On entendait vibrer les sound systems de loin dans le centre-ville de Nantes, samedi 6 juin. Sur les camions, des slogans comme Je rave d’un monde où danser serait une liberté ou
Bientôt en prison pour association de malfêtards ?. Un cortège a réuni jusqu’à 3 300 défenseurs de la culture tekno, de rave et de free party, d’abord au Miroir d’eau puis dans les rues.
Cette Manifestive, c’est son nom, s’inscrit dans un mouvement national qui appelle à défiler dans différentes villes en France. L’idée : de la musique, des beaux slogans, parfois des déguisements pour porter, dans une ambiance bon enfant, des revendications. Nous sommes ici pour défendre une culture de la fête et de la musique différente et bien moins coûteuse que celle des festivals ou des boîtes de nuit, explique Camille (prénom d’emprunt).

	


Plus de 3 000 manifestants ont défilé dans les rues de Nantes pour défendre les fêtes libres. Ouest-France


« Pas que des punks à chien ! »
Les manifestants tiennent aussi à lutter contre les clichés », qui collent à la peau des teufeurs :
Les amateurs de free party viennent de tous milieux. Il n’y a pas que des punks à chien, mais aussi des PDG, des cadres, des ouvriers et bien d’autres. Ils demandent que cesse
la criminalisation de leurs fêtes :
Le projet de loi RIPOST (pour Réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens), porté par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, vise à durcir les sanctions envers les organisateurs et le public de free party, avec des amendes notamment, détaille Camille. Ils sont pointés dans l’un des axes de ce texte, au même titre que les organisateurs de rodéos motorisés ou la criminalité organisée !
« Prêts au dialogue avec les pouvoirs publics»
Les fans de fête libre veulent faire entendre qu’ils sont responsables :
Très souvent, avant de s’installer sur un champ pour une fête, nous discutons avec l’agriculteur et essayons de trouver l’endroit le moins gênant.
Et on se fait accompagner par des associations pour mettre en place des actions de prévention et de réduction des risques, que ce soit contre les violences sexistes, sexuelles ou de genre ou pour lutter contre les addictions. Nous sommes prêts au dialogue avec les pouvoirs publics, même si nous tenons à notre liberté !


			

			
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