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Coupe du monde 2026 : lEspagne assume son statut de favorite, malgré plusieurs interrogations

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Championne d'Europe en titre, la Roja lance son Mondial, lundi face au Cap Vert, dans le groupe H.


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Coupe du monde 2026 : lEspagne assume son statut de favorite, malgré plusieurs interrogations

Gavi et Ferran Torres lors d’Espagne-Irak, le 4 juin 2026, à La Corogne. (ANDER GILLENEA / AFP)

Deux ans après l'Europe, l'Espagne part à la conquête du monde. Seize ans après son premier (et seul) titre de championne du monde, la Roja entame la Coupe du monde 2026, lundi 15 juin face au Cap Vert (18 heures), avec l'étiquette de grande favorite. Et l'assume. “Nous sommes la sélection qui joue le mieux au football. Mais être favori ne donne rien, ni buts supplémentaires ni avantages au cours d’un match”, rappelait ainsi Lamine Yamal en mai, dans une interview à la Fifa.

“Si nous nous sentons favoris, capables de gagner ce Mondial ? Oui. Mais cela ne garantit rien, il y a d’autres sélections aussi fortes que nous : l’Angleterre, la France, le Brésil, l’Argentine… Et même en étant supérieur à l’adversaire, dans le football, vous pouvez quand même perdre”, ajoutait Luis de la Fuente, le sélectionneur, à l'annonce de la liste de 26 joueurs retenus, en mai. Car l'Espagne, bien que quadruple championne d'Europe (1964, 2008, 2012, 2024), ne connaît que trop la déception en Coupe du monde, elle qui n'a dépassé les quarts de finale qu'une fois : lors du sacre de 2010.

Souvent donnée favorite, l'Espagne est presque aussi souvent tombée de haut au Mondial. La Roja reste d'ailleurs sur trois grosses déceptions, avec une élimination dès les poules en 2014, puis en huitièmes de finale en 2018 face à la Russie, et en 2022 face au Maroc. Alors, malgré sa campagne de qualification largement positives (cinq victoires, un nul, 21 buts marqués, deux encaissés), l'Espagne cherchera d'abord à se rassurer dans le groupe H, face au Cap Vert, à l'Arabie saoudite et surtout à l'Uruguay, son dernier adversaire en phase de poules.

D'autant que les Espagnols ont pris leurs quartiers à Chattanooga (Tennessee) avec des valises pleines d'interrogations, notamment concernant le niveau physique de plusieurs cadres. De retour d'une rupture des ligaments croisés en janvier, le Ballon d'Or 2024, Rodri, est ainsi incertain pour le début de la compétition, tout comme Lamine Yamal, touché à la cuisse gauche le 22 avril. “Si tout se poursuit normalement, comme jusqu’ici, Lamine devrait être prêt pour le match du 15 juin, mais cela ne garantit pas qu’il doive jouer. Nous évaluerons la situation au moment opportun”, a toutefois assuré le sélectionneur espagnol le 3 juin.

Étincelante à l'Euro 2024, l'Espagne avait conquis le Vieux Continent grâce au génie du Barcelonais et à son pendant sur l'aile gauche, Nico Williams, lui aussi incertain pour le début de Coupe du monde. Or, sans ses deux flèches sur les ailes, la Roja n'est plus la même, et le spectre d'un jeu de possession stérile rejaillit. Ce que Luis de la Fuente sait mieux que quiconque : “Nous n’allons pas précipiter les choses. Nous ne prendrons aucun risque, mais s’il y a un moment pour en prendre, c’est bien lors d’une Coupe du monde.”

Nommé sélectionneur en 2022 à la place de Luis Enrique, après avoir longtemps entraîné les équipes de jeunes de l'Espagne, Luis de la Fuente sait son équipe très attendue à ce Mondial. La rançon de la gloire pour une sélection qui n'a perdu que deux fois en 39 matchs sous ses ordres. Mais le technicien de 64 ans a un autre problème à régler : sa défense. Après avoir associé les deux Franco-espagnols Aymeric Laporte et Robin Le Normand (pas convoqué pour le Mondial) à l'Euro 2024, il a donné sa chance aux Barcelonais Eric Garcia, Marc Pubill, et Pau Cubarsi.

Toujours en quête de la bonne association, Luis de la Fuente a même laissé sur la touche le Madrilène Dean Huijsen, n'appelant aucun joueur du Real Madrid : une première dans l'histoire de l'Espagne en Coupe du monde. Au milieu de terrain, les solutions ne manquant pas (Fabian Ruiz, Pedri, Rodri, Zubimendi…), malgré le forfait de Fermin Lopez, tandis que Gavi est de retour en sélection pour la première fois depuis sa grave blessure en novembre 2023.

En attaquant, l'Espagne composera sans buteur de métier, alors qu'Alvaro Morata (33 ans) a été laissé à la maison après une saison décevante à Côme. Les virevoltants ailiers espagnols, que ce soit Lamine Yamal, Nico Williams ou Victor Munoz tourneront donc autour de Mikel Oyarzabal ou de Borja Iglesias, buteur du Celta Vigo appelé en renfort.

“Quand je joue à mon meilleur niveau, je me sens comme un superhéros. Rien ne peut m’arrêter. […] Jouer une Coupe du monde c’est la chose la plus belle qui existe dans notre sport. J’ai les frissons rien que de penser que je vais la disputer. Mais je ne ressens pas de pression particulière.”

Lamine Yamal

sur le site la Fifa

La pression, l'Espagne en a toutefois beaucoup sur les épaules, à l'heure d'entamer son rêve américain. “Maintenant que nous avons gagné, nous voulons prouver à nouveau que nous sommes les meilleurs… mais cette fois au monde entier, assume ainsi Rodri. Ce sera le Mondial le plus exigeant : un tour supplémentaire, des seizièmes de finale, beaucoup d’équipes… La gestion de la charge physique sera la clé. Il ne faudra pas s’user dès le départ pour arriver en forme sur les matchs importants”. Avec un premier test majeur face à l'Uruguay de Marcelo Bielsa, le 27 juin (02h00) à Guadalajara (Mexique).