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Final four de hand : Brest et Metz pour une apothéose à la française et une première en Ligue des champions ?

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Les deux clubs français présents au Final Four de Budapest sont en lice pour remporter pour la première fois le trophée de la Ligue des champions, un exploit jamais réalisé par une équipe tricolore.

C’est historique ! Budapest 2026. Metz a rendez-vous avec Bucarest, samedi 6 juin, à 15 heures, avant que Brest n’affronte Gyor à 18 heures. Aucun club tricolore n’a encore réussi à accrocher le plus grand titre européen à son palmarès, Metz et Brest étant les seuls à s’être déjà hissés au Final Four, mais jamais la même saison. “Tu as presque trois chances sur quatre d’avoir des Françaises qui sont championnes d’Europe“, comptabilise l’ancienne gardienne internationale Cléopâtre Darleux auprès de franceinfo: sport. Ce n’est pas un erreur de calcul.

Avec une majorité de l’ossature de l’équipe de France disséminée au sein de trois des quatre collectifs et deux clubs tricolores parmi les finalistes, cette édition semble plus que jamais prendre un parfum bleu-blanc-rouge sur le sommet de l’Europe. “C’est le Final Four, il n’y a pas mieux dans le handball de clubs“, a d’ailleurs assuré, vendredi, Anna Vyakhireva, la maîtresse à jouer russe du Brest Bretagne handball (BBH).

Fallait-il souhaiter que les deux mastodontes du championnat domestique français se rencontrent en demi-finales ? Pour Cléopâtre Darleux, directrice sportive, fraîchement nommée, du club breton, avec lequel elle a joué huit saisons et disputé le seul Final Four du Brest Bretagne Handball (BBH), “c’est chouette qu’elles ne jouent pas l’une contre l’autre“. “Metz-Brest, on en a marre“, plaisantait mais seulement à moitié Méline Nocandy dans Le Télégramme la semaine passée. L’arrière brestoise, lauréate du championnat face à l’ogre messin, a seulement posé la possibilité de les retrouver en finale, tout ce qu’espère Cléopâtre Darleux : “J'espère voir au moins une des deux équipes en finale.

Du côté de Metz, pas de préférence selon Grace Zaadi, la demi-centre arrivée il y a trois mois à peine en tant que joker médical pour pallier au congé maternité de Xenia Smits : “Je ne peux pas dire que c’est mieux de prendre le CSM, a-t-elle dit à la veille du dénouement de la compétition. Peu importe qui on affronte, il faut se qualifier pour la finale, enfin“, a-t-elle insisté, elle qui a joué pour le club roumain entre 2022 et 2024.

Pour le club lorrain, après trois quatrièmes places et une troisième position en quatre participations, il est plus que temps de briser le plafond de verre. “Plus que de la frustration c’est de la déception, a exposé Sarah Bouktit à l’AFP. On se rappelle de la douleur de perdre ici, mais il y a aussi l’excitation, la joie et la fierté de revenir”, a complété la Messine qui rejoindra… Gyor après ce Final Four. “Gagner la Ligue des champions avec Metz, c’est mon rêve“, assure Emmanuel Mayonnade, coach des Dragonnes, dont le contrat a été prolongé d’une saison.

A Brest, l’objectif était déjà de rallier ce Final Four. “Maintenant, c'est du plus, a admis Méline Nocandy. Mais nous sommes des rageuses et des compétitrices. Notre président a dit qu'on y allait pour boire un coup mais on l'a rattrapé en plein vol. On n'a pas signé à Brest pour ça”. Cléopatre Darleux ne dit pas le contraire : “Je souhaite qu’il y ait une équipe française qui gagne, et si c’est Brest, je serai la plus heureuse“, complète l’ancienne gardienne qui a joué pour les deux locomotives du championnat français.

Face aux échecs répétés de Metz, Cléopâtre Darleux sait qu’Emmanuel Mayonnade a tenté de garder le maximum de fraîcheur pour ses cadres cette année. “L’an dernier, ce qui a fait la différence c’est sur le duel tireur-gardien, où il y a eu une bascule mentale, où certaines ont un peu craqué“, relate celle qui y disputait son ultime saison en tant que joueuse. “Je n’ai jamais été aussi en forme en fin de saison. Je ne dis pas que c’est ce qui nous fera gagner mais en tout cas on a tout mis en place pour”, a d’ailleurs noté Sarah Bouktit, qui a fait plusieurs impasses pour se préserver. “Je ne l’avais pas fait les années précédentes et c’est frustrant de ne pas jouer, mais j’ai essayé de ne penser vraiment qu’au Final Four”, a-t-elle complété.

En face, Bucarest sort d’une longue période sans avoir vu Budapest, lieu du Final Four après sa victoire en 2016 et sa troisième place en 2017 et 2018. “Une équipe très physique avec de belles individualités, selon Graace Zaadi. Ça va être une opposition de styles, elles ont le physique et nous la vitesse”, assure la capitaine de l’équipe de France. Pour sa coéquipière chez les Bleues, Brest a eu le meilleur tirage. “Il n’y a pas une personne dans l’équipe qui ne voulait pas tomber contre Gyor, a assuré Méline Nocandy dans Le Télégramme. Si jamais tu as la chance de les battre, ce qui est très rare, c’est incroyable“.

En effet, l’armada hongroise, qui joue quasiment à domicile, domine de la tête et des épaules la scène européenne depuis plusieurs années. Depuis 2016, les coéquipières d’Estelle Nze Minko, en tribunes pour ce Final Four puisqu’elle a donné naissance à son premier enfant en début d’année, et d’Hatadou Sako, le dernier rempart qui fait régulièrement pleurer les tireuses adverses, n’ont pas manqué un Final Four et sont doubles championnes d’Europe en titre.

Si tu as une liste des cinq meilleures joueuses par poste, trois sont à Györ, pose d’ailleurs Méline Nocandy. Tu peux faire trois 7 à Györ. Pour les battre, il faut que toutes les planètes soient alignées“, analyse-t-elle. Et plutôt en demi-finale, considère encore Cléopâtre Darleux, comme en 2021. “Les filles de Brest sont dans l’euphorie et l’engouement de leur titre (national) parce qu’il leur échappait depuis plusieurs années, pose-t-elle. Ça va être difficile mais en demi-finale, c’est jouable. En finale, vraiment c’est plus compliqué“, conclut l’ex-portière de l’équipe de France. Et pour cause, sur les dix dernières saisons, les Hongroises sont allées sept fois en finale et en ont remportées cinq.