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Michel Rodriguez : Animés par lesprit Paillade

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À la veille de la finale de la Coupe Gambardella-Crédit Agricole face au Paris Saint-Germain, l'entraîneur des U18 du Montpellier Hérault Sport Club, vainqueur de l'épreuve en 1996, revient sur le parcours courageux de son groupe, fidèle à l'esprit pailladin du MHSC.

Pur produit de la Paillade et vainqueur de l'épreuve avec Montpellier en 1996, Michel Rodriguez s'apprête à disputer vendredi une nouvelle finale de Coupe Gambardella-Crédit Agricole, cette fois dans la peau d'entraîneur. Trente ans après son sacre comme joueur, le technicien montpelliérain revient sur le parcours remarquable de ses U18, l'importance historique de la compétition pour le MHSC et l'état d'esprit combatif qui anime son groupe avant le rendez-vous face au Paris Saint-Germain au Stade de France (17h15, en direct sur France TV).

« Montpellier est un club historique de la Coupe Gambardella-Crédit Agricole. Est-ce toujours important pour le club d'y briller ?
Oui, la Gambardella fait partie de l'ADN de son ADN. Sous la présidence de notre regretté président Louis Nicollin, Montpellier a toujours accordé une grande importance à cette compétition. Les premiers exploits du MHSC se sont construits en Coupe de France, avec cet esprit combatif qui le caractérise. Chez les jeunes, le club a mis un peu plus de temps à remporter la Coupe Gambardella : la première victoire date de 1996, après déjà deux finales disputées (défaites 0-0 et 4 tab 2 contre le Stade Lavallois en 1984 ; 3-0 contre l’AJ Auxerre en 1985). C'est une épreuve difficile à maîtriser et très dépendante du contexte. Cette saison, le parcours nous a souri et tout le monde est très heureux d'être en finale.

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Finale pour Montpellier (1984, 1985, 1996, 1997, 2009, 2017, 2026).

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Fois vainqueur de l’épreuve (1996, 2009, 2017).

Quel regard portez-vous sur votre parcours jusqu'à la finale ?
J'en suis très fier car il caractérise parfaitement la mentalité du club qui se veut résilient et combatif. En six tours, nous n'avons reçu qu'une fois (face à Strasbourg, victoire 3-1). Le parcours a été exigeant dès le début, avec trois déplacements compliqués lors des premiers tours. Nous avons dû aller chercher des qualifications dans des contextes parfois difficiles, avec beaucoup de kilomètres à parcourir et même de la neige sur certains trajets. Ces déplacements ont aussi servi à renforcer la cohésion du groupe, car on a passé beaucoup de temps ensemble et cela a créé des liens forts entre les joueurs et le staff.

À quel point ce match face à Strasbourg à la maison vous a-t-il permis d'aborder la suite avec confiance ? 
Comme je l'ai dit, nous avions enchaîné plusieurs déplacements difficiles. Déjà, ça nous a évité de parcourir la France en diagonale pour rejoindre Strasbourg. Puis, affronter une équipe de ce niveau à domicile, c'est toujours mieux. Les joueurs ont réalisé un excellent match, ce qui nous a donné beaucoup de confiance pour la suite.

Michel Rodriguez : Animés par lesprit PailladeLa qualification face à Strasbourg en 8es de finale a libéré les Montpelliérains (photo MONTPELLIER HSC / FACEBOOK).

Vous n'avez plus reçu ensuite et surtout, vous avez joué le tenant du titre rennais chez lui, au Roazhon Park…
C'était impressionnant car il y avait à peu près dix-mille supporters rennais et on sait à quel point ils savent faire du bruit pour encourager leurs joueurs. Le Stade Rennais fait partie des toutes meilleures équipes du pays, ce n'était pas le tenant du titre pour rien. Mais nous avons fait le match qu'il fallait pour les embêter, en étant efficaces et solides mentalement.

Cela a pu servir de préparation pour la finale où le PSG et surtout le Stade de France se dressent face à vous ?
Le Roazhon Park nous a mis dans le bain mais une finale au Stade de France, de surcroît face au Paris Saint-Germain qui sera presque à domicile, c'est encore une dimension au-dessus. Le niveau de l'adversaire, le prestige du stade…C'est grandiose et nous sommes très excités à l'idée d'affronter ce nouveau contexte si particulier.

