Home Sport Final Four de la Ligue des Champions. Metz Handball : Katya Andryushina,...

Final Four de la Ligue des Champions. Metz Handball : Katya Andryushina, le phénix qui vivait mieux à lombre

20
0

Sa discrétion est à la hauteur de son palmarès. Ekaterina Andryushina, double championne du monde (2007 et 2009), médaillée d'argent aux JO de Pékin (2008) et vice-championne d'Europe (2006), présente une jolie carte de visite. Il y a quinze ans, le président de Metz Handball Thierry Weizman l'annonçait en parlant d'« une joueuse de classe mondiale, sans équivalent en France ». Dont on pourrait, dès lors, régulièrement suivre l'évolution dans la maison Jaune et Bleu, car la joueuse qui était incontournable est devenue une cadre incontournable.

« S'il y a une maman qui rassure, c'est Katya »

Mais la Russe a deux passions : le handball et… ne pas faire de bruit. Pourtant, l'Arlésienne des Arènes aurait toute légitimité à causer dans le micro, eu égard à son niveau et au caractère dont elle sait faire preuve. Une illustration ? En 2012, trois jours après une luxation de l'épaule, la demi-centre décide quand même de jouer contre Valcea pour tenter de rejoindre les demi-finales de la Ligue des champions.

Deux ans plus tard, elle franchit le pas pour passer du terrain au banc, comme coach adjointe de Jérémy Roussel puis d'Emmanuel Mayonnade. Un rôle taillé pour elle, ne serait-ce que par sa nature rassurante. « Dans l'équipe, s'il y a une maman qui rassure, c'est Katya », déclarait Xenia Smits il y a quelques semaines. Mais on n'assiste pas le coach d'une grosse cylindrée du hand féminin européen uniquement parce que l'on est douce. Son savoir-faire et l'œil qu'elle porte sur le jeu étaient ses meilleurs atouts pour le rôle.

L'ancienne pivot messine Nina Kanto le sait bien : « C'est une joueuse extraordinaire, qui était en avance sur son temps en termes de vision du jeu. J'ai le souvenir des JO de Pékin 2008 : elle avait fait mal, contre la France. À Metz Handball, elle nous a apporté beaucoup, avec sa culture des pays de l'Est, dans le jeu avec le pivot. Elle m'a permis de me développer sur ce poste. »

Ce contenu est bloqué car vous n’avez pas accepté les cookies et autres traceurs.

En cliquant sur « J'accepte », les cookies et autres traceurs seront déposés et vous pourrez visualiser les contenus (plus d’informations).

En cliquant sur « J'accepte tous les cookies », vous autorisez des dépôts de cookies et autres traceurs pour le stockage de vos données sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment en consultant notre politique de protection des données.
Gérer mes choix


Final Four de la Ligue des Champions. Metz Handball : Katya Andryushina, le phénix qui vivait mieux à lombre

L'ancienne pivot connaît la discrétion légendaire de la coach adjointe et assure que ce désamour pour la lumière publique n'est pas gênant. « Oui, c'est quelqu'un qui ne se met pas en avant mais qui sait s'exprimer quand il le faut ! À l'entraînement, elle sait accompagner les joueuses, réguler, ajuster certains savoir-faire, défensifs comme offensifs. Elle ne se mettra jamais dans la lumière mais c'est une super travailleuse de l'ombre ».

« Dans sa tête, la méchanceté n'existe pas »

Renaître professionnellement, presque une habitude, pour l'entraîneure adjointe à l'âme de phénix. Quand Metz la recrute le 15 avril 2011, la joueuse est alors à l'arrêt depuis un an, en raison d'un problème cartilagineux à un genou. Elle donnera pourtant satisfaction. À cette époque, la même Nina Kanto déclarait dans la presse : « C'était ma joueuse préférée lors du Mondial 2009. Elle sait tout faire ».

En novembre 2018, un autre pilier du club affirmait : «  J'adorais la joueuse qu'elle était, c'était ma préférée  ». Le compliment vient d'un certain Emmanuel Mayonnade.

L'ex-ailière gauche serbe de Metz Handball Svetlana Ognjenovic évoque avant tout la bonne nature de son amie : « Je l'ai connue à son arrivée à Metz. C'était une joueuse extraordinaire, tout le monde le sait. C'est une copine à moi, une très bonne personne, magnifique et parfaite. Hyper gentille ! Dans sa tête, la méchanceté n'existe pas. »

Cette bonté, ce serait presque un problème. « En tout cas, peut-être son seul vrai défaut », estime son époux Bertrand Barbier. Après un temps de réflexion pour trouver un hiatus dans la nature de sa compagne, il abdique. « En fait, c'est difficile de trouver un défaut quand on parle de quelqu'un qui n'a d'animosité envers personne. Il n'y a pas un pet de méchanceté en elle, Katya est d'une extrême gentillesse. C'est sa force et sa faiblesse. Elle peut même se retrouver piégée à cause de ça, à vouloir perpétuellement être là pour aider les autres. »

« Son rôle d'adjointe lui va à ravir »

Lui qui a rencontré Katya à Metz Handball, quand il y était préparateur physique , l'a vue à l'œuvre dès le début comme joueuse, puis dans ses fonctions actuelles. « C'est une personne très respectueuse, très travailleuse, qui s'arrête très peu. Perfectionniste car elle déteste la défaite : elle l'a très peu connue et dans sa culture, la défaite n'est pas banalisée ».

Ces racines sportives plantées dans la terre russe expliqueraient cette rigueur mais aussi son appétence pour se tenir loin des micros. « En Russie, à l'époque, il y avait deux coaches qui prenaient de la place et les joueuses ne prenaient pas la parole après les matches », explique-t-il.

Il confirme bien sûr le caractère ultra réservée de la coach adjointe de Metz Handball : « Au début, elle était dans les médias car elle était sur le devant de la scène et qu'elle était très sollicitée. Mais Katya est une personne très simple et, comme le français n'est pas sa langue maternelle, elle a peur de faire des fautes de français, elle qui est très méticuleuse. Et puis naturellement, ce n'est pas une grande communicante ; son rôle d'adjointe lui va à ravir ».

Pas une amoureuse des zones mixtes où se font les interviews post match, c'est certain. « Tout ce qui est stars, sponsors, bien passer avec tout le monde, serrer des paluches au VIP, c'est pas trop son truc ! Après le match et le discours de Manu (Mayonnade) , ce qui intéresse Katya, c'est récupérer nos deux fils pour aller dans la petite salle derrière pour jouer au hand avec eux ! »

Son temps libre se partagera souvent entre ces trois personnes : « Les enfants et moi. » Parfois pour faire des jeux de société ou lire des livres en russe à ses deux garçons, parfois pour parler du boulot avec Bertrand « mais ça reste rare : quand on est ensemble, on aime qu'il y ait une coupure avec nos boulots (lui, est préparateur physique au FC Metz). »

La Slave de 41 ans, coach adjointe depuis plus de douze ans, ne semble pas rattrapée par la routine : « Elle n'est ni fatiguée ni blasée. Je ne sens pas du tout de lassitude dans son travail. Ce qui fait sa force, c'est sa capacité à perpétuellement se remobiliser ! »

Et se réinventer dans son travail, comme en février 2019, quand elle endosse le costume de coach assistante du sélectionneur des Pays-Bas , son compère Mayonnade.

Ses plaisirs, c'est finalement cela : sa famille, se renouveler, se concentrer sur son job. Et, surtout, le faire loin des projecteurs.