La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles (Yvelines) a confirmé, ce vendredi 19 juin, le renvoi d'Achraf Hakimi devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine. Alors qu'il dispute la Coupe du monde avec le Maroc, le défenseur du PSG de 27 ans a appris qu'il sera bien jugé pour “viol” dans les prochains mois.
Il se trouve de l'autre côté de l'Atlantique. Et tente de se concentrer sur le match de Coupe du monde prévu dans la nuit de vendredi à samedi entre son équipe du Maroc et l'Ecosse… Mais Achraf Hakimi a évidemment été informé de la décision de la cour d'appel de Versailles (Yvelines), rendue ce vendredi, qui valide la tenue de son futur procès pour viol.
La chambre de l'instruction a, en effet, confirmé le renvoi du défenseur, âgé de 27 ans, devant la cour criminelle des Hauts-de-Seine dans les prochains mois, a appris BFMTV. Avant de disputer la finale de la Ligue des champions avec le PSG et de s'envoler pour les États-Unis, Achraf Hakimi était venu le 22 mai, en personne, devant la cour d'appel de Versailles pour réclamer un non-lieu, alors qu'une juge d'instruction avait ordonné, le 24 février, son procès. Mais les arguments soulevés par son avocate, Fanny Colin, n'ont pas convaincu les magistrats.
“La multitude des éléments à décharge révélés par l'enquête et l'information judiciaire aurait, dans n'importe quelle autre affaire, conduit au prononcé d'un non-lieu”, a réagi Me Colin. “La défense d'Achraf Hakimi déplore qu'il n'ait pas été tiré les conséquences des contradictions et mensonges de la partie civile, de ses dissimulations à l'autorité judiciaire, de ses obstructions à la manifestation de la vérité et encore de ses expertises psychologiques actant son ambivalence et son absence de lucidité sur les événements qu'elle a dénoncé. C'est désormais avec impatience que Monsieur Achraf Hakimi attend son procès pour pouvoir enfin s'exprimer publiquement sur l'accusation fausse dont il est l'objet.”
Le double vainqueur de la Ligue des champions a d’ailleurs publié dans la foulée un communiqué en disant toute sa détermination. “La justice m'a regardé dans les yeux et m'a dit: ‘Si vous n'étiez pas connu, il n'y aurait jamais eu d'affaire.’ J'ai choisi de me taire pendant des années. J'ai pensé que rester digne, être patient et faire confiance à la justice permettrait que les bonnes décisions soient prises”, a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. “Aujourd'hui, une histoire qui n'est pas la mienne est racontée au détriment de ma famille, de ma vie et surtout de la vérité. J'ai parfois le sentiment d'être devenu une cible facile. J'attends ce procès depuis le premier jour. Et je l'attends désormais avec impatience. Enfin, je pourrai parler.”
“La chambre de l’instruction a jugé qu'il existe des charges suffisantes contre Achraf Hakimi d'avoir commis un viol. Cette décision est parfaitement cohérente avec les éléments du dossier et conforme aux avis du procureur de la République, de la juge d'instruction, et de l'avocat général près la Cour d'appel. Six magistrats ont donc estimé que les nombreux éléments à charge justifient une mise en accusation d'Achraf Hakimi devant la Cour criminelle départementale pour viol”, a de son côté réagi Me Rachel-Flore Pardo, avocate de la plaignante. “Après plus de trois ans de combat judiciaire, après avoir été calomniée et traînée dans la boue par la défense d'Achraf Hakimi, cette décision suscite chez ma cliente soulagement et espoir. Le soulagement d'avoir été entendue par la justice et d'avoir droit à un procès. L'espoir que ce procès aidera d'autres femmes, et fissurera un peu plus encore la forteresse du déni et de l'impunité des violences sexuelles, jusque dans le monde du football masculin.”
“On aurait dit qu'il était en manque de sexe”, dénonce la jeune femme
L'affaire remonte au 25 février 2023. Ce jour-là , vers 17h, une femme se rend au commissariat de Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne) et déclare avoir été violée par le défenseur du PSG au cours de la nuit d'avant. Elle indique ne pas vouloir déposer plainte. Mais le parquet de Nanterre ouvre tout de même une enquête.
Les investigations établissent que le joueur avait fait connaissance de la jeune femme sur le réseau social Instagram le mois précédent. Après avoir décliné plusieurs invitations à le rejoindre, notamment, dans des lieux publics, la jeune femme finit par accepter l'idée d'un rendez-vous chez lui. Ce soir-là , elle le retrouve donc à 1h17 très précisément pour en ressortir une heure plus tard. Une heure au cours de laquelle le footballeur aurait tenté d'abuser d'elle.
Sur son canapé, elle raconte qu'Achraf Hakimi l'embrasse d'abord avant de tenter de lui toucher la poitrine et les fesses. En dépit de son refus, elle ajoute que le joueur de football poursuit ses assauts en la mettant à califourchon sur lui avant de lui imposer une pénétration digitale. “Il avait un comportement animal, il n'avait aucune douceur, on aurait dit qu'il était en manque de sexe”, lâche-t-elle lors de son audition. Finalement, elle quitte les lieux vers 2h21 après avoir prétexté un problème professionnel.
Pour Achraf Hakimi, “cette accusation est fausse”
Dans cette affaire, le joueur du PSG a toujours contesté cette version des faits. Sorti du silence en janvier 2025, il a seulement évoqué des baisers consentis et une caresse “sur le bas du dos avec son accord”. “Je sais que cette accusation est fausse. Je me sens tranquille et je suis concentré pour la suite. Je laisse cela entre les mains de mes avocats et de la justice.”
Sa défense dénonce une manipulation de la part de la jeune femme, visant à lui extorquer de l'argent et se fonde, pour cela, sur plusieurs éléments. Notamment des échanges sujets à caution entre la jeune femme et une de ses amies avant d'arriver chez Achraf Hakimi. Mais aussi son refus de se soumettre à des examens gynécologiques, psychologiques et d'être confrontée à lui.
Kylian Mbappé comme témoin au procès ?
Ce sera donc désormais à la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine de trancher entre ces deux versions. Le procès ne devrait pas se tenir avant plusieurs mois. Une audience au cours de laquelle Kylian Mbappé devrait être cité comme témoin. Très proche d'Achraf Hakimi, l'attaquant vedette des Bleus, est concerné par la procédure, dans la mesure où il a fourni deux attestations retraçant les échanges qu'il avait eus avec son ami lors de la fameuse soirée.
S'estimant mal compris dans le premier document envoyé à la justice qui a finalement été retenu comme un élément à charge, Kylian Mbappé avait précisé ses propos dans une nouvelle attestation, expliquant qu'Achraf Hakimi lui avait parlé de “caresses sur des parties intimes” et qu'à “aucun moment, il n'avait senti de refus de la part de la jeune femme”.
“Je ne m'amuserais pas à raconter tout cela si c'était faux, avait lâché cette dernière devant les enquêteurs. Car ce qui me fait le plus mal, c'est la médiatisation plus que l'acte en lui-même, je veux préserver ma famille et mes proches…”





