L’armée américaine a annoncé avoir abattu deux drones d’attaque iraniens qui menaçaient, selon elle, le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, aucune solution ne se profilant pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient qui entre dimanche dans son 100e jour.
En ces plus de trois mois, la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines, a embrasé le Moyen-Orient et fait vaciller l’économie mondiale.
Des navires ancrés dans le détroit d’Ormuz, au large de la ville portuaire de Khasab, sur la péninsule de Musandam, au nord d’Oman. (Photo d’archives)
Photo : Getty Images
Et pendant que Donald Trump cherche une issue à ce conflit impopulaire aux États-Unis, la République islamique d’Iran se targue de leur avoir infligé un revers cuisant
, malgré la mort de plusieurs de ses hauts dirigeants et de milliers de civils.
À Téhéran, l’incertitude et le marasme économique pèsent sur le quotidien des habitants.
J’ai l’impression que cette situation va perdurer pour un moment – une sorte d’état suspendu, où les uns tirent des missiles, les autres lancent des drones, et je doute que tout cela aboutisse à une véritable stabilité
, confie à l’AFP Farhad, un chef cuisinier de 35 ans.
Des choses que l’on aurait pu envisager d’acheter il y a quelques mois seulement sont désormais devenues des rêves et des contes de fées
, ajoute-t-il.
Elaheh, coach sportive de 32 ans à Ahvaz (sud-ouest), livre le même sentiment. On essaie seulement de survivre. Nous avons renoncé à tout : d’abord aux loisirs, puis au magasinage, ensuite, les repas ont rétréci
face à une inflation galopante.
Missive au guide
Si les négociations de paix semblent au point mort, le médiateur pakistanais poursuit ses efforts, avec une nouvelle visite à Téhéran du ministre de l’Intérieur, Mohsen Naqvi, qui a remis une lettre spéciale
au chef de la diplomatie iranienne, selon la télévision d’État.
Adressée au guide suprême Mojtaba Khamenei, elle contient un message très important
, a souligné M. Naqvi sans en dévoiler le contenu.
L’Iran et les États-Unis sont restés peu prolixes ces derniers jours sur les pourparlers, loin des déclarations positives de fin mai sur un protocole d’accord en phase de finalisation.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne s’est borné dimanche à qualifier le processus de laborieux
.
Le principal problème lorsqu’on négocie avec cette administration [américaine, NDLR], c’est qu’il faut faire face à tant de changements de position
et des déclarations contradictoires de différents responsables
, a déclaré Esmaïl Baghaï sur la chaîne CNN.
Frappes sur Beyrouth
Depuis la trêve du 8 avril, les hostilités avaient quasiment cessé. Mais elles ont récemment repris, en particulier autour du détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique pour les hydrocarbures verrouillée par Téhéran.
Dans la nuit, l’armée américaine a annoncé avoir abattu deux drones d’attaque iraniens à usage unique qui « menaçaient le trafic maritime international ». (Photo d’archives)
Photo : La Presse canadienne / Associated Press / Vahid Salemi
Dans la nuit, l’armée américaine a annoncé avoir abattu deux drones d’attaque iraniens à usage unique qui menaçaient le trafic maritime international dans le détroit
, et dit se tenir en alerte
.
Parallèlement, les hostilités se poursuivent sur l’autre front du conflit, au Liban, d’où ont été tirés dimanche des projectiles vers Israël, malgré un cessez-le-feu théoriquement en vigueur.
Des nuages de fumée, vus de Nabatieh, s’élèvent du sud du Liban à la suite des frappes israéliennes, le dimanche 7 juin 2026.
Photo : Reuters
En représailles, l’armée israélienne a frappé la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien.
Le porte-parole de la Commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Parlement iranien, Ebrahim Rezaï, a menacé sur X d’une riposte ferme et douloureuse
à cette attaque.
Si les États-Unis voulaient traiter les deux dossiers séparément, Téhéran exige que tout accord avec Washington englobe la fin des hostilités au Liban.
Le chef de l’armée libanaise se trouve d’ailleurs actuellement au Pakistan pour rencontrer son homologue Asim Munir, principal médiateur dans les pourparlers entre les États-Unis et l’Iran.
Flou sur le mondial
Liban, avoirs iraniens gelés à l’étranger, sort du stock d’uranium hautement enrichi, contrôle du détroit d’Ormuz : il reste encore des points de tensions assez insurmontables
, commente pour l’AFP Héloïse Fayet, chercheuse de l’Institut français des relations internationales (Ifri), qui s’appuie sur une sorte d’enlisement du conflit
.
Sur la question des avoirs, essentielle pour l’Iran asphyxié par des décennies de sanctions internationales, le président américain prévient qu’il ne débloquera pas l’argent avant un accord avec Téhéran, dans une interview diffusée dimanche.
Selon une source proche du dossier, le Trésor américain examine la possibilité que les avoirs puissent, au lieu d’être versés à l’Iran, servir à dédommager les pays du Golfe, cibles de frappes iraniennes.
De quoi tendre encore le climat entre les deux pays, qui s’affrontent aussi sur le terrain footballistique.
Des membres de l’équipe nationale iranienne de soccer, dont le milieu de terrain Alireza Jahanbakhsh (à droite), arrivent à l’aéroport international de Tijuana au Mexique, le 7 juin 2026.
Photo : Getty Images / Mario Tama
Le flou demeure sur les autorisations d’entrée aux États-Unis des joueurs iraniens pour la Coupe du monde, alors qu’une partie de l’encadrement n’a pas obtenu de visa.
L’équipe est arrivée dimanche à Tijuana, au Mexique, son camp de base, sachant que les trois rencontres de la phase de groupes sont prévues aux États-Unis, dont la première, à Los Angeles le 15 juin face à la Nouvelle-Zélande.





