Home Sport Cest notre héros: Remko Bicentini, le monsieur football de Curaçao

Cest notre héros: Remko Bicentini, le monsieur football de Curaçao

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Dans le stade Dr-Antoine-Maduro, les cris de joie fusent tandis que les larmes coulent encore sur certaines joues. Les huitièmes de finale de la Coupe du monde des enfants, organisée entre les écoles de l'île, viennent de rendre leur verdict. Son organisateur, Remko Bicentini, réconforte les perdants et félicite les vainqueurs. Tous cherchent un peu de son attention, comme Edsel*, les yeux levés vers l'ancien capitaine de la sélection. « Pour nous, c'est notre héros », admet-il.

« La plupart des enfants qu'on accompagne sont orphelins »

À Curaçao, « tout le monde admire Remko », s'amuse Valentino Chance, qui l'épaule au quotidien au sein de la Fondation Bicentini. Issu d'une fratrie de neuf enfants, Remko Bicentini a grandi dans des conditions modestes auprès d'un père lui aussi footballeur professionnel. Après une carrière en Europe, il a choisi de consacrer son énergie à la jeunesse de son île.

Sa fondation aide les jeunes à trouver leur voie. « La plupart des enfants qu'on accompagne sont orphelins ou ont des parents défaillants, explique-t-il. Mais le football devient un repère paternel pour eux. Il leur offre un cadre, une discipline, et un espace d'expression. » Cette conviction guide son action depuis des années. Il croit à son pouvoir d'émancipation.

« Et si nous nous qualifions pour le Mondial 2030 ? »

Mais encore faut-il disposer des infrastructures. Curaçao ne compte qu'une quinzaine de stades sur l'ensemble de son territoire. Bien trop peu. D'autant que la culture du football de rue y est peu développée. Ici, pas de parties improvisées sur la plage comme au Brésil, ni de matchs qui s'éternisent au pied des immeubles comme dans certaines banlieues françaises. Le football s'apprend d'abord dans les clubs. Encore un héritage de la tradition néerlandaise.

La qualification pour la Coupe du monde pourrait toutefois changer la donne. La fédération percevra au moins 7,7 millions d'euros pour sa participation. Remko Bicentini espère voir une partie de cette somme réinvestie dans le football de jeunes et regarde déjà plus loin : « Et si nous nous qualifions pour le Mondial 2030 ? »

*Le prénom a été modifié.