ABDEL MAJID BZIOUAT / AFP
La chute d'un hélicoptère militaire américain près du détroit d'Ormuz déclenche une riposte de Washington et ravive les tensions avec l'Iran. Image d'illustration.
Après la destruction d'un hélicoptère militaire américain au large d'Oman, une zone particulièrement sensible pour le trafic maritime mondial, les États-Unis ont annoncé avoir lancé des frappes contre l'Iran ce mardi 9 juin.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le commandement central américain (CENTCOM) précise que ces opérations ont débuté à 17 heures, heure de l'Est (soit vers 1 heure du matin heure de Paris), « sur ordre du commandant en chef ». L'armée américaine évoque une « réponse proportionnée à une agression injustifiée », et présente ces opérations comme des « frappes d'autodéfense ».
Dans un second communiqué, le CENTCOM a précisé que les frappes avaient visé des systèmes de défense antiaérienne, des stations de contrôle au sol et des radars de surveillance iraniens situés à proximité du détroit d'Ormuz. Selon l'armée américaine, l'opération a été menée à l'aide d'avions de combat de l'US Air Force et de l'US Navy.
Des explosions ont par ailleurs été entendues sur la côte sud de l'Iran, à proximité du détroit d'Ormuz, selon plusieurs médias iraniens. Plusieurs détonations auraient été signalées dans la province d'Hormozgan, sur l'île de Qeshm et sur le littoral, certains médias évoquant des avions de combat américains.
Selon le média américain Axios, plusieurs systèmes de défense antiaérienne et installations radar situés autour du détroit d'Ormuz figuraient parmi les cibles de l'opération.
Une « réponse puissante »
Lundi, un hélicoptère Apache de l'armée américaine s'est écrasé à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part importante du pétrole mondial. Le président Donald Trump accuse Téhéran d'avoir abattu l'appareil, et assure que Washington se devait de réagir avec une « réponse puissante ». Dans un entretien accordé à la chaîne ABC, il a également évoqué une riposte « très puissante » peu avant l'annonce des frappes. Les deux militaires à bord ont été secourus sains et saufs après l'incident.
Selon un responsable américain cité par plusieurs médias, l'hélicoptère aurait pu entrer en collision avec un drone iranien avant de s'écraser, sans que les circonstances exactes ne soient encore établies à ce stade.
Du côté iranien, aucune confirmation officielle n'a été apportée concernant ces accusations. Plus tôt mardi, les autorités avaient toutefois mis en garde contre la présence de forces étrangères à proximité de leur territoire, estimant qu'elles s'exposaient à des risques dans ce contexte de tensions accrues.
Comme promis, l'Iran riposte
Téhéran a cependant rapidement réagi après les premières frappes américaines. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé sur le réseau social X que l'armée iranienne ne laisserait « aucune attaque ni aucune menace sans réponse ».
Aussitît dit, aussitôt fait. Tôt mercredi 10 juin, l'Iran a annoncé des attaques contre des bases américaines abritées par le Bahreïn et la Jordanie. Et au Koweït, l'armée a dit faire face à « des cibles aériennes hostiles » sans préciser leur provenance.
En Jordanie, les Gardiens de la révolution iraniens ont dit avoir « visé et détruit quatre cibles majeures, notamment des groupes de chasseurs F35 sur une base aérienne et le centre de commandement militaire américain » d'Azraq, l'armée jordanienne annonçant avoir abattu cinq missiles iraniens.
À Bahreïn, des combattants de cette armée idéologique iranienne ont, eux, annoncé avoir procédé à « une attaque de drones contre la Ve flotte » américaine. Peu après, les sirènes d'alerte ont retenti dans ce pays du Golfe.






