Home United States Brésil : Eduardo Bolsonaro, fils de lex-président, condamné à quatre ans de prison...

Brésil : Eduardo Bolsonaro, fils de lex-président, condamné à quatre ans de prison pour lobbying auprès des États-Unis

8
0

Eduardo Bolsonaro, troisième fils de l'ancien président brésilien d'extrême droite Jair Bolsonaro, a été condamné par contumace, mardi 16 juin, à quatre ans de prison pour son lobbying auprès des autorités américaines afin qu'elles intercèdent en faveur de son père, condamné pour tentative de coup d'État.

Ex-député installé aux États-Unis, Eduardo Bolsonaro, 41 ans, était poursuivi pour entrave au procès de son père devant la Cour suprême, notamment via son lobbying auprès du président américain Donald Trump afin de pousser les États-Unis à des sanctions économiques contre le Brésil si le procès de son père pour tentative de coup d'État ne rendait pas un verdict en sa faveur.

Quatre juges de la Cour suprême ont suivi la décision du parquet, qui a inculpé Eduardo Bolsonaro pour avoir « menacé les autorités judiciaires et d'autres pouvoirs » en affirmant qu'il obtiendrait « des autorités américaines des sanctions (…) si le procès ne se terminait pas » comme il l'entendait. « Il ne relève pas de la fonction d'un député fédéral brésilien de faire du lobbying à l'étranger contre son propre pays », a déclaré le juge en charge de l'affaire, Alexandre de Moraes.

Eduardo Bolsonaro, dont le mandat de député a été annulé en décembre pour avoir dépassé le nombre d'absences autorisées de l'hémicycle depuis son départ du Brésil début 2025, sera également déclaré inéligible à toute fonction publique pendant huit ans à l'issue de sa peine. Ces décisions peuvent être contestées en appel.

Tensions avec Washington

« L'unique et véritable objectif de ce procès absurde : retirer mon nom de la liste des candidats aux élections », a réagi sur X Eduardo Bolsonaro, qui avait comme projet de se présenter aux sénatoriales. Un couplet repris par son frère. Cette condamnation « s'apparente clairement à une vengeance » du juge Alexandre de Moraes, a réagi le sénateur Flavio Bolsonaro, rival de Lula dans l'élection présidentielle, allant jusqu'à dire que « nous ne vivons plus dans une démocratie à part entière ».

Le lobbying de l'ex-député s'est avéré efficace dans un premier temps, quand Washington a infligé une surtaxe de 40 % sur des produits brésiliens exportés vers les États-Unis, invoquant une « chasse aux sorcières » contre l'ancien président brésilien. Entrée en vigueur début août 2025, cette surtaxe a toutefois été levée en grande partie en novembre, face à l'inflation aux États-Unis des produits brésiliens importés.

Cette suppression des droits de douane a également eu lieu à la faveur d'une détente des relations entre les États-Unis et le pays sud-américain. Washington a ensuite levé les sanctions financières contre Alexandre de Moraes, qui était en charge du procès devant la Cour suprême de Jair Bolsonaro, condamné à 27 ans de prison en septembre pour avoir tenté de se maintenir au pouvoir après avoir perdu l'élection de 2022 face à Lula.

Cette condamnation d'Eduardo Bolsonaro intervient dans un contexte de regain de tensions entre Washington et Brasilia, après une rencontre en mai entre Donald Trump et Flavio Bolsonaro. Ce dernier aimerait bien décrocher le soutient du locataire de la Maison Blanche pour le scrutin prévu cet automne.

Face à l'extrême droite, ne rien lâcher !

C'est pied à pied, argument contre argument qu'il faut combattre l'extrême droite. Et c'est ce que nous faisons chaque jour dans l'Humanité.

Face aux attaques incessantes des racistes et des porteurs de haine : soutenez-nous ! Ensemble, faisons entendre une autre voix dans ce débat public toujours plus nauséabond.
Je veux en savoir plus.