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 On est Américains !  : Larrogance des États-Unis après leur premier match victorieux commence à agacer

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Qui dit Coupe du monde, dit rivalité entre les supporters. Français, Anglais, Argentins, Belges, Brésiliens… les nations entretiennent depuis toujours cette inimitié bon enfant qui fait le charme de la compétition. Mais cette année, deux pays auxquels on ne s'attendait pas ont décidé, eux aussi, d'entrer dans le jeu du chauvinisme footballistique. Alors qu'ils s'affrontent ce vendredi soir à Seattle, les États-Unis et l'Australie ont commencé leur match par médias interposés.

Ce sont les hôtes de la compétition qui ont lancé les hostilités, fans et commentateurs estimant que leur victoire 4 buts à 1 contre le Paraguay en match d'ouverture faisait désormais d'eux les favoris de cette rencontre à venir. Le consultant américain Mike Grella a ainsi affirmé à l'antenne que les Australiens n'avaient « aucune chance » de rivaliser avec les États-Unis. « La seule façon pour eux de jouer, c'est de défendre et d'essayer de maintenir le score à 0-0 », a-t-il lancé, estimant que les jaunes et verts étaient « une proie facile ». « Ils portent un maillot jaune. Je pense qu'ils se confondent peut-être avec le Brésil ou une autre équipe qui a gagné quelque chose. Ils n'ont jamais rien gagné », a-t-il également lancé lors de son passage dans l'émission The Pat McAfee Show.

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Face aux réactions suscitées par ses propos, il n'a pas calmé ses ardeurs. « Je dois vous dire une chose, je ne pense pas qu'ils aient jamais été aussi unis en tant qu'équipe de football. S'ils font quelque chose pendant ce tournoi – ce qui n'arrivera pas – s'ils font quelque chose pendant ce tournoi, ils devraient ériger une statue à mon effigie en Australie, car j'ai unifié tout un pays. »

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Pendant ce temps, le milieu de terrain américain Sebastian Berhalter, lui, a remis une pièce dans la machine en déclarant : « Je pense que l'une des convictions fondamentales de cette équipe est que nous sommes Américains. On ne se laisse pas faire. » Des petites phrases phrase qui ont contribué à l'escalade médiatique entre les deux pays, la presse australienne dénonçant la suffisance et l'arrogance américaine. « Comment les Socceroos peuvent faire taire les critiques acerbes des hôtes », titre ainsi le site 9News. Interrogé sur la situation, le défenseur australien, Alessandro Circati, a lui tenté de botter en touche : « Je n'ai rien à répondre à ça. »

« Tu peux déjà prendre un avion Qantas et rentrer chez toi »

Mais la joute verbale entre les deux équipes ne date en réalité pas de cette semaine. Au moment où le tirage au sort a été effectué, l'ancien joueur américain Landon Donovan, désormais consultant, avait minimisé les chances de victoires australiennes, s'en prenant au sélectionneur Tony Popovic : « Tu peux déjà prendre un avion Qantas et rentrer chez toi ». L'équipe australienne a également été prise pour cible par Alexi Lalas, un autre ancien joueur américain, qui a qualifié les Socceroos de « moyens ». Il a enfoncé le clou mercredi, encourageant les Australiens à utiliser ses mots comme source de motivation. « J'espère qu'ils vont l'imprimer », a-t-il déclaré. « Assurez-vous d'orthographier correctement mon nom. J'espère que ce sera affiché partout dans le vestiaire australien, car ils vont avoir besoin de toute l'aide possible. »

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Et si les réseaux sociaux se sont également emparés de cette rivalité entre les deux nations, certaines voix ont tenté de calmer le jeu. Le milieu de terrain américain Tim Weah a ainsi qualifié les propos des consultants télévisés de « dénués de sens » et a affirmé que l'équipe australienne « déploie beaucoup de combativité, de ténacité et de soif de victoire, tout comme nous ». Son coéquipier Tyler Adams a réagi plus précisément aux propos de Grella : « Ce ne sera pas une partie de plaisir. Au contraire, ce sera sans doute l'un des matchs les plus difficiles que nous aurons joués. »

Le journal américain « USA Today » semble lui aussi trouver à redire à l'attitude des consultants locaux. Dans un billet, la publication dénonce ce manque d'humilité : « Dans l'histoire des rivalités sportives stupides, celle-ci est sans doute la plus stupide. Un consultant footballistique peu connu, qui n'a jamais joué pour l’ équipe nationale masculine américaine, et encore moins en Coupe du monde, s'est permis de lancer une polémique en dénigrant l'Australie, le prochain adversaire des États-Unis. […] Si vous voulez dénigrer les Australiens parce qu'ils n'ont jamais rien gagné, peut-être devriez-vous éviter de les comparer à l'équipe nationale américaine. » Pour rappel, le meilleur résultat des États-Unis en Coupe du Monde de football est une troisième place obtenue… en 1930. 

L'humilité de Pochettino

Et le sélectionneur de l'équipe des États-Unis, lui non plus, semble ne pas goûter à cette arrogance toute nouvelle, dans un pays où le « trash-talking » est cependant culturel. Avant le début de la compétition, alors que les médias et supporters commençaient déjà à faire monter la sauce, l'entraîneur Mauricio Pochettino avait mis en garde contre cette attitude déplacée. À « El Pais », il a ainsi remis les choses à leur place, déclarant : « J'accepte l'arrogance de l'Espagne, de l'Argentine, de l'Angleterre, de la France… Mais quand je vois cette arrogance aux États-Unis, je pense qu'il y a un malentendu ». L'Argentin a poursuivi en citant certaines phrases récemment entendues : « ‘Je viens des États-Unis. Nous sommes les meilleurs. Nous avons été les premiers à marcher sur la Lune…' Mais ensuite, ils ne sont pas compétitifs et ne gagnent pas. Je pense qu'en football, il y a un décalage entre l'image qu'ils ont d'eux-mêmes et la réalité. »

Conscient des très faibles chances américaines d'aller loin dans la compétition, Mauricio Pochettino a expliqué que son but était avant tout de « rééquilibrer la structure du football américain afin que le défi soit réaliste. Car on rencontre parfois beaucoup de gens qui pensent que les États-Unis doivent gagner parce que ‘nous sommes les meilleurs en basket et en hockey…' » 

Il a continué son entretien expliquant qu'en tant que sélectionneur d'un des pays les plus critiqués du monde actuellement, son but est de « créer, à travers le football, un sport qui rassemble des personnes de toutes origines, religions et cultures. » « Le football n'est pas qu'un simple sport pratiqué pour le plaisir. Le football, c'est la solidarité, c'est le rapprochement », a-t-il expliqué. Pas sûr que le message soit bien passé, pour l'instant, auprès des consultants américains.

Ironie de la situation, Landon Donovan (toujours lui), s'est en effet illustré en faisant perdre patience à Thierry Henry sur la Fox, qualifiant l'équipe de France… d'arrogante lors de sa première période face au Sénégal. « Franchement, je vais passer sur ce point. Je ne comprends pas », a répondu la légende tricolore, épaulée par son ami lui aussi consultant Zlatan Ibrahimovic. « Ce n'est pas de l'arrogance, c'est de la confiance. Les ignorants diront que c'est de l'arrogance, les intelligents diront que c'est de la confiance », a-t-il réagi. Une phrase qui s'applique également aux États-Unis ? Réponse ce soir à 21 heures.