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Les concessions Mercedes pourraient-elles disparaître des États-Unis ?

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Après la guerre commerciale
sino-américaine, une nouvelle escalade semble se profiler. L'idée
de voir les concessions Mercedes-Benz fermer aux États-Unis paraît
irréaliste. Pourtant, la menace pèse sur le constructeur
allemand.

Les États-Unis renforcent leur protectionnisme pour chasser les
puissances rivales de leur marché. Le gouvernement américain
prépare des lois pour bloquer les entreprises liées à des pays
jugés hostiles. L’objectif est d' interdire l’accès au marché
américain à tous les constructeurs qui dépendent trop de capitaux
étrangers indésirables. Dans cette bataille, un grand constructeur
automobile européen risque de payer le prix fort.

Mercedes-Benz face au projet de loi

Les parlementaires américains ne font pas de quartier quand il
s’agit de protéger leur carré industriel. Une commission de la
Chambre des représentants a adopté un texte de loi destiné à
bloquer la production, l’importation, la vente et la
livraison de voitures
. Dans le viseur du texte ?
Toute entreprise dont le capital est détenu à hauteur de 15
% ou plus, directement ou indirectement, par des entités ou des
ressortissants de pays considérés comme des adversaires
stratégiques
. Si la formulation se veut générale, la
cible, elle, c’est avant tout l’offensive automobile de Pékin que
Washington cherche à stopper.

C'est justement là que le problème commence pour le constructeur
allemand Mercedes. L’identité de ses
actionnaires inquiète beaucoup les autorités américaines. En effet,
le groupe chinois BAIC possède aujourd’hui 10 % du capital
de la marque de Stuttgart
. En parallèle, Li Shufu, l'homme
à la tête de Geely, détient près de 10 %
supplémentaires. Au total, ces participations pèsent très
exactement 19,67 % des actions de l’entreprise en circulation. Le
plafond imposé par le texte de loi, place donc Mercedes-Benz
subitement en très mauvaise posture outre-Atlantique.

Le spectre d’une paralysie totale

L’application de cette mesure serait problématique pour la
marque. On ne parle pas seulement de stopper la vente des modèles
de la marque à l'étoile dans les concessions, car l’impact gèlerait
aussi les lignes d’assemblage américaines. L’usine de Tuscaloosa,
basée en Alabama, fabrique actuellement les GLE et GLS. Son activité serait
réduite à néant
. Le site de Caroline du Sud, spécialisé
dans les utilitaires légers de la marque, serait lui aussi
touché.

Face à la tourmente, Ola Källenius, l’actuel PDG, a bien essayé
d’éteindre l’incendie. Le dirigeant souligne qu’aucun de ces
actionnaires n’agit de concert. Selon lui, ils demeurent des
personnes physiques individuelles, excluant de fait toute logique
de groupe structuré. Pour calmer le jeu et montrer que son capital
est diversifié, le constructeur rappelle que le reste des actions
est partagé entre des investisseurs financiers (42,24 %) et des
particuliers (32,76 %). Enfin, le fonds souverain du Koweït
complète le tableau avec les 5,33 % restants.