Pour célébrer deux siècles et demi de relations franco-américaines, le comité Colbert organise une exposition autour de nos luxueux échanges artistiques et culturels.
« Qui a trouvé un ami a trouvé un trésor. » Alors que l'amitié Âfranco-américaine fête ses 250 ans, la formule résonne tout particulièrement cette semaine à New York, où le comité ÂColbert, présidé par Bénédicte Épinay, inaugure au Shed, centre culturel du quartier de Hudson Yards, une exposition Âd'exception : « Trésors cachés. 250 années d'histoires de luxe franco-américaines ». Au total, 65 institutions participent à cette traversée, de la Monnaie de Paris à Guy Savoy, en Âpassant par Hermès ou le château de Versailles, dans ce qui se veut un véritable « tribute to ÂAmerica ». « Une manière de Âcélébrer les ÂAméricains pour ce qu'ils ont apporté, créativement, intellectuellement et Âculturellement, à l'histoire de nos maisons françaises », résume Bénédicte Épinay.​
Le briquet Dupont en or laqué noir offert par André Malraux à Jackie Kennedy, gravé de l'initiale de son prénom. © DR
Parmi les figures les plus emblématiques de cette relation, ÂJacqueline Kennedy, née Bouvier, occupe une place à part. Icône Âabsolue pour les Français, elle incarne à elle seule une certaine idée du lien entre les deux pays. En juin 1961, lors de son premier voyage Âofficiel en France, Jackie porte un manteau rose haute couture signé Hubert de ÂGivenchy, contribuant au rayonnement Âinternational de la maison. Elle possédait aussi un Âbriquet Dupont en or laqué noir, offert par André Malraux et gravé à ses initiales, présenté ici pour la première fois.Â
Lors d'un dîner à Versailles, Jackie s'éprend du service en vermeil Âutilisé par Potel & Chabot. Séduit, le général de Gaulle le lui offrira. Quelques années plus tard, contre l'avis de Malraux et des conservateurs du Louvre, la Joconde embarque à bord du paquebot « France » pour New York. Au Met, c'est la « ÂMonna-mania ». Jackie Kennedy la salue comme la « seconde dame » envoyée par la France, après la statue de la Liberté. Warhol en fera une icône pop ; plus tard, Jay-Z et Beyoncé Âl'immortalisent ​dans leur clip tourné au Louvre, qui fait le tour du monde.​
« Ce qui subsiste quand les présidents s'en vont, c'est la culture », souligne Bénédicte Épinay
Entre la France et les États-Unis, l'histoire s'écrit à travers des objets et des récits. ÂImaginée par Delphine de ÂCanecaude, directrice générale de Museum Studio chargée de l'événement, la scénographie prend la forme d'un Âcabinet de curiosités Âinspiré des grandes traversées transatlantiques. « Les archives et les Âartefacts se dévoilent dans des caisses Âd'expédition, saisis à l'instant du déballage, encore tout imprégnés du voyage.Â
Copie de la médaille « Libertas Americana » en or frappée par la Monnaie de Paris et commandée en 1782 à la demande de Benjamin Franklin. © DR
Un clin d'Å“il aussi à ces malles de cabine que Louis Vuitton Âdessinait à la fin du XIXe siècle pour la Âtraversée vers New York. » Parmi les trésors exposés, la médaille « ÂLibertas ÂAmericana » commandée en 1782 par ÂBenjamin ÂFranklin, la Âbougie Diptyque rendue culte par « Sex and the City », les portes du vestiaire du Boeing 747-100 peintes par Zao Wou-ki ou encore les collaborations entre Jeff Koons et Bernardaud. « Ce qui subsiste quand les présidents s'en vont, c'est la culture. La Âdiplomatie Âculturelle, c'est ce que vous Âretenez d'un pays : un écrivain, un parfum », souligne Bénédicte Épinay. À l'âge d'or de New York, les grandes familles américaines, comme les Rockefeller ou les Mackay, déjà fascinées par la France, en donnaient le ton. Le Gilded Age continue aujourd'hui…Â
« Hidden Treasures. 250 Years of Franco-American Luxury Stories », jusqu'au 31 mai, au Shed, à New York. theshed.org/program/528-hidden-treasures.


