, considère Karine Clément.
Pourtant l'hépato-gastro-entérologue Gabriel Perlemuter rappelle que « même si l'on y voit un extrême du mésusage, on y voit aussi l'épidémie d'obésité et de surpoids reculer pour la première fois ». Il estime qu'il s'agit d'une solution à des problèmes de surpoids et d'obésité pour des personnes en souffrance depuis de nombreuses années. « C'est une vraie réussite [à condition que l'on soit] dans les indications thérapeutiques (…) Enfin ! Vous voyez les patients sourire, enfin vous voyez les patients aller mieux », souligne ce médecin, pour peu que ce traitement s'accompagne d'une prise en charge globale qui agit sur l'alimentation du patient et d'un suivi personnalisé.
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