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Fuel crisis: TotalEnergies in turmoil

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À partir de ce vendredi et à l’occasion du week-end prolongé, l’opération spéciale prix uniques de Total est lancée dans toutes les stations du groupe. Le prix de l’essence est fixé à 1,99 euro le litre, celui du diesel à 2,09 euros. Une opération commerciale que dénoncent les autres distributeurs. La FF3C, la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage, qui représente 800 stations, va déposer plainte auprès de l’Autorité de la concurrence. Pour le syndicat, ce plafonnement est une pratique prédatrice.

Les explications de Marine Corbel

Fuel crisis: TotalEnergies in turmoil

Du côté de Matignon, Total ne profite en rien de la crise. Cette opération prix uniques est, selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, une façon “de redistribuer une partie de ses bénéfices aux français”. Des mesures également saluées par le ministre des PME, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, ce vendredi matin. Serge Papin a assuré qu’il n’y a aucun problème d’approvisionnement et donc aucun vol annulés cet été, grâce au géant pétrolier, il était l’invité du 8h30 de France Info.Bercy a par ailleurs confirmé que les marges des distributeurs étaient restées stables depuis le début de la crise, autrement dit qu’il n’y avait pas eu d’enrichissement abusif de la part des stations-service. Une conclusion rendue à l’issue de huit réunions avec les distributeurs de carburant. Mais les compagnies pétrogazières européennes ont dégagé d’énormes profits au 1ᵉʳ trimestre, profitant de la volatilité des cours provoquée par la guerre au Proche-Orient. Ce jeudi, Shell a fermé la saison des résultats des majors en annonçant un bénéfice net de près de 5 milliards d’euros, en augmentation de 19 % par rapport au premier trimestre de l’année dernière. Dans des conditions similaires, sa concurrente britannique BP avait elle présenté fin avril un bénéfice en forte hausse, à plus de 3 milliards d’euros.

Et puis en France, les profits de TotalEnergies ont eux bondi de 51 % à 5 milliards d’euros. Des chiffres vertigineux qui ont relancé les appels à taxer ces “superprofits”. Souvent, le rendement de ce type de mesures fiscales s’avère décevant. Ce que signalait une étude de 2024, à propos de la taxe sur les superprofits pétroliers, votée en décembre 2022. Mais pourquoi a-t-on tendance à surestimer le rendement de ces mesures ?

Eléments de réponse avec l’invitée de la rédaction, Alice Chiocchetti, économiste à l’Institut des Politiques Publiques.

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