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Le président américain Donald Trump prend la parole tandis que le secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth (à droite), l'écoute lors d'une réunion du Cabinet dans la salle du Cabinet de la Maison-Blanche, le 27 mai 2026 à Washington, DC.
Un pas en avant, deux pas en arrière. Alors que Donald Trump devait prendre une « décision finale » sur un éventuel accord prévoyant une extension de 60 jours du cessez-le-feu avec Téhéran ce vendredi, la réunion qui a duré deux heures, n'a débouché sur aucune annonce.
Pire encore, Washington a accentué la pression sur Téhéran, ce samedi 30 mai, affirmant avoir les moyens de repartir en guerre contre l'Iran. Les États-Unis ont affirmé qu'un accord de paix ne sera possible que si leurs « lignes rouges sont satisfaites ».
L'incertitude règne donc plus que jamais quant à l'issue des discussions entre les deux pays, après les affrontements les plus graves cette semaine depuis l'entrée en vigueur de la trêve le 8 avril.
« L'Iran doit accepter qu'ils n'auront jamais d'arme nucléaire. Le détroit d'Ormuz doit être ouvert immédiatement » et Téhéran doit s'engager à le déminer, a énuméré avant la réunion de vendredi le président Donald Trump sur son réseau Truth Social. Il a également demandé, tout en lettres capitales, à ce que le stock d'uranium hautement enrichi de l'Iran soit « DETRUIT ».
Dans la soirée, un responsable de la Maison Blanche a affirmé à l'AFP que « le président Trump ne signera un accord que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites ». « L'Iran ne peut pas avoir d'arme nucléaire », a répété ce responsable.
« Aucun accord final n'a été conclu »
« Les échanges se poursuivent mais aucun accord final n'a encore été conclu », a affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmaïl Baghaï, en réaction aux propos de Donald Trump. Il a par ailleurs démenti toute discussion à ce stade sur la question nucléaire et a défendu « la situation spéciale » du détroit stratégique d'Ormuz, en raison de sa localisation géographique dans les eaux territoriales de l'Iran et d'Oman.
Parmi les autres points de contentieux, le pouvoir iranien cherche à obtenir le déblocage de 24 milliards d'avoirs gelés à l'étranger, avec le versement d'une première moitié dès la conclusion du protocole d'accord. Mais Donald Trump a affirmé vendredi qu'il n'y aurait « aucun échange d'argent pour le moment ».
« Tout à fait capables » de reprendre les hostilités
Dans ce contexte, le ministre américain de la Défense Pete Hegseth a affirmé que les États-Unis étaient « tout à fait capables » de reprendre les hostilités contre l'Iran « si nécessaire ».
« Nos stocks sont largement adaptés à cet objectif, tant sur place que dans le reste du monde, compte tenu de la manière dont nous équilibrons des munitions de haute technologie et d'autres produites en plus grande quantité », a-t-il déclaré pendant le Dialogue de Shangri-La, un forum sur la défense à Singapour.
Au Liban, l'armée israélienne étend sa zone de combat
De son côté, Téhéran réclame la fin des combats sur tous les fronts, en particulier au Liban où s'affrontent son allié, le Hezbollah, et Israël. Une trêve en vigueur depuis le 17 avril n'a jamais été respectée. L'armée israélienne a encore étendu vendredi sa « zone de combat » dans le sud du Liban, tout en poursuivant ses frappes.
Le président libanais Joseph Aoun a souligné auprès du chef de la diplomatie américaine Marco Rubio qu'un arrêt des hostilités était un « passage obligé » avant toute avancée diplomatique. Selon le dernier bilan officiel, les frappes israéliennes ont tué au Liban 3 355 personnes depuis le début de la guerre début mars.
À Téhéran, les habitants suivent désabusés ces tractations diplomatiques. « Les deux camps tiennent des propos destinés à satisfaire leurs partisans. Il est difficile de savoir qui dit la vérité », commente Ali, un Iranien de 49 ans originaire de Tonekabon, sur la mer Caspienne.
La guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine contre l'Iran, a fait des milliers de morts, et ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole. Les marchés font eux le pari d'un accord, avec des cours du brut au plus bas depuis plus d'un mois.





