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Lounes Hattab :  Je dois mon parcours au football francilien !

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Lounes Hattab :  Je dois mon parcours au football francilien !
Lounes Hattab (Photo DR)

Nommé Directeur Technique National de la Fédération Ivoirienne de Football, Lounès Hattab est chargé de structurer la formation en Côte d'Ivoire, après un parcours dans le football amateur francilien. Témoignage sans filtre dans 100% Football Amateur sur RGB 99.2 FM.

Comment devient-on DTN de la Côte d'Ivoire ?
Après un passage dans différents clubs franciliens, notamment au FC Versailles, au Racing Club de France, ainsi qu'à Goussainville, j'ai intégré la Ligue de Paris Île-de-France comme conseiller technique. J'ai ensuite eu l'opportunité de partir au Koweït, où j'ai entraîné un club professionnel. Très rapidement, j'ai été nommé DTN adjoint par la fédération du Koweït pendant près de deux ans. Par la suite, la fédération ivoirienne m'a proposé le poste de DTN. Je dois ce parcours au football francilien, qui est l'origine de ma carrière de technicien.

Et le métier de coach en amateur est-il plus complexe que celui de DTN ?
Je serais tenté de répondre oui. Ce n'est pas simple d'être coach dans le milieu amateur, notamment en raison des moyens. Les conditions ne sont pas toujours favorables : entraînements en soirée, joueurs fatigués… ce n'est pas optimal. Mais je tiens à dire que l'écart entre football amateur et professionnel s'est fortement réduit. Le travail réalisé aujourd'hui dans le football amateur, en particulier en France, est de très grande qualité.

Quel regard portes-tu sur son évolution ? Est-il en péril ?
Ce qui m'interpelle, c'est ce que je vois autour des terrains. Le football amateur doit rester un plaisir, une passion. Or, la violence et l'agressivité en bord de terrain m'inquiètent. Cela commence chez les jeunes, U17, U18, U19, mais aussi chez les plus petits. Et il y a les parents, parfois très agressifs envers les coachs, les arbitres ou les adversaires. C'est préoccupant.

L'argent en amateur est de plus en plus présent. Est-ce le principal danger ?
Non, ce n'est pas le seul. Il y a aussi la gouvernance des clubs amateurs. Aujourd'hui, la gestion a changé. On ne dirige plus un club comme avant, où le plaisir était central. Il y a une pression forte sur les coachs, les joueurs et les dirigeants. Et cela peut devenir problématique.

Tu vois d'autres problèmes ?
Oui, les relations entre clubs amateurs et partenaires, notamment les collectivités, qui réduisent les subventions. C'est quelque chose que j'ai déjà observé en Île-de-France et qui m'avait interpellé. C'est une tendance durable.

Lounes Hattab : « En Côte d'Ivoire, il existe un talent exceptionnel »

Concernant le football francilien, les matchs arrangés prennent de l'ampleur. Les instances en ont-elles conscience ?
J'entends souvent parler de ça en Île-de-France. Pour une montée ou un maintien, certains s'arrangent, parfois contre de l'argent. Ce n'est pas l'esprit du football. Les instances peuvent le savoir, mais je ne suis pas sûr qu'elles aient les moyens d'endiguer totalement le phénomène. Cela relève surtout de l'état d'esprit de certains acteurs. Ce n'est pas conforme à la déontologie du football amateur. Et même au niveau professionnel, ce n'est pas acceptable. On joue au football par passion. Dès qu'il y a des enjeux financiers qui mènent à corrompre des acteurs, c'est extrêmement dommageable.

Dans ton rôle de DTN, quels sont tes axes prioritaires ?
J'ai proposé un projet autour de deux axes : développement et performance. Le développement concerne les compétitions de jeunes, la détection des talents sur tout le territoire et le football féminin. La performance repose sur les sélections nationales jeunes, avec des résultats concrets : CAN U17, Coupe du monde U17, et qualification en cours pour le Mondial U20. En Côte d'Ivoire, il existe un talent exceptionnel, que je n'ai jamais vu ni en Europe ni en Asie. Mais ce talent doit être structuré et encadré pour être optimisé. Être DTN, c'est aussi équilibrer football amateur et football professionnel. Les deux sont indissociables.

Farid Rouas

« Natif de Paris et supporter du PSG depuis 1983, Farid découvre très tôt les coulisses du sport en passant par l'Élysée avec son club de cœur, l'Espérance Arabe à l'âge de 7 ans. Attaché au football amateur, son premier terrain d'expression, il y développe un regard humain et proche des réalités locales. Empathique, familial, curieux et toujours partant pour quelques pas de danse quand l'occasion se présente. »

Farid Rouas
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