La vague de chaleur qui concerne la France depuis plusieurs jours pourrait-elle avoir son équivalent de l'autre côté de l'Atlantique dans quelques jours ? En Amérique du Nord, où se tiendra la Coupe du monde du 11 juin au 19 juillet, les températures caniculaires sont devenues courantes dans de nombreuses villes. Avec elles, l'humidité, les orages et les feux de forêt, également indissociables de l'été nord-américain, pourraient aussi perturber la compétition.
La Coupe du monde des clubs, qui a servi l'an passé de répétition générale au Mondial, a vu six matches être retardés par des conditions météorologiques extrêmes. Un phénomène qui, selon les scientifiques, pourrait devenir de plus en plus fréquent à mesure que les gaz à effet de serre continuent de réchauffer la planète.
Ces retards avaient déjà suscité des critiques, et certains remettaient même en question l'organisation de la Coupe du monde cet été. Alors entraîneur de Chelsea, Enzo Maresca avait qualifié ces retards de « farce » ayant notamment perturbé la concentration de ses joueurs.
Un quart des matches affectés par la chaleur ?
La principale inquiétude concerne surtout les orages, lesquels entraînent régulièrement des interruptions de matches aux États-Unis. En règle générale, un délai obligatoire de 30 minutes est imposé dès qu'un éclair frappe dans un rayon d'environ 15 kilomètres. Et chaque éclair supplémentaire déclenche une nouvelle pause d'une demi-heure.
S'il n'y a « pas encore vraiment de tendances marquées », le changement climatique incite les scientifiques à envisager clairement « une augmentation de la fréquence des éclairs » dans certaines régions des États-Unis, juge Kelsey Malloy, de l'université du Delaware.
Ziqin Ding, chercheur à l'université de Floride, souligne lui que les stades sont généralement bien protégés. Mais des coups de foudre à proximité pourraient tout de même « entraîner l'interruption des événements organisés dans les stades », ajoute-t-il.
Si quelques stades du Mondial sont équipés d'un toit, de la climatisation ou des deux (à Atlanta, Dallas, Houston, Los Angeles et Vancouver), beaucoup sont encore à ciel ouvert. En cas de dégradation des conditions météorologiques, cela pourrait entraîner des retards et exposer les joueurs et les supporters à des températures accablantes.
Pétition de joueurs pour que la Fifa prenne « ses responsabilités »
Lors du Mondial des clubs l'an dernier, de nombreux matches se sont déroulés par une température supérieure à 32°C, l'humidité rendant la chaleur encore plus difficile à supporter. Dans un récent rapport, des climatologues ont même indiqué qu'une « chaleur éprouvante » pourrait affecter un quart des matches du Mondial-2026, à commencer par la finale.
Pour la santé des joueurs, la Fifa a imposé des pauses rafraîchissantes durant les matches. Mais il est possible que certains joueurs « ne soient tout simplement pas capables de jouer avec l'intensité à laquelle ils sont habitués », affirme le docteur Chris Mullington, de l'Imperial College de Londres.
Un groupe de joueurs professionnels actuels et anciens, mené par le Norvégien Morten Thorsby, a récemment remis une pétition à la Fifa décrivant les effets de la chaleur. Ils y exhortent également la Fifa à « prendre ses responsabilités pour y faire face ». Mais les solutions ne sont pas nombreuses, et le temps presse.






