Le Pentagone devrait renoncer à déployer des missiles Tomahawk en Allemagne, en partie pour ne pas provoquer la Russie. Un recul brutal qui s’inscrit dans un désengagement américain plus large de l’OTAN, et laisse Berlin face à un vide stratégique qu’il peine à combler.
Un nouveau coup dur pour la défense allemande. Selon les informations du média Politico, le Pentagone devrait annuler le déploiement de missiles Tomahawk en Allemagne. La décision, qui n’a pas encore été confirmée, représente un revirement majeur par rapport à un accord conclu sous l’administration Biden. Selon deux responsables européens et un responsable américain, Washington craint que Moscou ne perçoive ce déploiement comme une provocation et ne choisisse d’y répondre militairement.
Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, avait pourtant formulé une demande officielle d’achat de ces missiles il y a plus d’un an et demi. « Nous attendons toujours une réponse. Mais pour être honnête, étant donné l’état actuel du monde, je n’ai pas beaucoup d’espoir », a-t-il déclaré à la télévision publique allemande le mois dernier. Le chancelier Friedrich Merz avait lui-même anticipé le refus en mai, estimant que les États-Unis n’avaient « pas assez pour eux-mêmes en ce moment ».
 L’explication de ce probable rétropédalage s’explique par les intenses opérations militaires américaines depuis le début de l’année. Les stocks de missiles Tomahawk et Patriot ont été lourdement entamés lors des premières semaines de la guerre contre l’Iran. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a reconnu devant le Congrès le mois dernier qu’il faudrait « des mois et des années » pour reconstituer les munitions dépensées dans ce conflit.
Des alternatives européennes
Le retrait sur les Tomahawk s’inscrit dans un mouvement plus large. Cette semaine, lors d’une conférence trimestrielle des chefs militaires de l’OTAN, Washington a annoncé de nouvelles réductions de sa présence en Europe : moins de chasseurs, moins de drones, moins d’unités navales. Le Pentagone avait déjà annulé au printemps le déploiement de 5 000 soldats américains en Allemagne. Ce retrait ramène les effectifs américains sur le sol allemand à leur niveau d’avant la guerre en Ukraine.
Face à ce vide, Berlin cherche des alternatives. Les responsables allemands explorent des options européennes pour compenser l’absence de frappe de précision à longue portée, mais reconnaissent que drones et systèmes moins coûteux ne constituent pas un remplacement équivalent aux Tomahawk.Â





