Home Showbiz Après le décès de Loana, la télé-réalité perd une icône

Après le décès de Loana, la télé-réalité perd une icône

9
0

Loana Petrucciani, grande gagnante de la première télé-réalité française Loft Story, a été retrouvée morte à son domicile le 25 mars. Victime d'un tourbillon médiatique sans fin, elle aura marqué une époque, de son ascension fulgurante jusqu'à ses déboires.

C'était l'icône de la première télé-réalité française. Loana Petrucciani, gagnante de la première saison de Loft Story sur M6 en 2001, est décédée à l'âge de 48 ans, le mercredi 25 mars. Son corps a été retrouvé à son domicile de Nice par les pompiers et la police. Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a annoncé l'ouverture d'une enquête sur les circonstances de sa mort. Selon les premiers éléments, le décès remonterait à « plusieurs jours », a précisé le magistrat auprès de l'AFP.

Damien Martinelli a déclaré ce jeudi 26 mars que « les premières constatations confirment un décès remontant à plusieurs jours », évoquant « la présence d'une plaie à l'arrière du crâne et d'ecchymoses en région lombaire », pouvant suggérer qu'une « chute en arrière » serait à l'origine du décès. À ce stade, « aucun élément ne permet d'envisager l'intervention d'un tiers ». Alertés par un voisin, les pompiers sont entrés dans l'appartement par une fenêtre. Ils y ont découvert, en plus du corps de Loana, celui d'un chien.

11,7 millions de téléspectateurs pour observer son quotidien

Loana Petrucciani est propulsée en quelques mois sur le devant de la scène en 2001, lorsqu'elle participe — et remporte — Loft Story, première télé-réalité française diffusée sur M6. Adaptée du format néerlandais Big Brother, l'émission enferme des candidats pendant plusieurs semaines, filmés en continu.

Le programme devient un phénomène de société. Le soir de la finale, 11,7 millions de téléspectateurs suivent l'annonce de sa victoire.

En 2024, une série consacrée à cette première saison voit le jour sur Prime Video, Culte, où Marie Colomb interprète son rôle. « Ça me fait bizarre de voir quelqu'un qui te ressemble, avec ta vie… J'ai pleuré la première fois », confiait Loana. Elle regrettait toutefois ne pas avoir été consultée : « Ils ne m'ont jamais demandé : “Est-ce qu'on fait ça ?†», rapportait le magazine Voici. M6 a salué « une personnalité qui a profondément marqué toute une génération », évoquant « sa spontanéité, sa sensibilité et son authenticité ».

Une vie marquée par la violence

Née en août 1977 à Cannes, Loana grandit dans un environnement familial violent. Repérée à Nice alors qu'elle est go-go danseuse, elle est sélectionnée par Endemol parmi 13 000 candidats. Son test de QI révèle un score de 140.

Pendant l'émission, une scène intime dans une piscine avec un autre candidat déclenche une polémique durable, qui la poursuivra tout au long de sa carrière. « Derrière son image se cachait une femme sensible et extrêmement intelligente », a rappelé la productrice Alexia Laroche-Joubert.

Après sa victoire, Loana enchaîne les plateaux télévisés et publie une autobiographie, Elle m'appelait Miette, vendue à plus de 100 000 exemplaires. Mais la médiatisation se transforme progressivement en spirale. Elle tente de se réinventer — mannequin, chanteuse, animatrice — sans parvenir à s'inscrire durablement.

Elle réapparaît ponctuellement dans des émissions de télé-réalité, notamment en 2006 dans Je suis une célébrité, sortez-moi de là !, où elle termine troisième.

« On a applaudi sa lumière… sans protéger son ombre »

Au fil des années, ses difficultés personnelles deviennent publiques. En 2009, elle est retrouvée inanimée et affirme avoir été agressée. Elle fera par la suite une tentative de suicide.

Son proche, Laurent Amar, confie à Paris Match : « On culpabilise toujours dans ces moments-là. Je me demande ce que j'aurais pu faire de plus. »

Depuis 2020, Loana enchaînait les hospitalisations, sur fond de troubles psychologiques et de violences subies. Elle accusait notamment son ancien compagnon de l'avoir battue. En 2024, elle semblait pourtant amorcer une forme d'apaisement : « Chaque jour où je me sens bien, c'est un jour de bonheur en plus », déclarait-elle.

La même année, elle évoquait à la télévision un viol récent, dans un état de grande fragilité.

Benjamin Castaldi, animateur de Loft Story, résume une responsabilité collective : « On est tous un peu responsables. Parce qu'on a regardé. Parce qu'on a commenté. » Avant de conclure : « On a applaudi sa lumière… sans protéger son ombre. »