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TEMOIGNAGES. "J'ai moins peur de mourir" : le soulagement de ces Iraniens après l'accord de paix conclu avec les États-Unis

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Les États-Unis et l’Iran signeront vendredi, en Suisse, leur protocole d’accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, point de départ de deux mois de négociations. En Iran, les habitants sont partagés entre soulagement et déception.


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TEMOIGNAGES. "J'ai moins peur de mourir" : le soulagement de ces Iraniens après l'accord de paix conclu avec les États-Unis

Des Iraniens marchent sur une place à Téhéran (Iran), le 3 juin 2026. (ATTA KENARE / AFP)

On leur avait promis la fin d’un régime. En Iran, les habitants sont partagés après l’annonce de la signature d’un protocole d’accord, entre l’Iran et les États-Unis, prévue le vendredi 19 juin. Cet accord devrait permettre de mettre fin au conflit après trois mois et demi de guerre. “Je suis plus optimiste et j’ai moins peur de mourir”, affirme Irene, 24 ans. Cette jeune femme a toujours été opposée à l’intervention israélo-américaine. “J’espère que cet accord va permettre un allègement des sanctions et réduire le coût de la vie. Même si j’ai toujours l’impression que la vie est suspendue, et que je m’attends à ce qu’à tout moment cet accord tombe à l’eau, que la guerre reprenne, que les mauvaises nouvelles continuent”.

Cette militante de “Femme, Vie, Liberté” a repris le chemin de l’université afin de boucler sa thèse en informatique, en suspens depuis des mois.

Sharzade, professeure de français dans la capitale iranienne, reste, elle, sur ses gardes : “Moi je suis très pessimiste parce que, dans l’accord nucléaire de 2015, ils ont levé une partie des sanctions ; des flux d’argent sont allés directement vers le Liban et l’axe de la résistance. Les États-Unis ne vont jamais donner de l’argent. Les prix ne vont pas baisser et les gens ont beaucoup perdu. Il y a eu deux augmentations en un mois, une fois de 15% et l’autre de 20%.”

Au-delà de la vie quotidienne, la question est aussi de savoir si ce conflit a servi l’opposition iranienne ou non. Sur ce point, les analyses divergent complètement. Tina, étudiante en art à Téhéran, soutenait les bombardements afin de faire tomber le régime des mollahs, mais elle en sort épuisée et déçue. “Il y avait une peur permanente, on entendait sans cesse que tel endroit avait été frappé, puis tel autre. C'était extrêmement difficile, mais j'avais l'impression que tout le monde endurait ces épreuves dans l'espoir d'un grand changement. Aujourd'hui, c'est une immense désillusion. Tout est resté pareil.”

Irene, l’étudiante en informatique, estime, elle, que le régime en sort renforcé, car il a su jouer sur le patriotisme d’une partie de la population. Sharzade, en revanche, n’est pas du tout d’accord : le régime est plus divisé qu’avant. “On voit c’est que même chez les partisans du régime, ils se sentent trahis par les autorités iraniennes.” Toutes les trois attendent de juger sur pièce, à la fin des 60 jours de négociation.