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REPORTAGE. Pacho ma touché la main, je te jure ! : au cœur de la parade du PSG, après sa nouvelle victoire en Ligue des champions

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Du Champ-de-Mars au Parc des Princes, des dizaines de milliers de personnes ont déferlé sur Paris pour célébrer le deuxième sacre européen d’affilée du PSG.


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REPORTAGE. Pacho ma touché la main, je te jure ! : au cœur de la parade du PSG, après sa nouvelle victoire en Ligue des champions

Des centaines de supporters ont acclamé les joueurs du PSG, le 31 mars 2026, à l’occasion d’une parade sur le Champ-de-Mars. (RAPHAEL GODET / FRANCEINFO)

Au bord des larmes, Ethan Gigot fonce vers son copain. “Willian Pacho m’a touché la main, je te jure, s’empresse-t-il de lui annoncer, en secouant de joie son maillot. J’ai envie de pleurer, truc de fou !” Pour approcher de si près le coriace défenseur du PSG, le supporter de 16 ans a lui-même dû jouer de l’épaule et patienter pendant “quatre bonnes heures”, coincé contre les barrières de sécurité, dimanche 31 mai. “Mais ça valait le coup d’attendre, quel bonheur c’est de les voir en vrai”, souffle l’adolescent originaire de Seine-Saint-Denis.

Car c’est avec plus d’une heure de retard que les héros de Budapest ont finalement foulé les 600 mètres de tapis rouge et bleu, installé exprès sur le Champ-de-Mars. Pendant qu’Ousmane Dembélé lâchait quelques petits pas de danse, Khvicha Kvaratskhelia faisait tournicoter dans les airs la Coupe aux “grandes oreilles”, que le club de la capitale ramène à la maison pour la deuxième année de suite, après sa victoire en finale de la Ligue des champions contre Arsenal, samedi 30 mai.

Pour apercevoir leurs héros, certains sont grimpés dans les arbres, d’autres ont escaladé les urinoirs. Avec la tour Eiffel au fond, la photo a “de la gueule”. Monté sur les épaules d’un adulte, Rayane, 8 ans, croit avoir reconnu Désiré Doué. Le voilà qui le salue façon reine d’Angleterre. Mais la plus émue dans l’histoire, c’est sa maman, Ophélie. “On a roulé toute la nuit depuis les Landes pour être ici. On fait 8 heures de route, 750 kilomètres, sans nous arrêter, sans dormir, confie-t-elle. On a fait ça pour le petit, il est fan absolu de foot et du PSG”.

Rayane a fait la route en famille depuis les Landes pour assister à la parade des joueurs du PSG, le 31 mai 2026. (RAPHAEL GODET / FRANCEINFO)

Rayane a fait la route en famille depuis les Landes pour assister à la parade des joueurs du PSG, le 31 mai 2026. (RAPHAEL GODET / FRANCEINFO)

Pour espérer toucher leurs chouchous des yeux, ces dizaines de milliers de supporters du Paris Saint-Germain ont bien souvent dû bousculer leur programme dominical. L’entrée sur le Champ-de-Mars n’était autorisée qu’à 14 heures. Mais dès 11h40, des premiers groupes étaient déjà en position. Une marée humaine et un océan de bleu ont envahi chaque coin d’herbe. Des familles, des gens seuls, des bandes de copains, des grands-parents avec leurs petits-enfants, des collègues de travail. Luc Chioux préfère prévenir quiconque l’approcherait : “Je porte le même maillot depuis hier midi !” Le PSG annonçait entre “85 000 et 90 000 personnes”. Au vu des images tournées par l’hélicoptère, c’était certainement moins, mais peu importe.

François Huaumé a pris un Blablacar à 8h45 depuis Le Mans. “L’an dernier, j’étais malade à crever, raconte le plaquiste. La parade, je l’avais vue depuis mon lit, dans la chambre, avec 40 de fièvre. J’avais les boules. Alors cette année, c’est double dose”. Quant aux devoirs de Yaya, 8 ans, ils attendront : priorité au PSG : “J’ai dit à ma classe de CE2 que je prendrais une photo de Dembélé”, lâche-t-il, l’Å“il pétillant, maillot du club sur le dos.

Yaya, 8 ans, avec son oncle Nourdine, le long du Champ-de-Mars, à Paris, le 31 mai 2026. (RAPHAEL GODET / FRANCEINFO)

Yaya, 8 ans, avec son oncle Nourdine, le long du Champ-de-Mars, à Paris, le 31 mai 2026. (RAPHAEL GODET / FRANCEINFO)

Debout sur un bloc de béton, tee-shirt froissé, sorti du bermuda, Youssouf refait sa soirée de la veille avec un ami au téléphone : “J’ai dormi dans ma voiture, mon gars, dans le quartier, pour être tout proche de la parade”, s’égosille-t-il, la voix cassée.

A vrai dire, la nuit a été courte pour tout le monde. Rangers aux pieds, Momo tire une balustrade sur un trottoir. “J’ai reçu la confirmation à 22 heures que mon employeur avait bien besoin de moi pour installer 400 mètres de barrières”.

Des centaines de supporters ont acclamé les joueurs du PSG, le 31 mars 2026, à l'occasion d'une parade sur le Champ-de-Mars. (RAPHAEL GODET / FRANCEINFO)

Des centaines de supporters ont acclamé les joueurs du PSG, le 31 mars 2026, à l’occasion d’une parade sur le Champ-de-Mars. (RAPHAEL GODET / FRANCEINFO)

Avenue de la Bourdonnais, des agents de la Ville de Paris terminent de nettoyer les ultimes traces d’une nuit mouvementée. Ici, ce qu’il reste du couvercle calciné d’une poubelle. Là, ce qui ressemble à une plaque d’égout. Plus loin, des débris de verre.

Au niveau du numéro 40, voilà que le serveur d’un restaurant, chemise blanche immaculée, chantonne l’hymne du PSG. “Après tant d’annéeeees, de galère et de combaaaaat…”. Hilares, des touristes américaines de passage s’empressent de sortir leur téléphone pour capter la scène. Même les policiers, pistolets à la ceinture, finiront par lâcher un sourire.

Le président du PSG, Nasser al-Khelaïfi, prend la parole sur la pelouse du Parc des Princes, le 31 mai 2026. (RAPHAEL GODET / FRANCEINFO)

Le président du PSG, Nasser al-Khelaïfi, prend la parole sur la pelouse du Parc des Princes, le 31 mai 2026. (RAPHAEL GODET / FRANCEINFO)

Quelques fumigènes plus tard, il est déjà temps pour Luis Enrique et les 24 joueurs de remonter dans le bus. 19 heures : les doubles champions d’Europe doivent filer à l’Elysée où les attend Emmanuel Macron. “Vous nous avez fait vibrer jusqu’à la dernière seconde. C’est la fierté de Paris et de la France toute entière”, a salué, beau joueur, le président de la République, lui que l’on sait plutôt supporter de l’Olympique de Marseille.

Avant de partir se reposer, les héros du 30 mai avaient un dernier rendez-vous à honorer, à la maison, dans leur jardin du Parc des Princes. Quand le président du club Nasser al-Khelaïfi a posé le trophée au milieu de la pelouse vers 22 heures, quand Marquinhos a été jeté en l’air par ses coéquipiers, Rayane et sa famille avaient déjà repris la route du retour, direction les Landes. Ils devraient arriver au petit matin.