La tension est encore montée d'un cran. Le maire de Newark, dans le New Jersey, a décrété ce dimanche 31 mai un couvre-feu aux abords d'un centre de détention pour migrants, au lendemain d'une nouvelle soirée d'échauffourées entre policiers et manifestants hostiles à la politique migratoire de Donald Trump.
Une « action immédiate est nécessaire pour protéger la sécurité publique » face à une « situation qui s'aggrave », écrit le maire Ras Baraka dans un communiqué. « Plusieurs personnes ont déjà été arrêtées et trouvées en possession d'armes, ce qui souligne la gravité de la menace », assure-t-il.
L'accès au centre Delanay Hall, géré par la controversée police fédérale de l'immigration (ICE), sera interdit jusqu'à nouvel ordre dans un rayon de 800 mètres entre 21 h et 6 h du matin, a précisé le maire.
La sécurité confiée à la police du New Jersey
Cette décision fait suite à une nouvelle soirée d'incidents devant cet établissement privé de 1 000 lits qui cristallise depuis plusieurs jours la colère de manifestants, qui s'y relayent en permanence.
Après une journée de manifestation samedi qui s'est déroulée dans le calme – avec également la présence de contre-manifestants venus apporter leur soutien à l'ICE – des protestataires ont tenté de forcé le barrage établi par la police, laquelle a répliqué par des tirs de gaz lacrymogène.
« Je ne sais pas pourquoi ces individus ont attaqué ni ce qu'ils cherchent à faire, mais je refuse de laisser ces actes dangereux nuire à l'engagement du New Jersey à garantir la sécurité publique », a réagi sur X la gouverneure démocrate de l'État, Mikie Sherrill.
Vendredi, les autorités avaient déjà tenté d'apaiser les tensions en confiant la sécurité du site non plus à l'ICE mais à la police de l'État, et en établissant des zones dédiées aux manifestations. Mais cela n'a pas suffi à éviter les incidents nocturnes.
Conditions de détention insalubres
Les manifestations avaient démarré après que des migrants détenus à Delaney Hall ont entamé une grève de la faim et du travail pour protester contre leurs conditions de vie.
Dans une lettre en espagnol publiée par le mouvement de protection des sans-papiers Cosecha, environ 300 d'entre eux disent être « détenus sans motif valable », « ne pas bénéficier d'une prise en charge médicale adéquate » et dénoncent « la mauvaise qualité de la nourriture ». Leur combat a reçu le soutien de nombreux élus démocrates.
Le centre de Delaney Hall n'est pas le seul à faire polémique. Une plainte de militants de l'Illinois a été déposée en octobre 2025 pour des conditions de détention inhumaines dans le centre de Broadview à Chicago. CNN décrivait déjà en décembre dernier des conditions déplorables dans celui de Dilley, au Texas. Dans une enquête de mai 2026, CNN révèle que 50 personnes sont décédées lors de leur détention dans un des centres de l'ICE depuis le retour de Trump au pouvoir.

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