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 Si tu aimes ton sport, tu nas pas besoin de tarrêter sur les moqueries  : Tyron Bebey Dissake, virtuose du Twirling Bâton Montois et champion de France dune discipline encore très féminine

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Ce titre, décroché lors de la finale nationale des 6 et 7 juin 2026 à Auxerre (yonne), s'ajoute à deux précédentes médailles nationales (deuxième en solo N3 en 2022 et deuxième en équipe cadette N2 en 2023).

Depuis ses 8 ans

Licencié au Twirling Bâton Montois depuis 2018, Tyron confie pratiquer cette discipline « pour la gagne, mais aussi pour prendre du plaisir ». Pourtant, tout n'a pas été si simple, à ses débuts. Comme bien des garçons de son âge, Tyron s'épanouit d'abord dans le football et, alors qu'il découvre le twirling en voyant sa sœur en faire, il tarde à se lancer dans l'aventure.

« Au tout début, ma mère n'était pas d'accord car elle pensait que ce n'était pas un sport pour les garçons », avance-t-il. Comptant plus de 92 % de féminines sur 26 000 licenciés en 2026, ce qui en fait la fédération la plus féminisée en France, la FFSTB (Fédération française sportive de twirling bâton) pâtit en effet d'une image de sport féminin qui lui colle à la peau et qu'elle tente de bousculer.

De la frustration au titre

Mais Tyron persiste et finit par convaincre son entourage de le laisser s'inscrire en club. Sa mère l'encourage dans sa démarche et le garçon arrive sur la pointe des pieds aux entraînements loisirs. Très vite, il donne la sensation de se distinguer des autres garçons, admet Vanessa Diart, présidente actuelle du Twirling Club Montois : « Il avait à peine un an de bâton. Et l'année d'après, il a fait de la compétition directement. »

Pourtant là encore, Tyron peine à se concentrer sur la pratique et fait face à un nouvel obstacle : le regard de ses camarades. Lui-même admet avoir songé plusieurs fois à arrêter. Car la pression est forte et les paroles sont lourdes de sens. « On a souvent des moqueries, mais on passe au-dessus. Parce que si tu aimes ton sport, tu n'as pas besoin de t'arrêter sur les moqueries. »

Les années passent, le jeune homme prend de l'assurance et n'a plus peur de s'affirmer. Sa mère confie que les regards ont changé lorsque les premières médailles nationales sont arrivées. « Au départ, il ne parlait pas de son sport. Et là, quand ses amis garçons ont vu sur les réseaux qu'il remportait des médailles, beaucoup l'ont félicité. »

Revanchard de sa sixième place en solo junior de l'année précédente, Tyron capitalise sur ses échecs passés, s'entraînant six heures par semaine, accompagné par sa coach, Carla Spring, ainsi que par la chorégraphe Sabrina Péan. « Je suis très compétitif, donc chaque fois que je vais perdre, ça va me frustrer. Je veux toujours donner le meilleur de moi-même », explique-t-il pour justifier sa première place aux championnats de France devant les cinq autres garçons qualifiés.

Le symbole d'un club qui grandit

Derrière ce parcours, il y a aussi l'histoire d'un club. Le Twirling Bâton Montois a connu des hauts et des bas depuis sa création en 1978. Mais depuis quelque temps, il revit grâce à ses résultats, sa présence au forum des associations et ses représentations qui attirent : « On a fait des représentations en partenariat avec Intersport. C'est la première année qu'on le faisait et ça nous a ramené du monde », détaille la présidente du club.