Alors que les paris sportifs séduisent de plus en plus de jeunes adultes, les spécialistes alertent sur les risques d’addiction. Exposition massive sur les réseaux sociaux, promesses de gains rapides, isolement et détresse psychologique : les structures de soins voient affluer un nombre croissant de patients.
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Les Bleus vont-ils gagner la Coupe du monde ? Les paris vont bon train. Les premiers à s’y lancer sont les jeunes. “On pense que telle équipe va gagner et au final, voilà , elle ne gagne pas. Ça nous incite à continuer à se dire : il faut que je récupère la mise que j’ai perdue au final”, confie l’un d’eux.
Les plus gros parieurs sont les 18-35 ans. Selon Addiction France, 20 % des garçons de 17 ans ont déjà parié malgré l’interdiction pour les mineurs. Ils sont la cible du puissant marketing des opérateurs, jusque sur les réseaux sociaux. Les influenceurs prétendent leur faire gagner gros. “J’ai gagné 3 000 euros en 48 heures”, affirme l’un d’eux.
L’Autorité nationale des jeux, chargée de la régulation des paris sportifs et des jeux d’argent, connaît bien le mécanisme de cette addiction. “Un individu va s’enfermer dans le jeu, il va peut-être se couper d’autres sujets qui sont importants pour lui : la famille, son travail ou son groupe d’amis pour les gens plus jeunes. Et puis tout ça s’additionne et, à un moment, on est dans une espèce de bulle”, explique Grégoire Dufay, directeur de l’offre de jeux à l’Autorité nationale des jeux.
Cette addiction peut même causer des idées suicidaires. Certains médecins addictologues réagissent. Le CHU de Tours a même lancé une campagne de prévention façon influenceur sur les réseaux sociaux pour inviter les plus fragiles à consulter. En dix ans, leur nombre de patients est passé d’une dizaine à plus de 75.

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