(Téhéran) Donald Trump a affirmé lundi que le détroit d'Ormuz serait « complètement ouvert » vendredi, jour de la cérémonie de signature du cadre d'accord trouvé entre les États-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
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« Des navires, dont certains chargés de pétrole, commencent à sortir du détroit », s'est réjoui le président américain sur son réseau Truth Social. « Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots ! »
CAPTURE D'ÉCRAN TIRÉE DE TRUTH SOCIAL

Des médias iraniens ont annoncé dans la soirée que trois pétroliers et deux cargos transportant des marchandises avaient traversé la zone qui était jusque-là soumise au blocus naval américain.
Selon un haut responsable américain, le cadre d'accord a déjà été signé de manière électronique par Donald Trump, son vice-président J.D. Vance, et le président du Parlement iranien et principal négociateur de Téhéran, Mohammad Bagher Ghalibaf.
Le texte de l'accord n'a pas été rendu public, laissant planer des doutes sur des points de divergence entre les deux parties après de laborieuses négociations pour mettre fin au conflit.
Il « apportera la paix dans la région », a promis Donald Trump, qui a dit à son arrivée lundi au Sommet du G7 à Évian, en France, souhaiter le rendre public « car c'est un document très puissant ».
Il a laissé entendre qu'il pourrait l'être vendredi, après sa signature à Genève, qui marquera l'ouverture d'une période de soixante jours pour conclure un accord final. Â
« Nous avons un passif d'engagements non tenus, non appliqués, abandonnés, tout cela est présent dans notre esprit », dans le processus de négociation et de mise en place de l'accord, a déclaré, plus circonspect, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la télévision d'État.
« En même temps, nous faisons tout ce qui est possible pour créer à travers ce processus des opportunités économiques pour notre pays », a-t-il ajouté. Â
Pas « confiance »
Les premières informations sur le contenu de l'accord sont principalement venues de Téhéran et des médias iraniens. Selon la diplomatie iranienne, il prévoit « la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban ».
Dans le très stratégique détroit d'Ormuz, l'Iran devrait facturer des frais liés aux services aux navires, plutôt qu'instaurer un péage dont les États-Unis ne voulaient pas, selon la même source.
PHOTO PIGISTE, REUTERS
Une photo prise par drone montre des navires dans le détroit d'Ormuz, depuis Musandam, à Oman, le 15 juin 2026.

La diplomatie iranienne a aussi assuré que « la partie américaine s'était engagée » à débloquer des fonds iraniens gelés à l'étranger et à verser des réparations pour les dégâts provoqués par la guerre. Aucun avoir sous sanction américaine n'a été débloqué pour l'instant, selon un haut responsable américain.
Les États-Unis doivent également garantir qu'Israël mette fin à la guerre au Liban, a affirmé le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, disant que son pays ne faisait « confiance » à aucun des deux pays.
Les affrontements entre Israël et le Hezbollah pro-iranien au Liban semblaient avoir cessé, mais une frappe israélienne a tué une personne dans le sud à la mi-journée. Puis le Hezbollah a annoncé y avoir « repoussé », au moyen de roquettes et de drones, une force israélienne qui tentait d'avancer.
L'armée israélienne restera au Liban « aussi longtemps que nécessaire », comme en Syrie et à Gaza, a déclaré lundi soir le premier ministre Benyamin Nétanyahou.
Alors que l'accord conclu entre Téhéran et Washington est largement perçu comme un échec pour Israël par la société et une grande partie de la classe politique, le premier ministre israélien a affirmé que la guerre contre l'Iran avait sauvé son pays de la menace d'une « destruction nucléaire ».
Soupir de soulagement
L'annonce d'un accord visant à mettre fin à la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes et qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, a fait pousser un soupir de soulagement aux marchés mondiaux et chuter les prix du pétrole de près de 5 % lundi, le baril de Brent s'établissant à 83,17 dollars.
PHOTO MOHAMMED ANOUTI, ASSOCIATED PRESS
Des habitants déplacés rentrent dans leurs villages après l'annonce d'un premier accord de cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran, à Rmayleh, près de la ville portuaire de Sidon, au sud du Liban, le 15 juin 2026.

Les habitants de la région semblaient eux mitigés. « Le peuple iranien n'a rien gagné avec cet accord », réagit Arya, 38 ans, professeur d'anglais à Téhéran. « Les gens ne vont pas revenir à leur vie d'avant. Le principal enseignement de cette guerre pour le peuple iranien est que Trump n'est pas son allié ».
Au Liban, certains déplacés envisageaient un retour vers le sud dans des zones non occupées par Israël. « Même s'il ne reste que des ruines, nous y planterons une tente et nous y resterons », assure Hana al-Jamma, disant « merci à l'Iran ».
Les soixante jours de négociations qui doivent s'ouvrir porteront sur quatre sujets, selon le vice-ministre iranien des Affaires étrangères : la levée des sanctions contre l'Iran, le nucléaire, la « reconstruction » et « le développement économique » du pays, ainsi que « la mise en place d'un mécanisme de suivi » des engagements pris.
PHOTO PIGISTE, REUTERS
Un homme examine les dégâts causés par les frappes israéliennes à Nabatieh, au Liban, le 15 juin 2026.

L'Iran cherchera « à ce que l'accord final soit soutenu par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies », a précisé sa diplomatie.
Dans des déclarations au New York Times, Donald Trump a indiqué qu'un volet des négociations concernerait l'acceptation par l'Iran d'un moratoire de vingt ans sur l'enrichissement d'uranium, laissant entendre qu'il pourrait transiger sur quinze ans.