Sur la pelouse du Roazhon Park, les Pailladins ont réalisé l’exploit d’éliminer le tenant du titre rennais (photo MONTPELLIER HSC / FACEBOOK).

Sur quels aspects allez-vous tenter de faire la différence ?
Le PSG est probablement supérieur sur beaucoup d'aspects, mais le terrain décidera. L'idée n'est pas de changer totalement notre identité. On a analysé l'adversaire, comme lui l'a fait de son côté, mais l'essentiel sera de rester fidèles à ce que nous savons faire. L'objectif est surtout que les joueurs soient capables d'exprimer pleinement leur potentiel lors de cette finale, et puissent y prendre du plaisir.

Quelles sont les principales forces de votre groupe ?
Il possède un très bon état d'esprit depuis le début de saison, aussi bien sur le terrain qu'en dehors. Les joueurs représentent bien le club au quotidien, à l'école comme au centre de formation. Les valeurs d'humilité, de travail et d'ambition sont très présentes. Ils connaissent leurs qualités et savent capitaliser dessus pour obtenir de grands résultats. Puis, nous sommes animés par « l'esprit Paillade » qui rend l'impossible possible.

« Ils ont découvert que leur coach avait remporté cette Coupe Gambardella-Crédit Agricole en ayant participé à toute la campagne (rires). »

 

Dans la situation actuelle du club, désormais en Ligue 2, le centre de formation représente-t-il un espoir pour relancer le MHSC ?
La formation a toujours été essentielle à Montpellier. À certaines périodes, lorsque l'équipe première visait le haut du tableau en Ligue 1, l'accès aux pros était peu aisé car le niveau d'exigence plus élevé. Aujourd'hui, avec le contexte sportif et économique, la porte est davantage ouverte aux jeunes.

Vous avez remporté cette compétition en 1996 comme joueur. Vous en parlez avec vos joueurs ?
Je ne leur en ai pas parlé au début, puis ils ont découvert que leur coach l'avait remportée en ayant participé à toute la campagne (rires). Ce que j'essaie surtout de leur transmettre, c'est l'idée que cette compétition représente avant tout une aventure humaine exceptionnelle. Car sportivement, la Coupe Gambardella-CA reste une compétition très difficile à programmer. Certains clubs comme le PSG peuvent afficher l'objectif de la gagner dès le début de saison, mais pour nous, l'ambition était surtout d'aller le plus loin possible et de croire en nos chances face à des équipes parfois supérieures.

Louis Nicollin, président historique de Montpellier, et Michel Rodriguez, en 1996 (photo MONTPELLIER HSC).

Un deuxième sacre pour vous, trente ans après, le destin fait parfois bien les choses ?
Forcément ce serait beau, gagner cette compétition marque une vie. Les souvenirs de 1996 sont encore très présents pour moi aujourd'hui. Alors, trente ans après, la remporter comme entraîneur serait quelque chose d'exceptionnel. Mais cela reste une finale de football, il faut garder de la sérénité et rester concentré sur ce que l'on sera capable de produire le jour du match.

La Coupe Gambardella-Crédit Agricole a-t-elle toujours la même importance pour les jeunes qu'à votre époque ?
Toujours, même si le contexte a changé. À mon époque, la compétition se jouait avec des joueurs plus âgés, parfois déjà proches du monde professionnel. Aujourd'hui, les effectifs sont plus jeunes. Dans notre groupe, certains joueurs ont encore plusieurs années de formation devant eux. Nous avons même des U16 et des U17. Cela montre que la Gambardella intervient désormais plus tôt dans le parcours de développement des joueurs, alors qu'avant elle constituait un ticket vers le monde professionnel. »

Le parcours du Montpellier HSC

  • 1er tour fédéral : FC Marmande 47 (R) – Montpellier HSC (N) 1-2
  • 32es de finale : RC Vichy (R) – Montpellier HSC (N) 2-3
  • 16es de finale : CA Pontarlier (R) – Montpellier HSC (N) 1-4
  • 8es de finale : Montpellier HSC (N) – RC Strasbourg (N) 3-1
  • Quarts de finale : OGC Nice (N) – Montpellier HSC (N) 1-3
  • Demi-finales : Stade Rennais (N) – Montpellier HSC (N) 1-2
  • Finale : Paris Saint-Germain  (N) – Montpellier HSC (N), vendredi 22 mai au Stade de France (17h15)